SOCIETE

PostHeaderIcon Ecole : LES DIFFERENTS VISAGES DE LA VIOLENCE

Physique, verbale ou sexuelle, elle cause du tort aux victimes comme aux auteurs et peut avoir de graves conséquences sur les enfants

Ecole : LES DIFFERENTS VISAGES DE LA VIOLENCE

La violence est bien présente dans la société et l’école ne peut y échapper. Quelle que soit sa forme, la violence en milieu scolaire influe négativement sur le développement des jeunes, leur réussite scolaire et sur la qualité de vie à l’école. Elle se manifeste sous différentes formes : violence physique, verbale et sexuelle, entre autres. Elle peut causer du tort chez ses victimes comme chez ses auteurs et aussi avoir de graves conséquences sur les enfants en termes de propagation d’infections sexuellement transmissible, de troubles mentaux, de déperdition scolaire et même de mort. C’est pour trouver une solution à ce problème qui nuit à la qualité de l’enseignement que Plan-Mali, en partenariat avec Save the children, a initié une étude sur la violence en milieu scolaire dans leurs zones respectives d’intervention : Kangaba, Kati, Kita, Baraouéli, le cercle de Ségou, Sikasso, Yorosso, Kolondièba et le district de Bamako. Les initiateurs ont organisé jeudi, un atelier de restitution des résultats de l’étude. La rencontre était présidée par le directeur national de Plan-Mali, Supriyanto, assisté par le représentant de Save the children, Amadou Ousmane Traoré. Elle s’est déroulée en présence des représentants de la direction nationale de l’éducation de base, des directeurs de Cap ainsi que de membres d’Ong nationales et internationales intervenant dans le domaine. Le rapport établit que la violence en milieu scolaire est loin d’être un phénomène anodin. Les trois formes de violence scolaire cités plus haut sont toutes présentes à l’école. Les enseignants sont cités dans le document comme étant les principaux acteurs de ces violences. Les élèves aussi ont leur part de responsabilité. La principale cause de la violence physique en milieu scolaire selon le rapport est d’ordre disciplinaire tant pour les élèves que les adultes. Ce genre de violence est essentiellement compris dans toutes les zones d’enquête comme étant liée aux punitions que les enseignants infligent aux élèves. Les conséquences de la violence physique sont multiples. Elle va de la blessure physique, à la mort d’homme, de la baisse de performance à l’absentéisme scolaire. Les principales victimes de violence sexuelle sont des filles. La cause la plus citée est le port de la tenue provocante par les filles. D’autres causes comme le désir de réussir de l’élève, la recherche de satisfaction personnelle de l’élève ainsi que de l’enseignant sont également citées. La principale conséquence de la violence sexuelle au milieu scolaire avancé dans le rapport est la grossesse non désirée. Les traumatismes physiques constituent la deuxième conséquence la plus importante. Suivent la déperdition scolaire, les conflits entre les familles et les enseignants. Pour ce qui est la violence psychologique, la forme la plus souvent citée implique encore une fois les enseignants. Ses causes rejoignent celles de la violence physique dans ce sens que les raisons disciplinaires sont citées tant par les élèves que par les adultes. Il faut ajouter à ces raisons la situation d’infériorité de l’élève qui ne peut réagir face à son enseignant. Certains enfants sont également victimes de violence psychologique à cause de leur statut économique. Cependant le document révèle que la victime de la violence psychologique est un phénomène difficile à détecter car souvent les victimes n’osent pas se déclarer et se replient sur elles mêmes. Ce sentiment d’isolement contribue dans une certaine mesure à développer en elles des comportements violents. Le rapport fait des recommandations qui portent, entre autres, sur la sensibilisation des populations sur les méfaits des châtiments corporels, le renforcement de la formation des maîtres sur la psychologie de l’enfant et les alternatives au châtiment corporel et verbal. L’étude recommande que les parents soient informés des démarches à suivre au cas où leur enfant serait victime de la violence. Le directeur national de Plan-Mali a souligné combien la problématique de la violence en milieu scolaire constituait à juste titre une préoccupation des autorités scolaires, des partenaires au développement et de la société civile. Les différents types de violences scolaires, constate Supriyanto, ont des graves conséquences sur les enfants. Elles occasionnent des troubles psychologiques, l’abandon scolaire et parfois des pertes en vie humaine. La réponse trouvée par Plan au niveau international a été l’initiation d’une campagne dénommée "campagne apprendre sans peur". Celle-ci a été lancée en octobre 2008 dans le village de Sanambélé dans la commune de Bougoula (cercle de Kati). Son objectif global est de mettre fin à la violence faite aux enfants en milieu scolaire. Le directeur national de Plan-Mali souligne qu’aucune structure ne peut prétendre avoir seule la solution. Il a, par conséquent, préconisé une synergie d’actions, une solution concertée de tous les acteurs pour mettre fin au fléau.