Ségou : L’AMBIANCE DE FÊTE S’INSTALLE

La communauté musulmane s’apprête à fêter l’Aïd el fitr, la fête de Ramadan ou «Selifitini» cette semaine. En attendant le jour-J, les préparatifs vont bon train. L’ambiance de la fête, comme un peu partout dans le pays, s’installe à Ségou. Tout le monde sait que la célébration de la fête rime avec les dépenses. En effet, après les dépenses du Ramadan, l’approche de la fête est synonyme de stress supplémentaire. Deux dépenses incontournables se profilent auxquelles très peu de chefs de famille échapperont, l’achat des habits pour les enfants et l’acquisition de la viande de bœuf pour le repas de fête.
A la différence du sacrifice du mouton recommandé lors de la Tabaski, l’achat de la viande de bœuf pour la fête de Ramadan ne fait pourtant l’objet d’aucune prescription dans le Coran. Mais au fil des ans, il s’est installé en tradition dans notre pays. Pour atténuer les dépenses qu’occasionne l’Aïd el fitr, les chefs de famille ont désormais pris l’habitude de s’organiser en groupes. Les amis, les colocataires ou encore les collègues de service se retrouvent ensemble pour se partager les frais d’acquisition des bêtes.
 Ségou, la cité des Balanzans, ne déroge pas à cette règle. Les uns et les autres se réunissent par affinité pour pouvoir acheter le bœuf de la fête.
Nous sommes dans la grande cour de l’ORTM à Ségou, il est 10 heures du matin. Ici on discute des dernières modalités pour l’acquisition d’un bœuf. Les agents de l’ORTM s’organisent avec d’autres amis et collaborateurs pour l’achat du bœuf de la fête. Leur organisation est particulière. Car, on donne la possibilité aux membres de payer la somme due un ou deux mois après la fête. Le principal organisateur, Badrissa Kéita, indique que cette procédure a été choisie pour soulager les uns et les autres. «Il y a plusieurs autres dépenses à faire après le mois de Ramadan. Nous donnons à travers ce moyen la chance à beaucoup d’avoir de la viande le jour de fête sans tracasseries», explique-t-il. Après les discussions, nous voilà au grand «grabal» de Ségou pour le choix du bœuf. Ici le marché est bien fourni, mais le prix des animaux est loin d’être abordable. A l’accueil des clients, Boubacar Doumbia. Il est le représentant de l’association «Bagan Sugu» de Ségou. Nous nous sommes trouvés dans un marchandage serré avec le commerçant. Pour avoir le bœuf choisi par Badri et ses collègues, Boubacar Doumbia demandait de payer environ 350.000 Fcfa. Après un long pourparler, la «bête» choisie a été cédée à 295.000 Fcfa.
Le constat après quelques tours sur les différents points de vente à Ségou est que malgré l’abondance, les prix restent très élevés. En dehors de la vente promotionnelle des bœufs organisée par le ministère de l’Elevage et de la Pêche, pour avoir un bon bœuf à Ségou, il faut débourser entre 225.000 Fcfa voire 500.000 Fcfa à 600.000 Fcfa. «Il y a tous les prix, mais j’avoue que le bœuf qu’on peut acquérir à 150.000 Fcfa ne fait pas vraiment le poids», a lancé M. Doumbia.
Qu’est ce qui explique cette flambée des prix du bœuf en cette période de fête? Boubacar Sangaré pointe du doit la forte demande. Il indique que la fête de Ramadan cette année coïncide avec le début de l’hivernage, les paysans en demandent pour leur labour et il y a ceux qui veulent passer une bonne fête. «Il y a aussi le fait que le Ramadan coïncide avec une période de sécheresse dans de nombreuses contrées. Par conséquent, les pâturages sont maigres et les animaux arrivent très mal nourris. Nous sommes obligés de les aider à gagner en embonpoint pour qu’ils deviennent plus rentables à la vente», ajoute notre interlocuteur.
Autre lieu, autre réalité. Sur le site de vente de bœufs à Pelengana, c’est dans un tohu-bohu indescriptible que vendeurs, acheteurs et intermédiaires se côtoient. Dans ce marché, les marchandages sont très serrés. Et pour cause, beaucoup viennent acheter les bœufs pour approvisionner les marchés de Bamako. Sans détour, Ousmane Sow, l’un des vendeurs nous fait comprendre que pour avoir un bœuf cette année, il faudra débourser une somme conséquente. «Les bœufs sont très chers cette année », répète-t-il. Il attribue cette hausse à l’exportation des animaux et de l’aliment bétail dans les pays voisins. Il indique que le sac de 50 kg de tourteau est cédé à 10.500 Fcfa. Ce prix, soutient-il, va crescendo.
Au marché de bœufs de Pelengana, les clients viennent, mais les ventes sont lentes. La cherté est passée par là. Mais, les vendeurs ne désespèrent point. Car, ils sont sûrs que les deux derniers jours avant la fête, la clientèle sera au rendez-vous.
Bonne fête à tous. Aw Sambé Sambé
Mariam A. TRAORÉ
AMAP-Ségou

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