La filière souffre d’un manque d’accompagnement du gouvernement et de l’insuffisance d’organisation des producteurs
La culture de l’arachide fait partie de l’activité traditionnelle agricole. C’est une agriculture généralement familiale au Mali. Elle est entreprise quand la quantité de pluie est comprise entre les isohyètes 400 à 1200 mm par an. Elle est pratiquée sur environ 180 000 ha. Au cours de la dernière décennie, les superficies cultivées ont augmenté de 23% et les rendements ont atteint un niveau satisfaisant. Actuellement, l’arachide offre des possibilités de diversification culturale dans les zones centre du pays. La production s’accroît dans toutes les zones. Son rythme d’accroissement est toutefois un peu plus rapide dans la zone de Kéniéba, Kita, de Bafoulabé, dans l’ancienne zone d’intervention de l’opération de développement intégré du Kaarta, grâce à un gain de productivité et dans la zone CMDT, par l’extension des superficies. La région de Kayes constitue la principale zone de production de l’arachide avec plus de 130 000 tonnes en 2008-2009. Pour la même année, sa production était de 90 000 tonnes à Sikasso, 82 000, 31 450 tonnes à Ségou et Koulikoro et 17 000 tonnes à Mopti, 480 tonnes à Tombouctou et 500 tonnes à Bamako. On espère enregistrer une augmentation de la productivité dans toutes les zones concernées. Dans notre pays, l’arachide constitue une source importante de revenus pour les agriculteurs et pour les petites unités de transformation en pâte, huile et aliment bétail. Il a été prouvé que l’alternance des cultures était très favorable au maintien des rendements de l’arachide. Le maintien des rendements à un niveau satisfaisant tient plus à une fertilisation judicieuse qu’à des techniques de rotation plus ou moins élaborées. Le semis doit être précoce, dès que l’on a une pluie de 20 à 25 mm ou 2 pluies rapprochées totalisant 30 mm. Les baisses de rendement sont estimées à environ 1% par jour, en cas de semis tardif par rapport à la date optimale. En plus, les semis tardifs sont plus susceptibles aux attaques parasitaires. Cette spéculation, qui est la plus cultivée souffrait du problème de l’alfotoxique. Mais actuellement ce problème est de plus en plus récurrent et n’est plus une source d’inquiétude à sa consommation. Selon le Dr. Lamissa Diakité, agro-economiste-chercheur la production d’arachide résiste toujours dans certains domaines, malgré une tentative de diminution au profit de la culture du coton. L’arachide constitue un marché potentiel d’économie et les superficies de cultures augmentent d’année en année. "C’est une filière économiquement rentable, une filière de vente", a dit le Dr Lamissa Diakité. Mais malheureusement cette filière souffre d’un manque d’accompagnement du gouvernement et de l’insuffisance d’organisation des producteurs, déplore t-il. La production de coton a fait reculer celle de l’arachide. Il s’en est suivi un abandon brusque au profit du coton, qui représente une valeur économique rentable sur le marché international.
COMME ENGRAIS VERT. Le Dr Lamissa Diakité estime que la présence du gouvernement auprès des producteurs d’arachide est une excellente initiative pour sa promotion au vue des demandes de consommation au niveau local, sous-régional et international. Avec une bonne promotion et un accompagnement du gouvernement, l’arachide peut sans doute devancer de très loin le coton et peut même récupérer sa place dans l’exportation des produits maliens. Il faut prendre en compte l’accompagnement du gouvernement avec des subventions, la recherche collective des marchés d’écoulement des produits. L’arachide est maintenant dans le genre alimentaire et se trouve dans tous les plats préparés dans chaque famille malienne. L’agro-éconmiste-chercheur Diakité préconise la valorisation de cette culture en ayant un regard sur la transformation. "L’État doit mettre à la disposition des producteurs tous les moyens nécessaires afin d’accompagner les producteurs pour la vulgarisation et la collecte de fonds pour l’arachide", a-t-il dit avec sourire. L’arachide est utilisée dans l’alimentation humaine décortiquée, fraîche ou grillée. Après la transformation, elle est consommée sous forme d’huile, de beurre ou de pâte ou encore de farine. L’arachide est une culture qui enrichit le sol en azote, elle peut donc être utilisée comme engrais vert dans l’agriculture. Pour ce qui est de l’économie, l’arachide représente la même valeur que celle des cultures sèches. Son apport dans le PIB reste difficile à déterminer dans la mesure, où il n’existe pas de chiffres officiels autour de cette denrée. L’industrie de l’arachide ne se porte pas bien malgré la présence d’une unité de transformation. Les statistiques comprennent les besoins en semences soit 60 kg de graines à l’hectare et la consommation d’arachide qui est de 2 kg par habitant et par an, selon l’enquête malienne sur la pauvreté avec un rendement d’huile de l’arachide de 40% du poids de la graine. La même source indique qu’au décorticage l’arachide coque donne 70% de graines et 30% de graine. La graine produite en 2009-2010 est de 241 976 et au finish 193 350 graines disponibles dont 77 340 productions d’huile. Le total d’huile raffinée d’arachide obtenue des usines HUICOMA de Koutiala, Koulikoro et Kita est de 34 490 tonnes d’huile pour une quantité de 102 500 tonnes de graines d’arachides. La matière grasse de l’arachide, estimée à 45% pour un rendement de 40%, est nettement plus élevée que celle du coton. Selon Salif Sangaré de la division statistique de la direction nationale de l’agriculture la quantité de graines d’arachide mises en oeuvre dans les différentes unités industrielles de notre pays se chiffrent à 240 000 tonnes par an.