« Le tourisme au Mali va mal et même très mal. Pourtant, voilà un secteur qui contribuait de manière significative à l’essor économique de notre pays ».
Le cri du cœur est de Tiémoko Dembélé, promoteur de Bambara-Afrique-Tours. Celui-ci se souvient avec nostalgie, des moments fastes du tourisme en 2007, année où plus de 200 000 touristes avaient visité le pays. Le secteur avait alors généré des recettes estimées à plus de 190 milliards de Fcfa et entretenait environ 17 000 emplois. Aujourd’hui, c’est l’asphyxie pour l’activité. Face à la situation, les pouvoirs publics ont pris différentes mesures comme la mise en place d’un dispositif sécuritaire conséquent, afin d’assurer aux visiteurs des conditions de séjour sécurisées. Pour le patron de Bambara Afrique Tours, le Mali est victime d’un lynchage médiatique de la presse occidentale, suite il est vrai à de réels actes crapuleux de banditisme se traduisant par des prises d’otages. Des actes d’ailleurs unanimement condamnés par toutes les composantes de la société malienne. Cependant, malgré la bonne volonté des autorités maliennes, notre pays reste victime, de son point de vue, d’une « conspiration de la part d’une certaine presse occidentale » qui dissuade les touristes pour ne plus se rendre au Nord-Mali. « Or, nous avons vu des attentats anti-occidentaux plus tragiques dans d’autres pays d’Afrique. Mais les pays où se sont déroulés ces actes n’ont pas subi le même acharnement que le Mali », constate notre interlocuteur. Ce traitement de deux poids, deux mesures, a malheureusement porté un coup dur au tourisme malien. Tiémoko Dembélé explique que son agence entend désormais s’ouvrir à d’autres destinations comme l’Amérique Latine, l’Afrique du Sud et les pays de la sous-région. Le promoteur de Bambara-Afrique Tours évolue dans le milieu touristique depuis en 1996 avec Bambara-Afrique Tours, agence de voyage et de tourisme. A partir des années 2000, l’agence a pris l’appellation « Bambara Groupe » qui comprend la société mère qu’est Bambara-Afrique-Tours, l’hôtel Kanaga, l’hôtel « le Cheval blanc » de Bandiagara, et le Lagon de Bamako sur la route de Koulikoro. Le groupe est un réceptif global travaillant en tant qu’agence de tourisme. Il exerce en même temps comme compagnie de transport touristique. Ainsi, « Bambara Groupe » met à la disposition de sa clientèle une variété de véhicules comme des bus, des 4x4, de petites voitures et des pinasses basées à Mopti. Le groupe couvre l’ensemble des prestations touristiques depuis le guide-accompagnateur jusqu’à l’hébergement. Dans le cadre de la diversification de ses activités, le Lagon est considéré aujourd’hui comme un pionnier en matière de restauration et de loisirs à Bamako où des espaces sont constamment ouverts aux mariages, séminaires, banquets, déjeuners ou dîners d’affaire. Le malaise dans le secteur dure déjà plus de trois ans. L’agence Bambara-Afrique-Tour, considérée comme l’un des poids lourds du secteur a donc décidé de prospecter d’autres cieux. D’autres qui n’ont pas une surface aussi grande que le groupe de Tiémoko Dembélé sont obligés de prendre leur mal en patience. Nombre d’hôtels se consacrent tout juste à accueillir les séminaires organisés par les ONG et quelques réservations de missions ministérielles.