Différentes modifications apportées au projet initial sont à l’origine du gros retard accusé dans les travaux. Mais en fin de compte le résultat est là
Bamako, une petite bourgade fortifiée en 1883, ne cesse de se construire. Les immeubles réalisés par l’architecte Cornillon, le père des premiers plans d’urbanisation de notre capitale, ainsi que les réalisations des gouverneurs coloniaux Terrasson des Fougères et Louveau sont de nos jours de véritables pièces de musée au milieu d’un océan de modernité. Ainsi, le centre-ville construit entre 1906 et 1956 par les différents administrateurs qui se sont succédé durant les 70 ans de la colonisation est devenu étroit et peu fonctionnel. Son engorgement a justifié la création d’un nouveau pôle de concentration de l’administration. La nouvelle Cité administrative a donc été imaginée par les plus hautes autorités du pays pour non seulement décongestionner le centre-ville, mais surtout pour que l’Administration d’État ne soit plus logée à proximité des commerces. La nouvelle Cité administrative est également conçue pour être le prolongement naturel du nouveau centre des affaires (ACI 2000) érigé sur le site de l’ancien aérogare de Bamako et le champ expérimental de l’Institut d’économie rurale (IER), qui lui sert de poumon vert. La Cité administrative de Bamako peut être aussi un nouveau pôle d’attraction de notre capitale, comme l’était l’ancien centre administratif et commercial, qui s’étend du quartier résidentiel du fleuve à Darsalam au pied de la colline de Koulouba. Bâtie sur une superficie de 10 hectares, au bord du fleuve Niger, la nouvelle Cité administrative est l’un des plus grands projets de la sous-région. Elle est le fruit de la coopération fructueuse entre la Grande Jamahirya Arabe Libyenne et notre pays. La Cité est réalisée par une entreprise publique libyenne : General company for construction (GCC) pour un coût total de plus de 43,3 milliards de Fcfa. Elle avait été conçue à l’origine pour un coût de construction de 27 milliards de Fcfa. Les travaux auraient alors dû normalement s’étendre sur 32 mois. Du fait des modifications apportées au projet initial, les travaux ont accusé un gros retard. Le chantier s’est finalement étendu sur 7 ans. Les travaux ont effectivement démarré le 23 septembre 2003. Les modifications ont pour la plupart concerné le bâtiment de la Primature. Pour les bâtiments ministériels, les modifications ont porté sur le système de plafonnage. Le système de staff était prévu au départ, mais à la pratique, il s’est avéré inapproprié à cause de la pose des câbles de l’Intranet et d’autres types d’installation. Le gros du retard a été accusé au niveau de la fondation. La majeure partie des 32 mois initialement prévus a été consommée à ce niveau en raison de l’état marécageux du terrain. Cette complication a conduit à modifier le plan initial et les coûts. La profondeur de la fondation atteint par endroits 6 mètres. En outre, le sous-sol du site regorgeait p d’eau, ralentissant la progression normale des travaux. Ainsi, à cause de l’abondance de la nappe phréatique, l’entreprise a été obligée de faire recours à une qualité spéciale de ciment : CHF. Il est techniquement utilisé dans la construction des ponts. Mais ces difficultés sont à présent résolues. À la date d’aujourd’hui, l’on travaille à la finition. Durant la phase de gros œuvres, le chantier offrait quotidiennement du travail à 1400 employés (ingénieurs, ouvriers et manœuvres). Actuellement, 600 personnes (ingénieurs et ouvriers qualifiés) sont employées pour les travaux de finition. Une dizaine d’entreprises, recrutées soit sur place, dans la sous-région et même au-delà, ont travaillé ou travaillent encore sur le projet en sous-traitance. La nouvelle cité va offrir aux futurs locataires un cadre idéal et convivial de travail. Elle va aussi embellir notre capitale. Cette concentration aura pour avantage de faciliter l’accès des usagers aux différents services de l’administration publique. La proximité d’une part avec le pôle des affaires dans la zone ACI 2000 et d’autre part entre les différents départements ministériels aura non seulement l’avantage de diminuer les contraintes liées au temps et aux frais de transport pour les usagers. Elle permettra d’améliorer l’efficacité et la modernité des services publics et la communication entre les différents ministères.
****
UN SYSTEME MODERNE DE GESTION DES EAUX USEES
L’une des préoccupations des autorités communales de Bamako est le traitement des eaux usées. À la nouvelle Cité administrative de Bamako, l’entreprise libyenne GCC a trouvé la solution. Elle a réalisé sur le site une mini-station d’épuration des eaux usées d’une capacité nominale de 400 m3 d’eau par jour. L’ouvrage est équipé d’un matériel ultramoderne. Il a été réalisé par une entreprise marocaine, la "Société Omnium de l’Eau Pure ». Il comprend 9 citernes enfouies dans le sol. Le traitement se fait en deux temps. Le traitement primaire consiste à enlever les déchets solides et le second, biologique lui, débarrasse l’eau des déchets organiques. L’eau traitée est pure mais impropre à la consommation humaine. Au départ, il était prévu qu’elle serve à l’arrosage des plantes, fleurs et gazon de la cité. Mais, il s’est avéré dans la pratique qu’il y a des risques que des personnes non averties s’en servent pour des ablutions ou tout autre usage domestique. Ainsi, il a été décidé de la rejeter dans le fleuve. Déjà toutes les installations ont été faites dans ce sens. Une équipe de techniciens sera recrutée et formée pour tenir le laboratoire et assurer la maintenance du matériel.