Un unique camion ne peut venir à bout de l’amoncellement de détritus qui déborde alentours
Les habitants de la Commune IV de Bamako sont furieux de la voir crouler sous les immondices. La commune dispose pourtant de quatre sites de décharge d’ordures : le site du cimetière de Lafiabougou, ceux de "Ladamu", de "Diafarana " et celui situé non loin du lycée Prosper Kamara à Hamdallaye. Ces décharges sont en fait des dépôts de transit mais de nos jours, le transfert des détritus vers le dépôt final est devenu un vrai casse-tête. Du coup, les camions et les charrettes remplis d’ordures sont bloqués, et les devantures des maisons envahies pour une raison simple : il n’y a plus d’enlèvement d’ordures car tous les dépôts de transit sont saturés. La situation apparait encore plus grave au dépôt de transit du cimetière de Lafiabougou tellement plein que les ordures débordent alentours. La décharge a ainsi envahi les abords du cimetière avec les nuisances que cette situation créé et la colère provoquée chez les habitants de la Commune IV. Révoltés, ceux-ci ont exigé une solution rapide et définitive à cette situation. Les ordures n’ont pas été transportées vers le dépôt final car la voirie manque d’argent et d’équipements. Le premier adjoint au maire de la Commune IV, Samuel Diarra, assure que la mairie de la commune avait expliqué aux populations que l’enlèvement des ordures vers les dépôts finaux, relevait des attributions de la mairie du district de Bamako. Celle-ci devait donc mettre du matériel à la disposition de la voirie. Samuel Diarra rappellera que les mairies des 6 communes du district sont chargées, dans le cas d’espèce, du transport des ordures vers les dépôts de transit où à la mairie du district est sensée prendre le relais et finir le boulot. Ce dernier segment du travail n’ayant pu être effectué, la Commune IV s’est employée à trouver un véhicule de ramassage d’ordures et à le remettre à la voirie. C’est ce camion qui charge les ordures du dépôt de transit du cimetière de Lafiabougou pour les convoyer vers le dépôt final situé en dehors de la ville de Bamako. Ce seul véhicule est, évidemment, loin d’être suffisant pour vider le site de transit. Il suffit pour s’en convaincre de voir la longue file d’une cinquantaine de charrettes attendant de déverser leur chargement et de repartir. Ces charretiers font la queue du bord de la route bitumée jusqu’au milieu de la décharge. Dès que le camion s’arrête, ils se précipitent dans l’ordre d’arrivée pour vider leurs ordures dans la benne. Le spectacle est proprement saisissant. Aussitôt chargé, le véhicule s’ébranle pour le dépôt final. Un aller-retour peut durer une heure, une longue heure pour les charretiers qui attendent. " Ce véhicule seul ne peut faire le travail. Il faut nous l’épauler vite avec d’autres véhicules, constate avec de la colère dans la voix, le chef d’équipe de la direction des services urbains voirie et assainissement (DSUVA), Moussa Fofana. Il propose aussi de trouver un endroit approprié pour le dépôt final des ordures, et souhaite que les autorités viennent apprécier la situation sur le terrain. Ce processus actuel est si éreintant pour les charretiers que certains balancent leurs ordures n’importe comment et n’importe où pour se libérer. Au lieu d’équiper les privés pour effectuer le ramassage des ordures, suggère Moussa Fofana, l’État devrait équiper la voirie afin que le travail soit correctement exécuté. L’unique véhicule actuel ne peut faire que 3 à 4 voyages par jour, sans compter les pannes fréquentes qui ralentissent le travail, déplore-t-il. Kadidia Traoré, la coordinatrice du comité de pilotage des déchets urbains et approvisionnement en eau potable (COPIDUC-AEP), confirme que la voirie manque de moyens pour enlever les ordures d’où le faible taux de ramassage des ordures dans la commune. La situation est critique, juge-t-elle, avant d’en appeler aux autorités pour une solution définitive au problème, une solution qui passe nécessairement par l’aménagement de dépôts d’ordures. La collecte des déchets devant les domiciles et leur acheminement sur le dépôt de transit sont confiés à des groupements d’intérêts économiques (GIE). Ceux-ci signent des contrats avec les différentes mairies pour faire le travail. De son côté, la mairie de la Commune IV projette d’aménager et de clôturer le site du cimetière afin d’assainir l’endroit et de calmer les riverains. Cet aménagement coûtera 200 millions de Fcfa que débourseront la mairie de la Commune IV, la mairie du district et des partenaires, notamment la coopération décentralisée Bamako-Angers. Les travaux démarreront en début 2012.