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PostHeaderIcon Assises : LE BÉNÉFICE DU DOUTE

Accusée de tentative d’infanticide, la jeune femme, faute de preuves suffisantes, a été acquittée

Assises : LE BÉNÉFICE DU DOUTE

Les audiences de la session de la cour d’assises se suivent et ne ressemblent pas à la cour d’appel de Bamako. Celle de vendredi dernier a duré toute la journée. Quatre affaires étaient inscrites au rôle journalier. Cette pléthore présageait des débats longs, voire très longs. La cour avait examiné une affaire de faux et usage de faux, une affaire de coups mortels, une tentative d’infanticide, une affaire de viol. Les mises en cause dans les affaires de viol (Amady Bah) et de faux et usage de faux (Bandiougou Sangaré) ont fait faux-bond à la cour. Ils ont été condamnés par contumace respectivement à 20 et 120 ans de réclusion criminelle. Une seule affaire a été vidée en notre présence. Elle opposait le ministère public à Altiné Guindo prévenue de tentative d’infanticide. Le débat était très animé entre le ministère public dont le banc était occupé par Mme Diarra Fatimata Sidibé. La défense de Altiné Guindo a été assurée par Mes Boubacar Mallet et Alséini Togo. Au cours des débats contradictoires la défense a décelé des failles dans un dossier très mal ficelé. Elle a obtenu l’acquittement pur et simple de la jeune femme. Les faits suivants avaient été reprochés à la jeune femme de 21 ans. L’accusée Altiné Guindo est née à Bankass dans la région de Mopti. Elle est venue dans la capitale Bamako à la recherche de son trousseau de mariage. Cette tradition est bien ancrée dans nos villages et campagnes. Dès son atterrissage dans la ville de Bamako, elle fut engagée comme aide ménagère chez une dame prénommée Korotomou résidant à Guarantiguibougou. Tous les jours, lorsqu’elle finissait son travail, elle retournait chez son oncle B. T. domicilié dans le même quartier pour y passer la nuit. Elle finira par lier amitié avec un certain Philippe Sagara vivant dans la famille de son oncle. Cette amitié finira par se transformer en une idylle que les deux jeunes gens vécurent sans retenue. Les conséquences ne tardèrent pas : Altiné Guindo contracta une grossesse non désirée. La jeune fille entretint son état qui évolua normalement. Elle en parlera à son amant qui resta de marbre. Mais il continua à assouvir ses pulsions sexuelles. "L’Essor" rapporta sous cette même rubrique les liens très intimes qui existaient entre Guindo et Philippe Sagara. Dans la nuit du 04 août 2009, la jeune fille sentit le début des contractions. Malgré la très intense douleur qui accompagnait l’accouchement, elle se garda de faire montre de ses souffrances. Elle attendit le dernier moment pour se rendre dans les toilettes et accoucher. Elle donna vie à un nouveau-né qu’elle jeta dans la fosse septique. L’arrêt de renvoi de mise en accusation et de renvoi en cour d’assises n°97 du 18/05/2010 rapporte que le lendemain, vers 09 heures, lorsque la fille de la patronne d’Altiné Guindo a voulu entrer dans les toilettes pour des besoins naturels, elle entendit le cri du nouveau-né. Elle alerta à l’instant tous les autres membres de la famille. Un jeune homme qui passait par-là put extraire le bébé des ténèbres de la fosse septique. L’innocent sera alors transporté à l’hôpital pour recevoir des soins avant d’être déposé à la pouponnière. DANS LA FOSSE SEPTIQUE. Interrogée après l’extraction du bébé par la fille de sa patronne, Altiné aurait reconnu les faits. Elle aurait même argué qu’elle ne voulait pas que son fiancé sache qu’elle a eu un enfant avec l’oncle de son fiancé. Cette information n’a pu être corroborée devant le magistrat instructeur qui n’a ni écouté l’oncle de la fille, B. T. encore moins la fille qui aurait découvert le nouveau-né dans la fosse septique, ni la mère de celle-ci. Toutes ces personnes auraient dues être entendues ont soutenu les avocats de la défense avant de conclure que le dossier est vide. <> fera remarquer Me Boubacar Mallet. Et Me Togo d’enfoncer le clou : <> Mme Diarra Fatimata Sidibé sûrement excédée par une utilisation abusive du conditionnel par les avocats rétorquera, <>. <>. <>, insista Mme Sidibé La question du doute sur la maternité de la femme a pourri les débats et a fini par gagner tous les esprits présents dans la salle Boubacar Sidibé de la cour d’appel. D’abord le doute persistait sur l’identité de la mère du bébé retrouvé. Altiné est-elle vraiment sa vraie mère ? Ce lien n’a pu être prouvé tant à l’enquête préliminaire lors de laquelle la jeune femme a affirmé avoir subi pour lui arracher des aveux, ni devant le juge d’instruction qui s’est limité pratiquement à l’enquête policière. Le bébé a été secouru par un passant qui l’aurait sorti en le retirant de la fosse septique par les oreilles. Est-ce un lapin, a ironisé un avocat, pendant la suspension de l’audience ? Bref c’était vraiment un dossier mal ficelé qui a gêné le ministère public et beaucoup de praticiens de droit présents dans la salle. La cour dans sa sagesse a accordé le bénéfice du doute à l’accusée. Elle a été purement et simplement acquittée.

****** Accident de la circulation : UN ÉLÈVE TUÉ SUR LA ROUTE DE GARANTIGUIBOUGOU

Le système de freinage a lâché et le camion est monté sur un jeune homme arrêté au borde de la route

Un mastodonte transportant du sable a tué un écolier, jeudi dernier, aux enivrons de 8h15 minutes. L’accident a eu lieu au niveau de l’intersection de l’autoroute Kalabancoro-Garantiguibougou. Le camion arrivait de Kabala chargé de sable et se rendait à Faladié. Après avoir dévalé la côte du quartier dit "le Golfe", le véhicule descendait vers le feu tricolore. Il a tenté en vain de freiner. Mais le système de blocage des roues a fait défaut. Le camion a percuté de plein fouet deux motocyclistes et un autre véhicule qui observaient tous deux l’arrêt au feu rouge. Le camion benne a ensuite traîné le corps d’un jeune homme et son engin. La machine sans contrôle a ensuite cogné un “ Sotrama”. Selon les témoins, le mastodonte roulait à grande vitesse. Une autre personne, n’a eu son salut que grâce à l’agilité de ses jambes et au réflexe d’abandonner sa moto. Le défunt n’a pas vu le camion arriver. Il a été écrasé. La tête de l’élève a été broyée et sa cervelle dispersée sur la chaussée. Le conducteur du camion a continué sa course comme si de rien n’était. Il a fallu les cris des témoins et l’arrivée d’un policier pour mettre la main sur le conducteur, à environ 400 m du lieu de l’accident. Le chauffeur avait tenté de fuir, mais le véhicule avait été immobilisé parce que la moto de la victime avait glissé sous le camion. Cet élément encombrant avait crevé les deux pneus arrière. La foule en colère a voulu rendre justice. Mais la police du 11e arrondissement est arrivée à temps. Elle a sauvé le conducteur et son apprenti chauffeur du lynchage. Bambo KEITA