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PostHeaderIcon Vœux du corps diplomatique musulman : LA REFORME CONSTITUTIONNELLE S’INVITE À LA FÊTE DE L’AÏD

Le Mali a célébré mardi la fête du Ramadan à l’instar de plusieurs autres pays musulmans. Après la prière à la Grande Mosquée de Bamako, le président Amadou Toumani Touré a reçu au Palais de Koulouba les vœux du Premier ministre, Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, des membres du gouvernement et du président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, avant de recevoir les ambassadeurs des pays musulmans accrédités dans notre pays.

Vœux du corps diplomatique musulman : LA REFORME CONSTITUTIONNELLE S’INVITE À LA FÊTE DE L’AÏD

La délégation des diplomates était conduite par le doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur de Palestine au Mali Abderhamane Abou Rabat. Amadou Toumani Touré a évoqué avec ses hôtes la réforme constitutionnelle annoncée ainsi que les prochaines consultations électorales. Il a développé les motivations et les attentes de notre peuple vis-à-vis de ces différents chantiers. Ce dernier trimestre de 2011 sera exclusivement consacré à l’établissement d’une liste électorale consensuelle tirée du Race, a-t-il confirmé. "Bien sûr l’idéal aurait été d’organiser les élections sur la base d’un fichier issu du RAVEC. D’ailleurs, nous avons consacré beaucoup de ressources pour cela. Mais, nous avons été butés à des difficultés objectives issues de la réalité du terrain, qui ont retardé les échéances. C’est pourquoi, nous avons finalement opté pour le fichier issu du Race. On sait que ce choix n’est pas partagé par tous les acteurs, mais il faut faire avec. Et, nous allons nous atteler à l’élaboration d’une liste consensuelle. Ce débat me rappelle les élections de 1992, où nous avons fait des recensements avec les cahiers d’écolier pour compléter les quelques listes qui n’ont pas été brûlées pendant les événements", a expliqué Amadou Toumani Touré. Sur son intérêt à conduire cette réforme, le chef de l’État a indiqué : "Je ne suis pas intéressé par un troisième mandat. Je veux aller me repose à la maison. Mais, je suis éclairé par la pratique qui m’a enseigné que la Constitution actuelle contient de nombreuses lacunes qu’il faut corriger. Le supposé empereur qu’on fabrique ne sera pas moi. Je mènerais cette réforme pour mon successeur et à ma postérité. Avant moi, le président Alpha Oumar Konaré a lui aussi été buté aux mêmes difficultés que j’ai connues. C’est pourquoi, il a voulu, le premier, effectuer la réforme, il n’a simplement pas eu le temps de la poursuivre. Amadou Toumani Touré s’est dit convaincu de la pertinence d’une réforme qui s’impose pour être conforme à nos engagements communautaires dans l’Uemoa. Ces derniers exigent des pays membres de l’Union, la création d’une Cour des comptes. Mais au-delà, a précisé le président Touré, l’actuelle constitution contient plusieurs autres insuffisances. "Arrivé aux affaires en tant que candidat indépendant et ayant réussi à unir dans un même gouvernement l’opposition et la majorité pour une gestion consensuelle du pouvoir, je suis le mieux placé pour conduire cette réforme. Puisque je ne suis pas intéressé", a indiqué le chef de l’État avant d’annoncer la tenue du référendum en 2012. Le président Touré a toutefois précisé aux diplomates que l’actuelle constitution restera en vigueur jusqu’à l’investiture de son successeur. C’est celui-ci qui aura la lourde responsabilité de la mettre en œuvre.