Le ministre de l’Environnent et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré, a présidé mardi à l’hôtel Massaley de Bamako, l’ouverture d’un atelier de réflexion sur les éléments d’un schéma directeur de l’écotourisme au Mali.
La session qui s’achève aujourd’hui regroupe les principaux cadres et chefs de projets du service des Eaux et Forêts et de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (OMATHO). Durant cette rencontre, les participants échangent leurs expériences en matière d’écotourisme en passant en revue les difficultés auxquelles cette activité est confrontée dans notre pays, notamment au plan institutionnel et de la gouvernance. Il s’agit à la clef, de dégager un programme d’actions pour la promotion de l’écotourisme dans notre pays. Le tourisme est notre troisième produit d’exportation, après l’or et le coton. Cependant, le secteur est plongé dans le marasme car nos principales destinations touristiques se trouvent dans le Septentrion. Cette partie du pays est, aujourd’hui, peu sinon pas fréquentée du tout par les touristes du fait des restrictions imposées à leurs ressortissants par des pays occidentaux qui invoquent le péril terroriste. Selon le ministre Tiémoko Sangaré, cette situation bien que conjoncturelle, démontre combien il est impérieux de diversifier nos destinations touristiques. Dans cette perspective, l’écotourisme offre d’importantes possibilités. Par exemple, la réserve de la biosphère de la boucle du Baoulé recèle 86 sites archéologiques attestés comme étant des vestiges d’une civilisation ancienne. On trouve aussi dans cette réserve, une riche industrie à outillage microlitique et géométrique datant du premier millénaire avant Jésus Christ. Sans compter la dizaine d’abris sous roche aux parois arborant de jolis dessins rupestres attestant une parfaite maîtrise de la peinture. Ces dessins représentent des animaux, des fleurs des lances, des arcs, etc. La réserve du Bafing est, elle aussi, digne d’intérêt touristique. C’est le seul endroit où l’on peut trouver de grands mammifères en voie de disparition comme l’élan de Derby et le chimpanzé. La commune de Siby à 50 kilomètres de Bamako et la forêt classée des Monts mandingues sont également des sites touristiques de grande importance Ces quelques exemples démontrent que notre pays possède des atouts écotouristiques qui valent le déplacement, mais qui restent sous exploités. L’élaboration d’un schéma directeur de l’écotourisme au Mali permettra certainement de corriger cette lacune et de contribuer à la lutte contre la dégradation poussée de la biodiversité.