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PostHeaderIcon Enseignement supérieur : LES DETAILS DE L’ACCORD GOUVERNEMENT-SYNDICATS

Mme Siby Ginette Bellegarde a commenté les différents points du document qui met fin à la grève à l’université et dans les grandes écoles

Enseignement supérieur : LES DETAILS DE L’ACCORD GOUVERNEMENT-SYNDICATS

Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Mme Siby Ginette Bellegarde, a animé lundi une conférence de presse sur le protocole d’accord signé avec les différents syndicats d’enseignants de l‘enseignement supérieur. Le 17 août dernier, le gouvernement signait à la Primature deux protocoles d’accord avec respectivement la section « enseignement supérieur » du Syndicat national de l’éducation et de la culture (SNEC) et le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SNESUP). Deux protocoles, en réalité très voisins, qui mettent fin à la grève déclenchée dans l’enseignement supérieur depuis le 19 mars dernier. Le protocole, a détaillé le ministre, concerne les principaux points de revendication des syndicats. Ces revendications étaient relatives à l’alignement des salaires des enseignants de l’enseignement supérieur et des chercheurs sur ceux de leurs homologues de la sous-région, à la hiérarchisation, aux heures supplémentaires et à l’intégration des contractuels dans la Fonction publique. Après plusieurs séances de négociations que tout le monde admet difficiles, le gouvernement et les syndicats sont donc parvenus à un accord. Le gouvernement consent ainsi à octroyer une majoration de 10% sur les salaires pour compter du 1er juillet 2010 aux enseignants du supérieur et aux chercheurs. En outre, la prime de fonction spéciale est relevé qui passera de 12 500 à 40 000 F. La prime de logement sera de 50 000 par mois. Une nouvelle prime de documentation de 17 000 F par mois est instituée. Le gouvernement accepte également une prime académique qui sera de 43 333 FCFA pour les assistants et attachés de recherche, de 56 667 pour les maîtres-assistants et chargés de recherche. Cette prime sera de 50 000 F pour les maîtres de conférences, maîtres de recherches, professeurs et directeurs de recherche à compter du 1er juillet 2010. Cette prime académique étant fonction de la masse de travail de chacun, les maîtres-assistants et chargés de recherche qui sont les plus chargés, perçoivent la plus forte somme. Il existe aussi une prime de documentation de 20 000 F pour les assistants/attachés de recherche, 30 000 F pour les maîtres-assistants/chargés de recherche, 40 000 F pour les maîtres de conférences/maîtres de recherche et 50 000 F pour les professeurs/directeurs de recherches. Quant aux taux mensuels d’encadrement, ils seront portés respectivement à 30 000 , 40 000, 50 000 et 60 000 F pour les 4 corps. Il est aussi alloué une indemnité mensuelle de résidence de 50 000 F à tous les enseignants du supérieur et aux chercheurs. Tout ceci aura une incidence financière de 1,7 milliard par an, a précisé le ministre. Pour le taux de l’heure supplémentaire, la hausse de 150%. Elle sera de 5 000 F par heure à compter du 1er juillet 2010, 7 500 F à compter du 1er mars 2011 et 10 000 à compter du 1er mars 2012. Ici, le ministre a indiqué que des efforts de gestion seront demandés aux responsables des structures. L’incidence de cette hausse pourrait, a estimé Mme Siby Ginette Bellegarde, atteindre les 2 milliards. Le reste des revendications concerne les aspects académiques. Pour ce qui est de la hiérarchie, actuellement notre système comporte 4 paliers : assistant/attaché de recherche ; maître assistant/chargé de recherche ; maître de conférence/maître de recherche et professeur/directeur de recherche. Dans le cadre du basculement de notre pays dans le système LMD, les syndicats réclament la suppression du corps de maître-assistant/attaché de recherche pour une question de conformité. Le gouvernement a rappelé que le Mali fait partie d’ensembles comme le CAMES et que toute évolution doit se faire de concert. En attendant, le gouvernement a demandé au Panel des universitaires de réfléchir sur la question et de faire des propositions. Son rapport est attendu pour le mois d’octobre. On sait aussi que le CAMES s’est saisi de la question. Entre temps, à la demande du SNEC, le gouvernement a accepté le changement de grade des assistants et maîtres assistants, titulaires d’un doctorat et ayant 5 ans dans le grade. Pour l’immédiat, le gouvernement est d’accord pour lancer un programme de mise à niveau pour aider et faciliter l’inscription des enseignants sur les différentes listes d’aptitude de la commission nationale d’élaboration des listes d’aptitude et du CAMES et préparer les différents concours d’agrégation du CAMES. Le gouvernement s’est aussi engagé à intégrer dans la Fonction publique, les enseignants ayant un contrat avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique. Pour ceux qu’un contrat lie au rectorat et aux grandes écoles, des mesures légales seront étudiées pour leur permettre de se présenter aux concours d’intégration à la Fonction publique. Mme Siby Ginette Bellegarde a confirmé que les pouvoirs publics se souciaient de l’amélioration des conditions de vie et de travail dans l’enseignement supérieur. Il est indispensable de rendre attrayant le métier d’enseignant du supérieur pour y attirer le maximum d’agents et surtout les garder. Un enseignement universitaire de qualité nécessite des enseignants de qualité. Et pour cela, il faut y mettre le prix. On attend du Panel d’universitaires des propositions dans ce sens, notamment un plan décennal de développement de l’enseignement supérieur qui corrige les insuffisances. Le gouvernement, a assuré le ministre, a la ferme volonté de respecter ce qui a été signé. Si le protocole d’accord est une étape, les passerelles établies avec les syndicats vont permettre aux discussions de continuer dans un climat de confiance, avec plus de sérénité.