En l’absence de preuves matérielles, Ousmane Dembélé cité dans la mort de Youssouf Dembélé dit Kolodougou planteur a été relaxé
Il y a avait foule le jeudi dernier dans la salle B de la cour d’appel de Bamako où se déroule une partie des audiences de la présente session les assises. En plus de simples curieux, on notait un important dispositif de sécurité et une mobilisation peu ordinaire de la presse nationale. Le parti SADI avait également fait circuler un document dans lequel il dénonçait ce qu’il appelle le harcèlement de ces militants dont l’un Ousmane Dembélé était à la barre pour parricide. La raison de cette mobilisation ? L’affaire qui avait défrayé la chronique en 2007 était programmée. Mais comme on le dit souvent à l’arrivée, la justice a été rendue et le prévenu a purement et simplement été acquitté pour faute de preuves suffisantes. Les faits remontent au dimanche 12 août 2007. Au petit matin, Youssouf Dembélé dit Kolodougou planteur et secrétaire à la communication du parti Sadi (section de Niono est trouvé mort dans son verger à Kolodougou-coura, commune de Niono. L’examen du corps a révélé des indices laissaient croire à une origine criminelle. Des investigations furent aussitôt entreprises par les services de la police judiciaire mais elles ne permirent d’identifier le ou les auteurs. Le certificat médical établi par le docteur Diarra Moussa, 48 heures plus tard révèle sur le corps de la victime « facture des deux os (radius et cubitus), plaie profonde de 2 cm environ à l’extrémité inférieure du bras gauche, plaie de 1 cm environ derrière le pavillon de l’oreille gauche, écorchure de la joue gauche, des hématomes au niveau temporal droit et maxillaire supérieur droit, plaie de 1 cm environ au niveau de l’épaule droite, deux plaies respectivement de 1 et 10 cm environ profond jusqu’au crâne sans fracture à la nuque ». Le décès est consécutif à une hémorragie dans la boîte crânienne, suite à des coups reçus probablement par bâton, machette ou toute autre arme tranchante. Le juge d’instruction de Niono avait alors ouvert une information judiciaire contre X et avait inculpé Ousmane Dembélé, fils unique de la victime pour parricide, puis à celle de Alpha Diénépo pour complicité de ce crime. Interpellé, Ousmane Dembélé nia dans un premier temps les faits, déclarant n’en être pour rien et soutenant être victime à la fois de la perte d’un être cher et d’un acharnement des autorités judiciaires. Plus tard, au cours de l’information, confondu par un faisceau d’indices, manifestement graves et concordants, et les dépositions révélatrices de certains témoins, il reconnaissait seulement avoir aidé et assisté Alpha Diénépo responsable du parti SADI à Niono et camarade militant de son père dans les faits. Cela contre la somme 20.000.000 Fcfa que Alpha Diénépo avait promis de lui payer dès la réalisation du projet criminel. Il lui aurait offert également un téléphone portable, afin de l’informer en temps réel de la position de la victime. Ousmane expliquait que les relations de son père avec Alpha Diénépo étaient faites de confiance et d’estime réciproques, mais que depuis la démission de celui-ci du SADI au profit de l’alliance ADEMA-URD-Mouvement citoyen la veille des élections législatives, c’était le divorce idéologique. Leurs relations avaient sombré dans une adversité totale. Cette déclaration était confortée par la déposition de sa sœur Djénéba Dembélé. Ce qui dut motiver l’inculpation de Djénépo. Malgré ses dénégations systématiques, il fut placé sous mandat de dépôt. La nouvelle de cette arrestation suscita des sensations sulfureuses dans la classe politique de Niono. Certains de ses anciens camarades du SADI s’allièrent tandis que d’autres, ses nouveaux alliés, jetaient l’opprobre sur le juge d’instruction, trouvant l’arrestation injuste, impertinente et partisane. Alors que l’information était suivie contre Alpha Diénépo, contre toute attente, ses dénonciateurs s’étaient rétractés, confessant l’un après l’autre, l’avoir faussement accusé alors qu’en réalité il n’était pour rien dans les instructions de Hamidou dit Binké Fomba, animateur en langue nationale bambara à la radio Kayira-FM de Niono, arguant de la promesse ferme que l’animateur leur aurait faite de faire immédiatement libérer Ousmane Dembélé, en contrepartie de la dénonciation mensongère. Hamidou dit Binkè Fomba fut poursuivi, arrêté et écroué pour faux témoignages. Les militants de SADI en furent offusqués, voyant en cette arrestation une astuce tendant à occulter la vérité sur les circonstances exactes de la mort de Youssouf Dembélé. L’affaire commerçait à prendre dès lors les allures d’une bataille politicienne. Ils multiplièrent les communiqués radio diffusés incitant à l’insurrection populaire pour exiger la libération de leur animateur choc. Dans ces conditions, devant l’imminence de troubles à l’ordre public et en vue de garantir au juge la quiétude et la sérénité nécessaires pour l’instruction d’un tel dossier, le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, la chambre d’accusation de cette cour, par arrêt n° 260 du 13 novembre 2007 dessaisissait le juge d’instruction de Niono et désignait celui de Bla pour continuer l’information. Interrogé à nouveau et même confronté avec Bourama Dembélé et Salimata Tangara, respectivement frère et veuve de la victime, Ousmane Dembélé persista dans ses dénégations. Il tenta même de brouiller les pistes de l’enquête en attribuant un mobile politique à l’assassinat de Kolondougou Planteur, arguant que celui-ci s’était fait beaucoup d’ennemis dans la sphère politique à Niono. Il insinuait ainsi que le mobile du crime serait à rechercher dans une querelle ancienne qui l’avait opposé à son frère Bakary Dembélé en 2003. De l’examen du dossier il ressort que l’inculpation de Alpha Diénépo a été motivée surtout par la déclaration d’Ousmane Dembélé faite lors de son interrogation du 25 octobre 2007, et selon laquelle il a agi sur les instigations de cet homme. Dans une autre déclaration, notamment celle datant du 1er novembre 2007, il reconnaissait avoir faussement accusé Diénépo tout comme Hamidou Fomba qui confessait avoir inventé toutes ces charges contre lui dans un dessein de vengeance. Les multiples investigations menées au prix d’intenses efforts, tant à l’enquête préliminaire qu’à l’information n’ont permis de relever le moindre indice matériel susceptible d’étayer cette inculpation, surtout que l’inculpé a toujours nié les faits. En l’état de la procédure aucun élément du dossier n’autorise son maintien dans les liens de l’inculpation, d’où il convient de mettre Alpha Diénépo hors de cause, l’information n’ayant établi aucune charge contre lui. En conséquence, le non lieu à suivre au profit de Alpha est justifié. Ousmane Dembélé nie toute implication dans les faits. Cette négation lui a valu d’être relaxé.
LA MAUVAISE VENGEANCE DU COCUFIÉ
Me Moussa Keita s’est battu comme un beau diable et il peut être content d’avoir obtenu des circonstances atténuantes pour son client prévenu pour l’assassinat de l’amant de sa femme. Zeiny Bah a écopé de 10 ans de réclusion criminelle et 5 millions de Fcfa à verser au père de sa victime Zeiny Bah est le fiancé de Youmata Bah. Il partit à l’aventure juste après leurs fiançailles et y resta pendant deux ans. Entre temps, Madou Diarra qui travaillait chez le beau père de Zeiny Bah noua une relation amoureuse avec Youmata. Cette dernière tomba enceinte et accoucha d’une fille. A son retour, Zeiny Bah célébra son mariage et sa femme aménagea chez lui. Il n’ignorait cependant pas que sa fiancée vivait en son absence avec Madou Diarra et que de cette relation une fille était est née. Zeiny ne cessait de nourrir de mauvaises intentions contre Madou Diarra qu’il n’avait pas vu auparavant. Il savait seulement qu’il est le plus gros des deux Diarra qui travaillaient chez son beau-père. C’est ainsi que dans la nuit du 29 au 30 novembre 2007 vers zéro heure, il fit irruption dans la case des Diarra et au moment où Madou Diarra leva la tête pour essayer d’identifier l’intrus, il reçut successivement deux coups sur la tête. Madou Diarra finit par succomber à ses blessures. Interpellé tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur Zeiny Bah a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés. A la barre aussi il ne les nia point arguant que c’était par ce qu’il était devenu la risée de tout le monde peul. Et qu’il avait commis ce crime pour laver son honneur. Avec les dix ans en taule, il aura le temps de bien se rappeler qu’on ne se rend pas justice.