La femme enceinte, celle qui allaite ou connaît ses menstrues peut s’abstenir de jeûner
Le mois de Ramadan est un mois sacré du calendrier lunaire musulman. Durant cette période, il est prescrit aux croyantes et aux croyants pubères, conscients et en bonne santé, de jeûner de l’aube au coucher de soleil. C’est un moment privilégié pour un croyant pratiquant. La période de jeûne est une occasion plus intense, propice à l’introspection, à l’adoration du Créateur de l’univers, à l’apprentissage et à la transmission de la religion, aux bonnes œuvres. Le jeûne est l’un des cinq piliers de l’islam. Il est obligatoire pour tout musulman en bonne santé. Cependant, les malades, les voyageurs, les femmes enceintes, celles qui allaitent, celles qui ont leurs menstrues peuvent s’abstenir de jeûner. Les jours sautés doivent se rattraper avant le prochain Ramadan. La femme enceinte ou qui allaite son enfant, craint que le jeûne lui nuise. La majorité des savants sont d’avis qu’elle peut ne pas jeûner, à condition qu’elle rattrape les jours de jeûne manqués. Elle se trouve alors dans une situation similaire à celle d’une personne malade. Les savants sont unanimes. La femme enceinte ou allaitant son enfant appréhende que le jeûne nuise à son embryon ou au nouveau-né. Elle est autorisée à ne pas jeûner dans ce cas. Mais les avis divergent concernant le mode de rattraper plus tard les jours manqués. Faut-il jeûner le nombre de jours manqués après le Ramadan ? Faut-il nourrir un pauvre pour chaque jour manqué ? Faut-il cumuler les deux solutions : jeûner le nombre de jours sautés et nourrir en même temps un pauvre chaque jour ? Ibn Oumar et Ibn Abbâs affirment que la musulmane empêchée doit nourrir un pauvre pour chaque jour manqué. La majorité des savants avancent qu’elle doit rattraper les jours manqués et d’autres maintiennent qu’elle doit faire les deux. Il semblerait que le fait de nourrir un pauvre soit suffisant pour une femme enceinte ou qui allaite constamment, de sorte qu’elle n’a pas eu l’opportunité de rattraper ses jours. Ceci peut concerner une femme qui est enceinte une année, puis allaite son enfant l’année suivante, puis est de nouveau enceinte l’année d’après. Elle est donc dans l’incapacité de rattraper les jours où elle s’est abstenue de jeûner. S’il lui est demandé de rattraper tous ces jours, il lui faudra jeûner sans cesse durant plusieurs mois, chose qui est difficile. Allah ne demande pas à ses serviteurs de souffrir de la privation. Dans un hadith rapporté par an-Nassaï (2274) d’après Anas, le Prophète Mohamed (bénédiction et salut soit sur lui) assimile la femme enceinte et celle qui allaite au voyageur. Celui-ci est autorisé à s’abstenir du jeûne du Ramadan pour le rattraper plus tard. Aussi, devrait-il en être de même pour la femme enceinte et celle qui allaite (Voir Ahkam al-Quran d’al-Djassas). La femme enceinte et celle qui allaite sont également assimilées au malade. Madjmou al-Fatawa (15/225), cheikh Ibn Baz dit : “La femme enceinte et celle qui allaite sont assimilées au malade ; si le jeûne leur est pénible, elles peuvent s’en abstenir, quitte à l’observer plus tard, quand elles en seront capables, comme le ferait le malade. Certains ulémas soutiennent qu’elles peuvent se contenter de nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné. Cet avis est faible et laisse à désirer. Ce qui est juste, c’est qu’elles doivent effectuer un jeûne de rattrapage à l’instar du voyageur et du malade en vertu de la parole du Très Haut : “Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d’autres jours.” (Coran, 2 : 184). e doit observer le jeûne pendant sa grossesse à moins qu’elle ne craigne que le jeûne ne lui porte préjudice ou ne porte préjudice à son enfant. Les oulémas sont également unanimes sur le fait que les femmes enceintes ou celles qui allaitent doivent rattraper les jours manqués avant le prochain ramadan. Cependant elles peuvent le faire à leur rythme. C’est-à-dire qu’elles ne sont pas obligées de jeûner un mois d’affilé, comme durant le mois sacré. Cette disposition est valable aussi pour celles qui ont eu leurs menstrues. Il est à noter à cet égard, que lorsqu’une femme qui a jeûné pendant la majeure partie de la journée vient à être submergée par ses menstrues avant la rupture, cette journée est considérée pour elle comme une journée perdue. Elle devra par conséquent rattraper ce jour manqué après le ramadan. Cependant certaines femmes utilisent des contraceptifs pour ne pas être indisposée durant le mois. Cet acte est considéré comme blâmable dans les principes. Car les menstrues relèvent d’un phénomène naturel que l’on ne doit pas entraver.