En contrepoint du Sommet des pays les plus industrialisés de la planète G8 et G20 tenu à la fin de la semaine dernière à Toronto au Canada, la Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD-Mali) a organisé dimanche au terrain Shaba de Lafiabougou, une rencontre dénommée "Forum des peuples".
L’événement s’est déroulé en présence du président de CAD-Mali, Sékou Diarra, du chargé de politique et de plaidoyer de la coalition, Témo Tamboura, et du président de la commission d’organisation et de mobilisation des manifestations de CAD-Mali, Souleymane Dembélé. Nombre de représentants des associations de la société civile étaient également présents. La rencontre se veut un espace ouvert, démocratique et populaire en opposition à « l’espace fermé et répressif » du G8 sur les questions asymétriques de la gouvernance mondiale, a expliqué Sékou Diarra dans son introduction. Les crises interconnectées (alimentaire, énergétique, financière, migratoire, gouvernance) et l’échec du sommet de Copenhague en décembre 2009 sur le réchauffement climatique sont l’expression de la croissance de la "marchandisation de la vie" matérielle et immatérielle, a-t-il analysé. Les populations en milieux rural, péri urbain et urbain continuent d’être violentées dans leurs droits d’accès à la terre, à l’alimentation, à l’eau potable, à l’eau d’irrigation, à l’éducation, à la santé, à un travail décent et à la libre circulation des personnes et leurs biens, a déploré Sékou Diarra. D’où, a t-il souligné, la volonté de la CAD-Mali de créer une synergie dans les luttes menées par l’ensemble des acteurs pour l’instauration d’une justice sociale et économique dans notre pays. La rencontre a été marquée par une conférence animée par Mamadou Sadio Traoré de CAD-Mali et le président de la commission des travailleurs de l’huilerie cotonnière du Mali (Huicoma), Bakary Berthé. Elle a porté sur deux thèmes : la crise de l’école malienne et la privatisation : cas de l’huilerie cotonnière du Mali (Huicoma). Situant les origines et les causes de la crise de l’école Mamadou Sadio Traoré les a fait remonter à la « conférence hâtive de décembre 1968 qui a sacrifié notre école au profit des formules plates ». C’est à partir de cette conférence, a estimé l’ancien député à l’Assemblée nationale, que la belle page du système éducatif a basculé de l’enseignement de masse et de qualité vers l’ère de l’enseignement sélectif. Au nombre des solutions de sortie de crise avancées par Mamadou Sadio Traoré, l’on retient une école malienne avec une option et une orientation, un système d’enseignement national, corollaire indispensable de toute indépendance politique véritable. Pour Bakary Berthé, la privatisation de Huicoma a détruit le tissu industriel malien en le transformant en un marché de consommation. La privatisation de Huicoma a été, de son point de vue, un carnage, car elle a apporté profit à quelques individus et malheur à des communautés. L’arrêt de toutes formes de privatisation d’entreprises publiques, la nationalisation de toutes les entreprises publiques cédées, le bilan des privatisations et la réinsertion sociale et économique des travailleurs victimes de ces privatisations sont, entre autres solutions proposées par Bakary Berthé pour sortir du marasme économique.