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PostHeaderIcon Fait divers : INDIGNE DE L’UNIFORME

Un militaire voyou en voulant détrousser un berger a été accidentellement tué par son acolyte

Fait divers : INDIGNE DE L’UNIFORME

La ville de Kati croît à la vitesse grand "V". Ville-garnison, Kati est aujourd’hui une commune urbaine en pleine expansion. Sa proximité de Bamako, a sans doute favorisé son urbanisation rapide et soutenue malheureusement le développement d’une pègre locale. En effet, depuis quelques années, cette agglomération dont l’urbanisation n’est pas encore bien maitrisée à cause de la floraison anarchique des habitations sur les abords de la colline qui entoure la ville est un terreau fertile pour l’essor de la délinquance. Les services de sécurité, malgré leurs moyens insuffisants, tentent de faire face à la situation. Et la gendarmerie de la circonscription est consciente de l’ampleur de la tâche. Elle procède à des patrouilles régulières. Malgré tout, les habitants de certains quartiers de la commune de Kati et environnants notamment les riverains de la colline ne dorment plus que d’un seul œil. Ils sont victimes régulièrement d’actes de vol et de banditisme. Les rues ne sont plus sûres à partir d’une certaine heure de la nuit et les domiciles reçoivent les visites de malfrats de plus en plus audacieux. Ce sont ces malfrats armés qui sont sans doute les plus à redouter comme l’atteste notre fait divers du jour et qui relève d’une extraordinaire témérité. Les faits se sont déroulés au marché de bétail communément appelé « Dral », dans la commune rurale de Kambila. Cette foire hebdomadaire, sans doute, l’une des plus dynamique dans les faubourgs de la capitale accueille chaque samedi, les forains de Bamako et de Kati et ceux de d’autres communes environnantes qui viennent faire des bonnes affaires dans ce marché où négociants de bétail, bouchers, vendeuses de fruits et légumes, revendeurs d’articles divers se côtoient dans une atmosphère carnavalesque. C’est dans cet univers bucolique où tout se vend et s’achète que notre histoire du jour s’est déroulée samedi 5 Novembre dernier aux environs de 21 heures. Le personnage principal autour duquel se noue la trame, Hamas Sow, un est un jeune berger peulh de 28 ans originaire de Diankounté Camara dans la Commune rurale de Diéma. Il accompagne les animaux des commerçants de bétails des zones de pâturage au « Dral ». Ce jour-là, le jeune berger avait accompagné une cinquantaine de bœufs d’un commerçant de Fasoun, un village de la commune de Trounkoumbé au Dral. A la foire, Hama et son commerçant vendirent la totalité du bétail et attendaient un véhicule pour rentrer chez eux. L’attente fit plus longue que prévue car aucun véhicule allant dans leur direction ne s’était présenté à la gare routière. Les deux compagnons décidèrent ainsi de s’installer confortablement devant une boutique de la localité, au bord due la route nationale. Aux environs de 22 heures, comme le véhicule n’arriva toujours pas, le jeune berger Hama décida d’aller chercher une natte chez un parent à Kambila. Il laissa ainsi son compagnon devant la boutique avec l’argent de la vente de bétail. Il s’éloigna du marché et pénétra dans le village. Cependant, après une vingtaine de minutes de marche, le jeune berger fut interpellé par deux hommes en treillis militaires qui conduisaient une moto « Jakarta ».

UN GESTE DESPERE : Le jeune berger ne se doutant de rien s’arrêta et ses interpellateurs garèrent la moto avant de l’encadrer. Sans perdre de temps, ils sommèrent le jeune berger de leur remettre tout l’argent qu’il a sur lui. Pour le dissuader de tous actions compromettant leur opération, l’un des agresseurs sortit de sa poche un pistolet. Hama tout effrayé, expliqua à ses agresseurs qu’il n’a pas l’argent sur lui et les supplia de le laisser partir. Mais totalement sourd aux supplications du jeune homme, et surtout décidé à aller jusqu’au bout de leur opération, l’un des malandrins agrippa de dos le berger, le plaqua contre lui et demanda à son compagnon d’abattre le berger. Le berger murmura une prière en se contorsionnant dans tous les sens pour se soustraire de l’emprise de son geôlier. Comme on dit chez nous « le Tout-Puissant veille sur ce qu’il y a dans l’œuf et sur les plumes de la poule qui le couve ». Le bandit chargea son arme et tira. Le berger tenta un geste désespéré pour éviter la décharge. La manœuvre du berger s’avéra payante, car la balle qui lui était destinée en plein cœur, frôla sa main pour se loger dans la poitrine de son agresseur. Le tireur, jeta larme à terre et pris la tangente. Dans ce cafouillage total, le jeune berger totalement bouleversé et blessé à la main rebroussa chemin et se dirigea vers le marché. Il arriva quelques minutes plus tard au Dral et alerta la gendarmerie qui rallia le lieu de l’incident. Les gendarmes retrouvèrent le malfrat gisant dans une mare de sang. Avec, l’aide de la Protection civile, il fut aussitôt transféré aux urgences de l’hôpital de Kati. Le jeune berger fut conduit à brigade de gendarmerie de Kati où le chef de brigade, Mamadou Maïga et ses hommes l’auditionna avant de l’envoyer suivre des soins à l’hôpital. Aussitôt une enquête fut ouverte par la brigade de la gendarmerie. Malheureusement, le lendemain dimanche 6 novembre, aux environs de 14 heures, le malfrat succomba à sa blessure. Les investigations diligentes des gendarmes leurs permirent d’identifier rapidement le bandit décédé. Il s’agit de Cheick Oumar Barry, soldat de 2ème classe de la promotion 2007. Il est natif de Kati et serait le fils d’un enseignant très connu dans la localité. Une enquête de voisinage permit de savoir que le jeune homme fréquentait les voyous bien avant son intégration dans l’armée. Et son complice serait un camarade du voisinage activement recherché par la gendarmerie où les enquêtes se poursuivent. Comme une trainée de poudre, cette nouvelle a fait le tour de la ville renforçant du coup le soupçon des populations qui accusent depuis un certains temps, les hommes en uniforme d’être les auteurs des certains cambriolages et braquages perpétrés dans la commune. Leur inquiétude se justifie amplement d’autant plus qu’il n’est pas rare de voir des bandits de grands chemins se déguiser en porteur d’uniforme pour rançonner les voyageurs ou toute personne qui croise leur chemin. Malheureusement, ce genre banditisme semble prospérer de nos jours. La situation prend de l’ampleur et inquiète le citoyen lambda d’autant que les sommes détroussées sont énormes, et que les délinquants opèrent de plus en plus à visage découvert. Cette situation interpelle les autorités militaires sur le mode de recrutement des hommes du rang afin que soient bannies à jamais de telles pratiques par des hommes de cette respectueuse institution qu’est l’Armée.