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PostHeaderIcon Enseignement supérieur : DÉBRAYAGE ILLIMITÉ

Les conséquences du basculement du Mali dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD) continuent d’opposer les parties

Enseignement supérieur : DÉBRAYAGE ILLIMITÉ

Les professeurs de l’enseignement supérieur affiliés au Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP) observent depuis le 19 mars dernier une grève illimitée pour soutenir leurs revendications. Les conditions à réunir pour concrétiser le basculement du Mali dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD) continuent d’opposer le département de l’enseignement supérieur et le syndicat. Il s’agit de l’alignement des salaires des professeurs du supérieur sur ceux de leurs homologues de la sous-région, du relèvement du taux de l’heure supplémentaire et du recrutement des contractuels la Fonction publique d’Etat. Le 11 mars dernier, lors du premier round de négociations sous la médiation du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme de l’Etat, aucun accord n’a pu être trouvé. Et l’échec des négociations a été constaté. Du coup le SNESUP a maintenu sa grève des 16, 17 et 18 mars. Un mouvement qui a largement été suivi, assure Abdou Mallé, le secrétaire général du SNESUP. Après avoir fait le tour des structures, son syndicat, indique-t-il, a fait le constat de la paralysie des 15 établissements (facultés, grandes écoles et instituts de recherche). Ce que le syndicat a peu apprécié, confie Abdou Mallé, c’est moins l’échec des négociations que « la mauvaise foi » de la délégation du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique. “ Ils n’ont pas été capables, de fixer une autre date pour les futures négociations ” déplorait-il. Des négociations qui doivent lancer la relecture du statut du personnel enseignant-chercheur. Le SNESUP a donc décidé d’observer une grève illimitée depuis le 19 mars jusqu’à l’obtention définitive de la nouvelle loi consensuelle portant statut des enseignants chercheurs et des décrets d’application y afférents. Ce texte devra, de son point de vue, prendre en compte l’alignement des salaires, la nouvelle hiérarchie et l’augmentation du taux de l’heure supplémentaire. Pour ce qui est de l’intégration des contractuels à la Fonction publique, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme de l’Etat s’engage à intégrer tous les agents qui disposent d’un acte délivré par le MTFPRE. Reste à trouver un statut pour les autres agents contractuels, c’est-à-dire ceux qui sont recrutés sur budget du rectorat et de la direction nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Tout en rappelant que ces revendications découlent du forum national sur l’éducation, Abdou Mallé indique que le SNESUP est disponible et attend du concret à commencer par une proposition de date du département de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour commencer les négociations. Au ministère, le conseiller technique Lassana B. Traoré confirme l’échec des négociations mais estime qu’il n’y a pas à proprement parler de blocage. Les différentes structures concernées ont été contactées pour réagir aux propositions de relecture de la loi sur le statut du personnel enseignant-chercheur. Dès que ces réponses parviendront, le département appellera le syndicat à reprendre les négociations. Après avoir écouté les deux parties, on réalise que le désaccord entre le département et le syndicat, est profond sur au moins un point de revendication. Il s’agit de l’alignement des salaires sur ceux de la sous-région. Pour le syndicat, il s’agit d’aligner les salaires des enseignants du supérieur et de la recherche sur ceux du Niger qui se situent dans la moyenne de la zone UEMOA. Mais au département, on fait remarquer que cela équivaut déjà à demander une augmentation de 100 % des salaires actuellement payés dans notre pays. L’Etat redoute de mettre la main dans un engrenage qui déséquilibrera durablement les finances publiques.