Jadis très rare dans les milieux traditionnels, il fait désormais partie de l’horizon du mariage
L’homme et la femme sont faits pour s’entendre. Le mariage est prononcé pour le meilleur et le pire par conséquent il est sacré. Il est basé sur l’entraide et la solidarité. Cependant la vie de couple est un sentier semé d’embûches et de miroirs aux alouettes. En effet les époux vivent des moments de bonheur. Il leur arrive aussi d’endurer des épreuves dramatiques. Dans tous les deux cas, le couple doit être des alliés pour surmonter les différents problèmes qui surgissent en son sein du couple ou dans la vie courante.
En Afrique et particulièrement dans notre pays, le mariage depuis les temps immémoriaux est une relation de longue durée. Il est basé sur un engagement pris pour toute la vie. Malheureusement force est de reconnaître que cette valeur sacrée attribuée au mariage s’éffrite de plus en plus aujourd’hui. Les jeunes ne se marient plus ou ils sautent le pas très tard. Nous avons demandé aux uns aux autres dans quelques quartiers de Bamako. L’enquête a avéré que de nombreux couples divorcent avant la 5e année de leur union. Ceux qui restent ensemble pour le pire et le meilleur restent encore unis pour des raisons liées aux enfants, à la religion, à l’argent, à la peur d’être seul(e) ou à la pression de la famille.
C’est triste à reconnaître, mais le divorce fait maintenant partie de l’horizon du mariage dans notre pays. En 2008, le tribunal de première instance de Bamako a enregistré environ 300 divorces, contre 511 mariages célébrés la même année. Ces statistiques sont tirées du mémoire de l’étudiante Sadio Traoré de la faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) de l’Université de Bamako. Ce phénomène du divorce rapide était dans un passé récent très rare dans notre pays. Cette faillite ne serait-elle pas liée au fait que la société africaine est en pleine mutation ?
À l’évidence, les grandes familles par exemple n’ont plus la même influence d’antan sur leurs progénitures. Les jeunes fondent leur foyer très souvent avec leurs propres moyens et surtout selon leur désir. La date des noces, est dans la majorité des cas laissée à l’initiative individuelle des candidats aux mariages. Cette liberté favorise l’épanouissement, mais elle sonne le glas de certaines valeurs essentielles dans notre société.
Dans la société traditionnelle bambara, explique Mme Kourechi Minata Tall, le mariage, était moins une union entre deux individus, qui s’aiment et convolent, qu’un moyen de renforcer une alliance entre deux familles. Au sein d’une telle société qui ignorait le divorce, la répudiation était un phénomène exceptionnel et rare. Elle indique que le divorce dans les communautés maliennes était une question très sérieuse. Il impliquait la participation de tout le monde.
Mais malheureusement, a déploré, la grand-mère Awa Sangaré, la nucléarisation de la grande famille africaine a distendu les rapports sociaux surtout en cette ère d’urbanisation galopante. < mieux se connaître. Les démarches préliminaires pour unir deux jeunes au plan traditionnel durent au minimum une année. Tous les parents et alliés sont sondés et doivent émettre un avis favorable sur le garçon ou la fille. Les fiançailles durent autant. Les fiancés ont le temps de mieux se connaître et de mieux s'adapter à chacune des belles familles>> constate la sage Awa Sangaré.
Tout ce préalable se déroule dans le cadre de nos us et coutumes. Mais << pa-ta-tra>> ! Le code du mariage a omis d’impliquer les recours traditionnels si l’un des conjoints demande le divorce. La mère Fatoumata flétrit cette tendance actuelle d’être mis devant le fait accompli. <> ou << Tentative de réconciliation>>. Elle implique les deux conjoints furieux et aveuglés chacun par <