La valorisation de cette source d’énergie pourra réduire la pression de l’homme sur les ressources forestières
La biomasse réduit la résilience des effets néfastes du changement climatique. Elle se révèle comme une alternative d’adaptation à la nouvelle donne du climat. Notre pays, à l’instar des pays sahéliens, est confronté aux enjeux du développement durable. Il doit relever un triple défi énergétique environnemental et économique. Les effets néfastes du changement climatique s’abattent aujourd’hui sur notre monde rural avec ses corolaires de la baisse exécrable de la pluviométrie et la dégradation continue des l’environnement. Dans ce contexte des initiatives d’atténuation et des mesures d’adaptation à la nouvelle donne du climat s’imposent. Les dernières statistiques de l’Agence malienne pour le Développement de l’Energie Domestique et l’Electrification Rurale (AMADER), font ressortir que l’énergie consommée par les ménages de notre pays pèse encore pour près de 90 % dans le bilan énergétique national. Elle provient pour près de 99% de sources d’énergie traditionnelles. La consommation du bois-énergie, principale ressource énergétique du ménage s ‘établit à plus de 06 millions de tonnes par an. Ce qui se traduit par un rythme de déforestation de plusieurs centaines de milliers d’hectares de forêt. La conséquence est l’accroissement de la sécheresse et de la désertification pour inverser cette tendance et juguler les effets de ce phénomène. Il est impératif de valoriser des énergies nouvelles comme la biomasse. C’est dans cette optique que l’entrepreneur environnementaliste Ousmane Samas-sékou s’investit pour diminuer considérablement les souffrances des couches les plus vulnérables. La nouvelle initiative consiste du promoteur des foyers améliorés « les fourneaux sewa », est la fabrication de bûchettes et de briquettes combustibles. La matière première de cette source d’énergie est obtenue à partir de la transformation de la plante envahissante le « typha australis » et la balle de riz. La première expérience dans ce sens est l’usine « Afovert » installée à Niono dans la zone office du Niger. Les briquettes combustibles vont atténuer les besoins en énergie domestique de la région de Ségou, où le problème se pose avec acuité.
100kg par jour. Selon Ousmane Samassékou, cette initiative est le fruit d’un partenariat public et privé. Elle est partie du projet « Initiative régionale environnement mondial et lutte contre la désertification en Afrique sahélienne » (IREMLCD). Ce programme a été créé par le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le sahel (CILSS) à travers le Programme régional de promotion des énergies domestique et alternatives au Sahel (PREDAS. De ce fait, après la mise en place de l’unité pilote en 2005 et 2006, par l’équipe technique nationale en 2005, le groupement d’intérêt économique (GIE) Katènè Kadji a été élu. L’unité était tirée et orientée sur une technologie mature proposée par le CILSS. Au départ étaient les agglomérateurs. C’est pour cette raison que le projet au départ s’appelait unité pilote d’agglomération de typha. Les premiers équipements servaient à produire en moyenne 50Kgs par heure soit un maximum 100kgs par jour. « Eu égard à la demande de la localité nous avons créé une unité de production de buchettes et de briquettes à partir de la plante de typha et de la balle de riz. Notre conviction est que la meilleure technologie pour résoudre les problèmes aussi épineux que l’obtention de combustibles de substitution est de réussir une grande production de briquettes. Nous avons opté pour les nouvelles technologies asiatiques principalement celles utilisées en Chine. » a noté Samassékou. L’usine a une capacité de production d’au moins 10 tonnes par jour de combustibles, soit un total de 2100 tonnes de buchettes et 360 tonnes de briquettes par an. L’unité est un outil stratégique de lutte contre la pauvreté et le développement local. Dans ce cadre, elle emploie en permanence 8 personnes et plus de 200 emplois temporaires dans la coupe du typha et du ramassage de la balle de riz. Elle offre à la localité de Niono une stratégie appropriée de gestion de la balle de riz. Auparavant ce résidu était abandonné un peu partout et dégradait l’environnement. Le projet déploie une stratégie de lutte contre la plante envahissante du typha, une plante de la famille des roseaux à croissance rapide. Elle a bénéficié dans la zone office du Niger des conditions d’une expansion inquiétante. Cette plante nuisible colonise de vastes espaces sur les axes hydrauliques avec des conséquences graves sur les activités humaines et l’écosystème. L’espèce a favorisé le développement des maladies d’origine hydrique comme le paludisme, la dysenterie amibienne et la bilharziose. Elle a aussi entraîné une baisse de la qualité de l’eau pour la consommation humaine, la diminution de l’hydraulicité dans les axes d’irrigations et de drainage, l’envahissement des parcelles cultivées. En plus l’espèce créé une zone de refuge pour les oiseaux granivore entraînant une pression accrue sur les cultures céréalières. Elle constitue aujourd’hui un obstacle à la navigation et les animaux domestiques éprouvent beaucoup de difficulté pour s’abreuver. Ce encombrement des zones libres diminuent les possibilités de pêche. Au moment de sa décomposition, le typha dégage du méthane (CH4) qui est toxique pour les espèces aquatiques vivantes. Ce gaz est 28 fois plus nocif et dégradable que le gaz carbonique (CO2). Avant qu’elle n’atteigne son niveau de vieillesse, la plante est coupée et transformée. Aujourd’hui, le potentiel disponible de biomasse sèche est d’environ 300 000 tonnes de typha. Cette quantité ce qui équivaut à 08 fois le déficit de la ville Niono. Le projet offre des avantages en aval, comme des sources d’énergie à la population à un vil prix. Le kilogramme de buchettes est vendu à Niono à 25 Fcfa contre la même quantité en bois de chauffe qui est cédée à 79 Fcfa. Les briquettes sont subvensionnées. Elles sont vendues 50CFA, au lieu de 123 fCFA, le prix réel. Selon Ousmane Samas-sékou cette politique peut être élargie à d’autres régions où existe beaucoup de résidu agricole : la paille de riz, les chaumes de mil et de maïs, les tiges de cotonnier, du gombo, du da, les coques d’arachides et tous autres déchets d’origine végétale. Lorsque ce modèle industriel sera confirmé par de bons résultats d’autres projets similaires verront le jour dans la région de Sikasso et Kayes.
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2012, Année internationale de l’énergie durable pour tous
Cette Année internationale de l’énergie durable pour tous est l’occasion de sensibiliser le plus grand nombre à l’importance d’améliorer l’énergie renouvelable, l’efficience énergétique, et l’accès durable à l’énergie au niveau international, régional et local. Les services énergétiques ainsi que les services de communications ont un effet profond sur la sécurité de l’approvisionnement en eau, les changements climatiques, la santé, la sécurité alimentaire, l’enseignement et la productivité. C’est pour cette raison que l’absence d’accès à une énergie fiable, abordable et propre entrave le développement économique, social et humain, et constitue un obstacle majeur à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Or, 1,4 milliard de personnes n’ont pas accès à une énergie moderne, alors que 3 milliards de personnes dépendent du charbon et de la « biomasse traditionnelle » comme source principale de combustible. L’accès à l’énergie, notamment l’énergie durable, est indispensable pour un futur durable dans les pays en développement. Non seulement l’accès à l’énergie change la vie des « pauvres en énergie » en améliorant leur niveau de vie, mais cela permet aussi de :
fournir un éclairage pour que les enfants aient la possibilité d’étudier après la tombée de la nuit ;
d’alimenter les téléphones cellulaires qui ont changé le commerce ;
générer des revenus - par exemple en se servant de l’énergie solaire pour l’électricité d’une petite entreprise ou pour des pompes solaires ;
créer de nouvelles opportunités pour les entrepreneurs pour le fonctionnement de leurs entreprises ;
rendre plus efficaces et plus propres les options pour le chauffage ou la cuisine et réduire le temps accordé à la collecte de bois de chauffe ;
fournir du courant aux hôpitaux et aux cliniques communautaires, par exemple pour les réfrigérateurs où sont stockés les médicaments.