Elles sont nombreuses nos sœurs qui ignorent les objectifs de cette journée. Certaines d’entre elles ne se sentent pas concernées
Les femmes du Mali à l’instar de celles du monde entier ont célébré lundi la journée internationale de la femme. Institutionnalisée dans de nombreux pays, cette fête consacre depuis des siècles, la reconnaissance des droits des femmes, de leur rôle et de leur place dans le développement de tout pays. Il a été constaté que depuis quelques années les maliennes se sont appropriées de cet événement qui les célèbre. Ainsi elle est fêtée tout au long du mois de mars au niveau national, régional, local et communal. Une semaine plutôt, cette célébration était au centre de toutes les conservations aux marchés, aux bureaux ainsi qu’à la maison. Cependant à travers une enquête que nous avons menée à Bamako, la majorité de nos sœurs ignorent la signification de cette journée. À la question de savoir ce que signifie le 8 mars la plupart d’elles soutiennent qu’il s’agit de la fête qui célèbre la femme. Comment cette journée a t-elle été institutionnalisé, qu’elle est le but de la journée ? Elles répondent qu’elles ignorent. Pour Awa, la date du 8 mars a été vidée de sa substance. Ce n’est plus un espace de débat et de concertation sur la promotion de la femme. Elle s’est mue en une activité folklorique. Oumou est une autre femme qui ne pense qu’au folklore quand on lui parle du 8 mars. "Ce que j’aime dans cette affaire c’est que c’est la seule journée où presque toutes les femmes maliennes s’habillent de la même manière. Lors des festivités. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de différence entre un pauvre et un riche, tout le monde est épanouie personne n’est exclue" dit-elle. Djenebou pense autrement. Pour elle le 8 mars est l’affaire de certaine catégorie de femmes. " Sincèrement je ne me sens pas concernée. Nous, les femmes, cherchons plutôt à faire face à nos besoins quotidiens. Dites-toi est ce qu’une femme qui vit le jour au jour doit passer une journée sans travailler" s’interroge notre interlocutrice. Difficile de répondre cette question. Les organisateurs de la journée ainsi que les Ong féminines doivent travailler pour inverser cette tendance. En réalité la célébration est entrain de perdre son sens. Les organisateurs ont tendance à accorder trop de place aux chants et aux danses, au détriment de l’instauration d’un vrai débat autour de l’esprit de la fête. Ainsi la journée semble être véritablement vidé de son contenu.