Deux fillettes ont disparu pendant plus de 48 heures. Elles seront retrouvées, l’une morte, l’autre agonisante
Perdre un enfant est une épreuve des plus dures dans la vie d’un couple. Le perdre sans savoir comment l’est encore plus. Pourtant c’est cette terrible épreuve que traversent les familles Diabaté et Traoré vivant au Badialan III. Le jeudi 26 août dernier, deux fillettes de la famille ont disparu et n’ont été retrouvées que 48 heures plus tard dans un vieux véhicule abandonné dans la cour des Diabaté. L’une des filles, Aissa Diabaté, a été retrouvée le cou brisé. La seconde Traoré agonisait quand les premiers témoins sont arrivés. Les deux fillettes âgées d’un peu plus de deux ans se connaissent bien qu’elles ne partagent pas les mêmes concessions. La petite Diabaté vit avec ses parents dans une concession séparée de celle qu’habitent des Traoré par une rue. Entre les deux enfants était née une amitié qui étonnait tout le monde. Les parents des deux enfants se sont habitués à la présence des deux mioches qui ne se séparaient sous aucun prétexte. Quand on ne voyait pas l’une des enfants, on avait la certitude qu’elle se trouve dans l’autre famille. La chercher sans raison valable était même devenu gênant pour les parents. On attendait donc l’heure du repas pour appeler les deux amies et les inviter à manger. Les jours une fois le repas terminé, elles se retrouvaient sur un tas de sable fin qui venait d’être déversé par un camion benne près de la famille Diabaté. Le jeudi dernier, à l’heure du repas quelqu’un de la famille Traoré vint chercher leur fille. Mais elle et son amie n’étaient pas sur le sable fin qui leur servait d’habitude de lieu de rencontre et d’amusement. Les deux familles ayant constaté cette disparition soudaine des enfants se mirent ensemble et commencèrent à chercher. Les recherches durèrent toute la journée et une grande partie de la nuit. On annonça la disparition des enfants dans les mosquées et dans les différents postes de police proches. Le lendemain vendredi, des équipes de recherche ont été constituées et ont sillonné tout le quartier et les commissariats de police dans l’espoir de retrouver les deux fillettes. Mais en vain. Point de piste ni d’information encore sur les fillettes. Les messages diffusés sur certaines radios de proximité ne donnèrent pas plus de résultats. Tout le monde commençait à s’inquiéter sérieusement quand une aide ménagère qui faisait le linge se mit à crier à se casser les cordes vocales « les voilà ! ». La servante était sur le point d’étaler du linge sur des fils de fer tendus dans la cour par deux arbres entre lesquels trônait une vieille voiture de marque Mercedes garée là depuis plusieurs mois quand elle aperçut la jeune Traoré évanouie sur le siège avant du véhicule. Le cri alerta tout le voisinage et tout le monde accourut vers elle. À son niveau, elle indexa l’enfant étalée de tout son corps sur le siège et qui perdait visiblement les derniers souffles. On ouvrit facilement la porte et on la sortit. C’était en ce moment qu’on vit l’autre apparemment morte étalée juste derrière son amie sur le siège arrière. Cette découverte macabre transforma la joie en déprime générale. On s’occupa de l’enfant vivante et l’on fit appel à la police du IIème arrondissement. Le commissaire, le contrôleur général Mady Fofana et certains agents se rendirent sur place pour le premier constat. Ils fouillèrent le véhicule de fond en comble mais ne remarquèrent aucune trace de violence à l’intérieur. Mais pour s’assurer, l’officier supérieur de la police demanda et obtint des parents qu’une autopsie soit pratiquée pour déterminer les causes de la mort de l’enfant. L’hypothèse de l’asphyxie ayant été écartée dès le moment où le vieux véhicule n’était pas hermétiquement fermé et que l’air y entrait librement. Le corps de Aissa Diabaté et la jeune agonisante enfant ont été transportés aux urgences du centre hospitalier universitaire Gabriel Touré. Les spécialistes sont parvenues à sauver la petite Traoré et la remirent à ses parents. Quant au corps, lors de l’autopsie, il a été découvert que le cou de l’enfant a été fracturé. Cette fracture très grave aurait causé la mort de la petite fille. Ce constat fait par le médecin légiste, les policiers se dirent que quelque chose clochait. Mady Fofana et ses agents se demandèrent comment les enfants pouvaient-elles être dans un véhicule au milieu de la cour et ne pas être vus pendant plus de 48 heures ? Surtout que la vieille voiture n’était pas dans un état à cacher quelqu’un ou insonore ? L’enfant morte a-t-elle fait une chute pour se briser le cou ? Où ? Quand ? À ces questions qui restent encore sans réponse, s’ajoutent d’autres. Qui peut vouloir de la mort des deux innocentes ? Pourquoi déposer le corps de la fillette morte et son amie agonisante dans le véhicule au milieu de la cour ? Au cas où les deux filles se trouveraient dans le véhicule depuis plus de 48 heures, comment les chercheurs n’avaient pas pu les voir ? Ou n’avoir pas entendu le cri de détresse émis sûrement par l’une ou l’autre des fillettes ? Autant de questions que l’on se pose dans l’entourage des deux familles. Le contrôleur général Mady Fofana et ses hommes doivent élucider cette affaire qui a déjà fait le tour de la ville avec diverses interprétations comme savent bien le faire les habitants de la capitale.