Il peut empêcher les cultures de boucler leur cycle
Dans l’après midi de jeudi dernier, le 29 septembre dernier le ciel s’est assombri brusquement sur Bamako. Les rafales d’un vent si violent ont balayé la ville. Certaines branches d’arbres ont été littéralement arrachées. Ce climat rappelle des régions désertiques comme Tombouctou, Gao ou encore Kidal. Encore une fois, la pluie a manqué le rendez-vous. La rareté des pluies inquiète de plus en plus le monde paysan. Le spectre d’une mauvaise production céréalière plane sur notre pays. A moins que les pluies ne reprennent rapidement. En effet, au cours de son cycle, une plante peut subir des stress hydriques, dont les effets sur le rendement sont plus ou moins importants selon l’époque à laquelle, ils se produisent et selon les cultures. Les spécialistes sont d’accord sur le fait que le maïs est très sensible au stress hydrique, durant les 30 à 40 premiers jours, alors que le coton sera plus sensible en fin de cycle. Un arrêt précoce des pluies peut empêcher les cultures de boucler leur cycle. Les cultures pluviales peuvent avoir une mauvaise alimentation hydrique du fait d’un régime pluviométrique caractérisé par une grande variabilité temporelle. Une mauvaise répartition au cours de la saison des pluies peut entraîner de sérieuses difficultés d’érosion quand les sols sont nus. L’issue globale de la saison des pluies 2011 au Sahel apparaît encore incertaine, a analysé le Comité permanent Inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), dont le siège est basé à Ouagadougou. Selon cet organisme régional, qui regroupe neuf pays sahéliens, allant du Cap Vert au Tchad, le résultat de la saison pluvieuse, dépendra fortement du caractère précoce ou tardif de l’arrêt de la saison des pluies. En cas de poursuite des pluies au mois d’octobre, ce que les prévisions saisonnières actuelles n’excluent pas pour certaines parties du Sahel, la campagne agricole pourrait être globalement équivalente à la moyenne. Le Cilss indique que l’état actuel des océans n’est pas favorable à une saison des pluies homogène au Sahel et en Afrique de l’Ouest, et accroît l’incertitude de la prévision saisonnière. L’évolution de la situation pluviométrique actuelle est assez hétérogène avec des zones, localement excédentaires, provoquant parfois des inondations et des zones à déficits pluviométriques marqués. Cette situation crée au plan agricole des stress hydriques importants, analysera l’Organisme régional. La mise à jour des prévisions saisonnières hydro-pluviométriques de la saison 2011, en Afrique de l’Ouest, indique qu’il est attendu des conditions pluviométriques globalement normales à déficitaires pour la partie Ouest. Cette analyse concerne une majeure partie des pays comme le Sénégal, la Gambie, le Mali, la Mauritanie et la Guinée-Bissau. Une situation globalement moyenne à excédentaire est prévue pour une partie du Tchad, le nord du Burkina-Faso, l’Est du Niger. Notre pays risque de connaître une pluviométrie déficitaire entraînant beaucoup de stress sur les cultures. Pourtant le groupe de travail pluridisciplinaire d’assistance météorologique de notre pays a clairement laissé entendre dans son dernier bulletin décadaire que « les conditions actuelles et celles attendues devront permettre le développement normal des cultures dans les principales zones agricoles du pays » La pluviométrie enregistrée dans les prochains jours éclairera les lanternes.
******
Agriculture : GRAND RETOUR DE LA NOIX DE CAJOU AFRICAINE SUR LE MARCHé MONDIAL
L’Afrique a toute sa place à prendre sur le marché des noix, en particulier des noix de cajou, de pécan et de macadamia. Un marché qui connaît une forte croissance grâce à la hausse de la demande en Asie et au Moyen-Orient. Dans ce contexte, l’Afrique peut devenir un acteur majeur, non seulement dans la production de ces fruits secs, mais dans leur transformation. Le continent africain fournit déjà 38% de la production de noix de cajou, mais seulement 10% des noix transformées. Aujourd’hui, de nombreux producteurs africains se rassemblent et développent de véritables filières de transformation. Ils contribuent, ainsi activement, à la diversification de l’agriculture africaine en lui ouvrant des perspectives de développement. Sur le plan alimentaire, le marché de la noix de cajou est d’autant plus important qu’elle est la 3e « noix » la plus consommée dans le monde, après l’amande et la noix de noyer. De 70% dans les années 70, l’Afrique est tombée à 30% de la production mondiale dans les années 2000 en raison de la percée de l’Inde et du Viêtnam, les actuels leaders du secteur. l’Inde est ainsi devenue le premier producteur mondial, le premier transformateur et le premier exportateur mondial de cette noix. L’Afrique, après des années de crises, connaît une véritable renaissance de ses plantations, surtout au Kenya et en Tanzanie. Mais le continent africain exporte à l’état brut sa production : 90% de la production, soit 350 000 tonnes, partent donc chaque année vers l’Inde, où les noix y sont décortiquées avant de repartir vers les États-Unis, premiers importateurs au monde et en Europe. Il en résulte un manque à gagner considérable pour les pays africains dans ce processus. Car, en exportant toute cette quantité de noix vers l’Inde qui en assure la transformation, elle perd le contrôle de la mise en marché du produit final ce qui implique une perte sèche estimée à 50 millions de dollars (24 milliards Fcfa) annuels. Le principal enjeu pour les pays producteurs africains est désormais d’implanter des unités locales de transformation afin de permettre aux industriels locaux de maîtriser leur coût de production, les prix sur le marché international et le volume de commandes de leurs clients. Des initiatives allant dans ce sens voient le jour aujourd’hui notamment en Afrique de l’Ouest. Une quinzaine de pays producteurs africains, réunis au sein de l’Alliance africaine des producteurs de noix de cajou, ont lancé de nouvelles pistes pour le développement de la filière. On compte, dans les différentes actions, la mise sur pied de véritables plans d’affaires et surtout des changements techniques et technologiques en vue d’améliorer l’efficacité et la productivité des entreprises. L’exemple du Bénin, 5e producteur mondial, est intéressant à cet égard. Depuis le début des années 2000, Porto-Novo a multiplié les initiatives dans la filière cajou et les résultats sont encourageants : le pays engrange chaque année entre 15 à 20 milliards de francs CFA de revenus d’exportation. Les producteurs africains misent également sur le développement d’une véritable filière bio qui représente une valeur ajoutée non négligeable sur le marché international. La noix de pécan connaît une augmentation graduelle de la production en Afrique du Sud et au Zimbabwe. Quant à la noix de macadamia, elle sort de son fief sud-africain pour s’étendre peu à peu du Zimbabwe au Kenya en passant par le Mozambique et le Rwanda. Il faut bien entendu attendre plusieurs années avant d’obtenir des fruits. L’augmentation de l’offre ne se fera vraiment sentir que dans quelques années.
Source Afrique.avenir