samedi 26 mai 2018

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Sierra Leone: les « mères » de la paix veillent sur les élections

Des jeunes déambulent, derrière des véhicules chargés d’enceintes, qui crachent les tubes du moment en Sierra Leone. Ça chante, ça danse. Souvent, avec une bouteille de la bière locale à la main. Parfois, des effluves de cannabis viennent vous piquer le nez.

En période électorale, ces excès, au vu et au su de tous, sont habituels en Sierra Leone, où le premier tour des élections générales se tient ce mercredi 7 mars 2018. Ils sont d’ailleurs rendus possible par les partis politiques. Ce sont eux qui financent ces « caravanes publicitaires ». Les visages de leurs champions s’affichent sur des drapeaux ou sur les t-shirts portés par des jeunes, recrutés pour faire les groupies électorales. Et plus encore.

Alcool et stupéfiants désinhibent. Quand un « red », partisan du All People’s Congress, le parti au pouvoir, croise un « green », soutien du Sierra Leone People’s Party, principal parti d’opposition, la bagarre est inévitable. Des blessés, parfois graves, sont déjà à déplorer dans le pays d’Afrique de l’Ouest, à cause de ce type de confrontation.

Barbara Sangaré fait partie d’un collectif qui n’a qu’un seul but : lutter contre les violences avant, pendant et après les élections dans les pays africains. Elle est une des coordinatrices internationales de l’organisation « Women’s situation room » (WSR).

« En Afrique, et notamment en Sierra Leone, les jeunes sont utilisés par les partis politiques pour perpétrer des violences » explique Barbara Sangaré. Le collectif a vu le jour grâce à Yvette Chesson-Wureh, une Libérienne à la tête d’une organisation non gouvernementale, qui se bat pour l’autonomisation des femmes. Women’s situation room a justement œuvré pour la première fois au Libéria, lors des élections générales de 2011. L’initiative était soutenue par une célèbre Libérienne : Ellen Johnson-Sirleaf, ancienne présidente du Libéria qui la soutient toujours…

En tout, Women’s situation room a encadré les élections dans huit pays africains. Barbara y agit depuis le début du mouvement. Pour l’organisation, elle s’est rendue au Nigéria, en Ouganda ou encore au Kenya.

« En Afrique, quand il y a des violences en période électorale, les premières visées sont les femmes et les jeunes filles » assure Barbara Sangaré. Des agressions sexuelles, en particulier. « Nous nous assurons que l’environnement soit favorable pour les femmes car s’il y a des violences, nous savons que les femmes n’iront ni voter ni même faire campagne, si elles sont candidates » souligne-t-elle.

Dans les locaux du collectif, le compte à rebours jusqu’aux élections s’affiche sous les yeux de l’équipe. Une équipe plutôt jeune. « Il est important d’impliquer les jeunes dans le processus car nous nous adressons à des jeunes » détaille la militante. « Nous veillons à la parité aussi dans nos équipes » ajoute-t-elle.

AFP

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