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PostHeaderIcon Disparition de Pinana Drabo : LE DERNIER DES PATRIARCHES

C’est au début du week-end dernier que s’en est allé le colonel Pinana Drabo, que l’on peut considérer comme le dernier patriarche de l’armée malienne.

Disparition de Pinana Drabo : LE DERNIER DES PATRIARCHES

Cela au moment où notre pays entre dans la célébration du cinquantenaire de son indépendance et fête le 49è anniversaire de son armée. Il fut un des pionniers particulièrement actifs dans la création de l’armée nationale Mali. Toute une page de journal ne suffirait pas pour retracer la carrière de ce soldat émérite qui s’engagea à 20 ans (1932) comme soldat de 2è classe pour 4 ans avant de se réengager en 1934 dans le 24è régiment des Troupes du Soudan. Promu caporal en octobre 1934, sergent en 1937 et désigné pour faire partie du 343è détachement du régiment du Soudan à Oran 1940, Pinana étrenna ses galons d’adjudant-chef en 1942 avant d’être promu sous-lieutenant à la fin de la 2è Guerre mondiale le 1er septembre 1945. Lieutenant en 1947, il est désigné pour servir à l’extérieur et envoyé à Fréjus en 1949. Il débarque à Saïgon la même année et quitte le Vietnam en 1951 pour prendre service au Groupement d’instruction des troupes coloniales (GITC) le 22 août 1952. Pinana Drabo passe au grade de capitaine en octobre 1953 et repart à Saïgon en décembre 1953 pour être affecté au bureau de la « Guerre psychologique des affaires militaires africaines ». De retour en juin 1955 à la Compagnie territoriale du Soudan, il rallie Madagascar le 10 juillet 1956. Il quittera la « grande Ile » pour Marseille, Dakar puis Kati pour prendre le commandement de la 3è brigade du 5è Régiment d’infanterie de l’Afrique Outre-Mer (RIAOM) de la ville de garnison avant de se voir confier, le 13 juillet 1960, la Compagnie de commandement des services (CCS). Mais alors qu’on croyait que le capitaine Pinana Drabo aux portes de la retraite, commence une « seconde carrière militaire » pour cet officier samogo décoré de la croix de guerre et que ses chefs décrivaient comme un « officier africain de classe exceptionnelle d’un dévouement et d’une autorité incontestés possédant un sens élevé du devoir et toujours volontaire pour les missions périlleuses ». C’est cet officier là que le président Modibo Keïta rappela par « décision politique » pour jeter, sous le commandement du général Soumaré, les bases de la nouvelle armée du Mali. Le 1er janvier 1961, le tout nouveau Commandant s’attela avec d’autres officiers, dont son frère Kélétigui Drabo, à structurer l’armée du Mali avant que le président ne demande l’évacuation des troupes coloniales vingt jours plus tard. Celui qui a servi au Sénégal, en Mauritanie, en France, en Algérie, au Maroc, en Indochine et à Madagascar deviendra le commandant du camp Sékou Amadou de Ségou en 1961. Promu lieutenant-colonel en 1963 et colonel en 1966, Pinana fera valoir une deuxième fois ses droits à la retraite le 1er mars 1969 non sans avoir occupé pendant quelques jours les fonctions de chef d’Etat major de l’armée, le 3è après le général Abdoulaye Soumaré et le colonel Sékou Traoré. Le « Vieux Soldat » de Kati-Coura put alors s’occuper de sa nombreuse famille. A 98 ans, il s’en est allé presque sur la pointe des pieds. Que la terre lui soit légère.