La fille du voisin a lié amitié avec la nouvelle colocataire. Cette liaison a été mal perçue par le mari de la jeune dame. « Mami » va murir un plan diabolique pour se venger de cet époux plutôt encombrant
La qualité de vie et les relations de bon voisinage dépendent de la bonne volonté de chacun, et l’esprit d’ouverture de tous à respecter les autres. Autrefois dans notre société, le voisinage était une relation sacrée et respectée. Un adage bambara bien inspiré sur le voisinage dit « Un bon voisinage, c’est le paradis de la vie. Mais, un mauvais voisin fait partie du malheur du monde ». Car, le voisin celui qui habite à proximité géographique, ceux que l’on côtoie au travail, lorsqu’on étudie, bref, tout contact, avec une personne qu’il soit long, permanent ou court, fait de cette personne un voisin. En effet, les relations de voisinage étaient basées sur le respect mutuel, la solidarité et l’entraide. Les voisins se considéraient comme des frères et se partageaient les moments de joie et de peine. Aujourd’hui, ce temps semble révolu. Et les relations entre voisins se sont fortement dégradées. En effet, la tradition a cédé la place au modernisme. Dans une société, qui se développe de plus en plus sous l’influence de l’Europe, les relations de voisinage ont pris une nouvelle orientation. L’entente et l’amitié, le respect mutuel, la solidarité et l’entraide entre les voisins perdent du terrain dans les rapports. Pire, deux familles séparées par un mur mitoyen se regardent en chien de faïence, toujours prêtes à bondir sur la moindre erreur de l’autre.
UNE AMITIE PRECIPITEE. A Bamako particulièrement, les colocataires vivent un véritable calvaire. Et les rapports entre les épouses sont aussi tendus qu’incompréhensibles. Sur, ces rapports de voisinage à Bamako et les troubles qu’ils provoquent au sein de la société, il y a des volumes entiers à écrire. Des mésententes aux disputes en passant par les injures, les coups bas, jusqu’aux bagarres les plus insensées, la vie dans ces concessions rythment au gré des humeurs des uns et des autres. Ici, tout peu être objet de bagarres : jeux entre enfants, ustensiles de cuisine, bruits, ruissèlement d’eau, fumée, odeurs etc. Leur quotidien génère tous les jours des faits divers extraordinaires et se nourrit d’injures, de moqueries, d’ironies, de batailles à l’issue parfois fatale. Ces antipathies volontairement suscitées et entretenues engendrent la dégradation du climat de respect et de solidarité devant caractériser le voisinage dans notre société. Pire, les défis que les femmes en location se lancent alimentent à souhait la douce haine la plus durable possible. L’événement peu banal que nous vous relatons s’est produit à Garantiguibougou, le mercredi dernier. Dans une concession qui abrite six familles en location, un locataire s’est déchainé à coups de fouet sur la fille de son voisin. Les parents de la jeune fille présents au moment des faits, n’ont même pas levé le petit doit pour porter secours à leur rejeton. Les autres colocataires non plus. Il a fallu donc, des interventions extérieures pour retirer la jeune fille des griffes de l’homme enragé. Ainsi, consolé par les intervenants, l’homme exposa le calvaire qu’il vit depuis 6 mois à cause de cette fille. O.T., l’homme, au cœur du fait, a bien voulu nous raconter sur ce qui s’est passée. En effet, O.T est un jeune cadre de l’administration marié, il y a seulement 2 ans. Il a préféré quitter la cour familiale pour s’installer en location avec sa jeune épouse. La concession en question comprend 6 appartements séparés par de petites murettes. Depuis, leur arrivée dans cette cour, O.T. et son épouse ont rapidement forcé l’admiration des autres locataires par leur respect et leur gentillesse. Ainsi, dans la cour, la fille d’un autre locateur surnommé « Mami », lia une amitié précipitée avec l’épouse de O.T. Les soirs, les deux jeunes filles font du thé et regardent les feuilletons ensemble sur la télévision du couple abonné à un bouquet de chaines étrangères. Une amitié qui se renforça au fil des temps et Mami n’hésitait pas à emprunter les habits de sa nouvelle amie pour se faire belle lors des manifestations sociales. Cette situation déplaisait O.T. qui ne tarda pas à faire ce reproche à sa femme. Ainsi, l’amitié entre les deux filles se dégrada au fil des mois à tel point que les deux amies finissent par ne plus s’adresser la parole.
SMS CRIMINELS. Cependant, le 16 mai passé, O.T reçut dans son portable, un SMS curieux qui disait « Je suis le grand amour de ta femme. Elle doit être enceinte de 4 mois et l’enfant est de moi. C’est elle-même qui me l’a confirmé. Alors prends tes dispositions parce que je veux récupérer mon enfant, après l’accouchement ». Sans doute, très éprouvé par le message et surtout la précision sur la grossesse de la femme, O.T. montra le message à son meilleur ami, qui le conseille de banaliser l’affaire, car, il pourrait s’agir d’un ancien prétendant de sa femme. Le doute régna dans l’esprit du mari qui décida tout de même d’étouffer l’histoire. Mais, un mois plus tard, un autre message tomba : « Ta femme était avec moi ce matin. On a pris du bon temps ensemble. C’était fabuleux et mon enfant grandit merveilleusement bien dans le petit ventre de sa maman ». Cette fois-ci, l’homme était désemparé d’autant plus que son épouse avait passé la journée dehors pour faire des achats au grand marché. Il décidé de montrer les SMS a sa femme. Cette dernière choquée par la fureur de son époux piqua une crise et ne réveilla qu’à la clinique. Ainsi, de retour à la maison, le couple s’expliqua et trouvèrent un terrain d’entente. La jeune femme jura à son mari qu’elle ne lui a jamais été infidèle. Les jours passent et le couple retrouvait petit à petit sa confiance et son bonheur d’autant jusqu’à l’accouchement de la fille. Au moment où le couple s’apprêtait à célébrer le baptême de leur fille, un autre SMS criminel vient mettre fin à l’entente dans le couple. Le message en question disait. « Ne t’avises pas à donner ton nom à mon enfant. Il faut vraiment être bête pour croire que ce beau bébé très clair est de toi, toi qui es noir comme du charbon. Ta femme m’a supplié de ne rien dire mais j’ai décidé d’agir. ». Sidéré, O.T. répliqua « Quel est ton nom et qui es tu ? ». Le correspondant anonyme répondit « Mon nom est Diallo et tu ne tarderas plus à me connaître ». O.T. essaya ainsi d’appeler son numéro, mais il ne répondait plus. Le jeune se dirigea ainsi chez son meilleur ami qui le conseilla de garder le message jusqu’à la fin du baptême. Ce que fit O.T.
TECHNIQUE PAYANTE. Cependant, le jour même du baptême, un autre SMS tomba et qui disait : « Tu n’as pas d’honneur toi, célébrer comme ça, avec faste l’enfant d’un autre. J’ai vraiment pitié de toi. Pauvre type ». Ce dernier message cassa l’ambiance, mais O.T. prit son courage d’homme jusqu’à la fin de la cérémonie, où il montra le message à sa femme qui a juré sur tous les noms de dieux pour prouver sa fidélité. Dieu est grand disent les croyants « Il a la solution à tous les problèmes », ajoute t-il. Depuis, cet incident, les relations entre O.T. et sa femme se sont dégradées et cela était perceptible par les colocataires dans toute la cour. Chacun se demandant : Qu’est ce qui a conduit ce joli couple à cette situation exécrable ? Mais, O.T. n’avait pas totalement baissé le bras. Après une consultation d’un marabout qui lui avait désigné une personne de son entourage, le jeune homme a commencé à distribuer le numéro en question aux jeunes du voisinage pour voir si il est enregistré dans leur portable. Cette technique fut payante. En effet, le mardi dernier, après une journée de travail, O.T. retourna à la maison. Il appela le fils d’un colocataire, un étudiant pour venir lui faire le thé. Ce dernier se précipita pour venir le rejoindre. Après avoir pris un premier verre, il demanda à l’étudiant de vérifier dans son portable si le numéro y était enregistré. Ce que celui ci fit. La surprise ! L’étudiant remarqua aussitôt que le numéro en question était celle de Mami et que celle-ci mettait ça de temps en temps. Etonnée, voire dépassé, O.T. expliqua l’histoire à l’étudiant et lui somma de ne rien dire à personne. Il informa sa femme et son meilleur ami de cette découverte. L’épouse appela son frère policier pour exposer l’histoire à ce dernier, qui leur conseilla d’aller porter plainte. Mais, O.T. proposa de s’entretenir d’abord avec les parents de Mami avant de porter l’affaire à la police. Il réunit tous les chefs de famille et leurs épouses pour leur expliquer la situation, leur montrer les SMS et les informer de son intention de porter l’affaire à la police. Stupéfaits, les parents de la jeune fille se mirent à pleurer suppliant le jeune homme de ne pas porter l’affaire à la police. Comme, il était 22 heures, le jeune homme proposa à son épouse d’apprendre le matin pour aller à la police. Chose dite chose faite. Le mercredi, après une nuit bien apaisée, dans la matinée, quand O.T. s’apprêtait à faire sortir sa voiture de la cour, il rencontra « Mami » au portail d’entrée. La jeune femme effrontée qui apparemment avait passé la nuit dehors ne se doutait sans doute pas que son plan s’est fracassé. Sans crier gare, O.T. se jeta sur elle et la rua de coups. Ses parents et les autres locateurs furent réveillés par les cris de l’impertinente. Son père, sur qui elle comptait pour la débarrasser des griffes de son agresseur sortit de sa chambre avec un fouet pour punir O.T. Personne dans la cour n’est intervenue pour lui venir en aide. Il a fallu les interventions extérieures pour la libérer de l’ire de son paternel.