L’ambassade américaine à Bamako a organisé jeudi une vidéo-conférence sur « Barack Obama et le paradoxe de la race aux Etats-Unis » animée par Andrew J. Diamond, chargé de cours au Centre de sciences Po pour les études et recherches internationales (CERI) à Paris.
Celui-ci a publié de nombreux articles, essais et chapitres de livres sur les relations raciales aux Etats-Unis et les problèmes raciaux tant aux Etats-Unis qu’en Europe. Andrew J. Diamond, un analyste de la scène politique américaine en France, collabore régulièrement avec la page Op-Ed du quotidien français Libération. La conférence était destinée à des professeurs d’université, à la société civile et à la presse. Elle s’inscrivait dans la perspective de la présidentielle américaine du 6 novembre et marquait également la commémoration du « Black History (Histoire des Noirs) », un événement qui est célébré chaque année en février. Initiée par Mme Megan Larson-Koné, directrice des affaires publiques de l’ambassade, la conférence a permis d’édifier l’assistance sur certains aspects de la société américaine. D’après le conférencier, la victoire éclatante de Barack Obama à l’élection présidentielle américaine de novembre 2008 a été saluée par les experts et savants comme le signal de l’arrivée d’une Amérique post-raciale. Comme le président Obama se prépare pour sa réélection, il est difficile, juge-t-il, de nier que l’héritage du passé racial du pays continue de persister. Le document liminaire de Andrew J. Diamond relève ainsi des disparités de revenus et de d’éducation entre les Noirs et les Blancs. « En 2009, le Black Caucus du Congrès a demandé au président de faire plus pour les minorités raciales. Une volonté politique est nécessaire pour faire face aux injustices sociales ». Dans son exposé, Andrew J. Diamond retrace les circonstances historiques qui ont débouché sur l’élection du premier président noir du pays, examine les paradoxes du progrès racial pendant le premier mandat du président Obama. Il avance des idées sur le rôle que la race pourrait jouer dans la prochaine élection et au-delà de ce scrutin. Interrogé sur le bilan de l’actuel locataire de la Maison Blanche, le conférencier a souligné que Barack Obama pouvait être crédité de progrès dans plusieurs domaines, dont la santé publique, l’économie. Cependant, soutient-il, la politique étrangère du président Obama est « incomplète » et comporte des incohérences à cause de son « inexpérience ». De son avis, Barack Obama, candidat du Parti démocrate, part favori face à des Républicains qui semblent être indécis quant au choix de leur candidat à la présidentielle du 6 novembre. « Les Américains votent généralement pour des intérêts économiques », a-t-il cependant averti. « La question de la race n’est-elle pas une épine dans le pied des Etats-Unis ? », s’est interrogé le Dr Moussa Sissoko, professeur d’histoire américaine à l’Université. Réponse de Andrew J. Diamond : « la question raciale était plutôt une posture qu’une réalité. Barack Obama, qui a bénéficié du soutien de 30% de Blancs lors de son élection à la présidence des Etats-Unis, fait plus d’efforts que quiconque pour surmonter les clivages raciaux ».