Une réunion de la coopération mixte entre le Mali et la Confédération suisse a débuté hier à l’hôtel Salam sous la présidence du chef de cabinet du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sékouba Cissé, et en présence de Claude Altermatt, le chef de la délégation helvétique au Mali.
Pendant deux jours, les experts des deux pays vont analyser l’exécution du programme de coopération 2007-2011 pour déterminer les priorités communes des quatre prochaines années. Claude Altermatt a souligné l’accroissement constant du volume de la coopération entre son pays et le nôtre depuis maintenant trois décennies. Les premiers jalons de cette coopération ont été posés voilà plus de 35 ans par divers intervenants humanitaires à la faveur des grandes sécheresses des années 74. Puis est intervenu l’accord de coopération technique et scientifique entre les deux gouvernements en octobre 1977. Depuis cette date, note Claude Altermatt, le programme de coopération n’a cessé de se développer et d’évoluer en tenant compte des avancées et des réalités du Mali. Selon le chef de la délégation helvétique, l’intervention de son pays s’est constamment adaptée et alignée sur les besoins de développement du Mali. D’abord en soutenant les grands programmes nationaux en matière de foresterie, d’hydraulique villageoise et de santé. Puis, à l’avènement de la démocratie et de la décentralisation, une orientation claire s’est opérée dans le renforcement des nouveaux acteurs du développement local, c’est-à-dire les élus locaux, les organisations socioprofessionnelles et la société civile. Claude Altermatt a également souligné la solidité des acquis de la coopération Mali/Suisse basée sur la confiance et l’estime réciproque. L’officiel suisse a évoqué quelques données significatives comme le volume de l’aide suisse qui a doublé entre 2007 et 2011 ou la coopération qui s’est structurée autour de rencontres partenariales de ce genre pour assurer le suivi et l’évaluation de l’aide tous les cinq ans. Le futur réside dans les priorités communes pour 2012-2015. « La Suisse salue les progrès de la gouvernance malienne en général et l’exemplarité de sa décentralisation dans la sous-région. La décentralisation est en effet essentielle pour la promotion de la participation des citoyens et citoyennes », a jugé Claude Altermatt avant d’assurer que son pays est disposé à appuyer les efforts maliens dans la construction d’institutions fortes, démocratiques et inclusives. Evoquant la situation sécuritaire dans le septentrion, ses causes et conséquences, Claude Altermatt soulignera que ces « changements d’ordre géopolitique ont évidemment leur répercussion dans la fixation des priorités de développement ainsi que dans les modalités de nos interventions ». Au titre du programme 2007-2011, l’aide de la Suisse s’élève à environ 28 milliards de Fcfa. Le représentant du ministère des Affaires étrangères a salué les résultats importants enregistrés dans les domaines du développement rural, de la santé, de l’éducation, de la décentralisation, de l’artisanat et de la formation professionnelle. Sékouba Cissé s’est réjoui de constater que la nouvelle stratégie de coopération sera dotée d’une enveloppe financière de 48 milliards de Fcfa. Au cours de cette rencontre le Mali et la Suisse ont renouvelé leur convergence de vues sur le développement à la base qui privilégie l’implication effective des populations bénéficiaires.