Kayes abrite depuis hier un forum consacré au « dialogue intercommunautaire sur les litiges fonciers et la cohésion nationale, facteur de paix et de sécurité, entre les communautés nord et celles du sud ».
Le dialogue intercommunautaire est un garant de la cohésion sociale et un facteur de renforcement de la conscience autour des enjeux de paix et de stabilité. Il s’inscrit au début et à la fin du processus de la vie en commun. En prélude à l’événement, le vice-président du comité de suivi des travaux sur les droits de l’homme, Amidou Diabaté, député élu à Kita, a animé un point de presse en fin de semaine dans la salle Aoua Kéïta de l’Assemblée nationale en présence de nombreux journalistes de la presse nationale. Pour le député, le forum de Kayes est organisé pour répondre à une recommandation forte du forum de Mopti. L’Assemblée nationale et le Haut conseil des collectivités, en collaboration avec l’Union interparlementaire et le département fédéral des affaires étrangères de Suisse avaient organisé, en novembre 2008, à Mopti un séminaire national sur le dialogue intercommunautaire. Le séminaire avait formulé plusieurs recommandations dont l’institutionnalisation de dialogue entre les communautés, les élus et les collectivités locales pour une évaluation régulière des accords. Des recommandations avaient également été faites sur les questions foncières, la prise en compte par les pouvoirs publics et les députés des litiges fonciers qui sont sources de conflits et d’affrontements intercommunautaires. Les conflits fonciers sont légion à Kayes qui partage plusieurs kilomètres de frontières avec certains pays limitrophes. Kayes, selon Me Amidou Diabaté, semble être la région qui convient le mieux pour aller discuter et obtenir des solutions propres à être partagées par tous. Afin d’assurer la mise en œuvre effective des recommandations du dialogue intercommunautaire, l’Assemblée nationale a mis en place un comité de suivi de 13 membres présidé par Mme Camara Saoudatou Dembélé. Deux cents personnes dont les délégués des forces armées et de sécurité prennent part à ce forum. A ceux-ci s’ajoutent des participants venus de pays frontaliers comme la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Mauritanie, le Niger et le Sénégal. La contribution de la Suisse à l’organisation du forum s’élève à 90 millions de Fcfa. La rencontre entend renforcer la conscience et la cohésion nationales à travers un dialogue et un partage d’expériences sur les questions de paix et de sécurité ainsi que les mécanismes pour les promouvoir afin d’asseoir les bases durables d’une véritable culture de paix et de sécurité dans le pays. La méthodologie sera interactive et participative et fera appel à l’expérience des différentes communautés du Sahel occidental. Elle prévoit des exposés suivis de débats. Des travaux en atelier permettront d’approfondir les échanges amorcés autour des communications. Les résultats du dialogue seront édités et partagés avec l’ensemble des acteurs de la vie de la nation pour être pris en compte dans les politiques sectorielles du gouvernement et les projets et programmes des collectivités territoriales, a expliqué Amidou Diabaté.