mardi 23 mai 2017

Route Yanfolila-Kalana : LES TRAVAUX DE BITUMAGE SONT LANCES

Le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga a procédé au lancement des travaux

Long de 52 km, cet axe coûtera au budget national plus de 18 milliards de Fcfa. Les travaux sont confiés à l’entreprise COVEC-Mali

«Quelle angoisse que de voir une ambulance arrêtée à un cours d’eau en crue à cause de l’état de la route, empêchant ainsi le sauvetage d’une femme en travail! ». Cette exclamation du maire de la commune rurale de Guandiaka, Amara Sékou Traoré, illustre à suffisance le calvaire des usagers de la route Yanfolila-Kalana. Ces souffrances seront bientôt de vieux souvenirs car le Premier ministre a lancé, samedi à Kalana, les travaux de construction et de bitumage de cet axe long de 52 km. Sa réalisation coûtera 18 829 021 095 Fcfa au budget national pour un délai d’exécution de 15 mois, hors saison des pluies. Les travaux sont exécutés par l’entreprise COVEC-Mali. La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du gouvernement, des autorités régionales, locales, coutumières et d’une foule nombreuse. Deuxième chainon du tronçon Bougouni-Yanfolila-Kalana-frontière guinéenne, cette route commence au niveau du conseil de cercle de Yanfolila jusqu’à Kalana en passant par les villages de Solona, Malikila, Badogo et Faboula. Ce projet intégrateur s’inscrit dans le cadre du plan d’action 2015-2019 de la Politique nationale des infrastructures de transports et du désenclavement (PNTITD), adoptée par le gouvernement en octobre 2015. Il s’inscrit aussi dans le cadre du financement sur le budget national de cinq projets routiers prioritaires d’un montant global de 123 milliards de Fcfa. « Le rêve de voir cette route bitumée est devenu une réalité grâce au président de la République Ibrahim Boubacar Keïta», a déclaré le Premier ministre avant de saluer l’accueil que lui ont réservé les populations riveraines. «Votre mobilisation est aussi massive que remarquable. Ceci est le témoignage de votre ferme volonté et engagement pour le désenclavement de votre localité, à l’effet de faire de la réalisation de cette route un levier économique, un moyen au service de la réduction de la pauvreté et de l’intégration», a souligné Abdoulaye Idrissa Maïga. Après avoir rappelé que notre pays connaît un réel problème d’enclavement intérieur, il a rassuré que l’amélioration des conditions de vie de nos populations par le désenclavement et les moyens d’y parvenir, constitue des priorités du programme présidentiel. C’est pourquoi, « le gouvernement s’est résolu, depuis septembre 2013, à fournir les efforts requis aux fins de tracer le chemin du développement et de l’émergence », a noté le chef du gouvernement, ajoutant que la concrétisation de cette route améliorera les conditions et le cadre de vie des populations bénéficiaires. Tout comme, elle facilitera leur accès aux équipements sociaux de base, assurera la promotion de l’économie locale et renforcera les échanges commerciaux entre ces localités et le reste du pays. Le Premier ministre a, par ailleurs, invité le maître d’ouvrage, le bureau de contrôle, les autorités régionales et locales à assurer un suivi rigoureux du chantier. Duquel dépendra, selon lui, la durabilité des effets liés au projet. Abondant dans le même sens, le ministre de l’Equipement et du Désenclavement a expliqué que la réalisation de cette route est d’une importance capitale eu égard à la potentialité en fruits et légumes (orange, mangue, bananes, noix de cajou…) du cercle de Yanfolila. «La production annuelle de mangue dans cette zone est estimée à plus de 50 000 tonnes, soit ¼ de la production nationale. La production locale de banane atteint la moitié de la production nationale. Celle d’orange dépasse la moitié de la production nationale. En plus, la localité regorge d’énormes gisements d’or », a détaillé Mme Traoré Seynabou Diop, ajoutant que cette route permettra également de favoriser l’approvisionnement des unités de transformation du cercle. Comme par exemple la confiturerie des femmes, le Centre d’études et de développement industriel et agricole au Mali (CEDIAM) qui produit en moyenne 4 000 tonnes de purée de mangues par an. « Ce projet structurant va générer des centaines d’emplois, réalisera des bosquets villageois… », a indiqué le ministre de l’Equipement et du Désenclavement. Après le lancement des travaux, le ministre de l’Agriculture, Dr Nango Dembélé, a déclaré à la presse : « Produire est une chose, atteindre le marché en est une autre». Cette route, a-t-il souligné, facilitera la connexion entre les zones de production, de transformation et de consommation. Ce qui favorisera les échanges commerciaux avec le reste du pays. Envoyés spéciaux
Cheick M. TRAORE
Habib Kouyaté

 

LES POPULATIONS TEMOIGNENT

C’était l’effervescence samedi à Kalana à l’occasion du lancement des travaux de construction et de bitumage de la route liant ce village à Yanfolila. Femmes, hommes, militants des partis politiques, tous étaient mobilisés pour rendre agréable la fête. Les motocyclistes faisaient la navette entre les trois grands quartiers du village. A l’occasion, on a aussi badigeonné les pieds d’arbres et poteaux électriques plantés le long de la route passant devant le bureau du sous-préfet. Les artères principales du village ont été également soigneusement entretenues pour recevoir le Premier ministre et sa délégation. «C’est un jour mémorable», lance Adama Diakité, un handicapé physique assis confortablement dans son tricycle. Agé de 55 ans, cet habitant de Dawéléla, un village situé à 5 km de Kalana, est père de neuf ans. Il bricole des radios pour nourrir sa famille. Ce qui l’amène à voyager sur Yanfolila deux fois dans la semaine, au moins. « Je sens des douleurs au niveau de tout mon corps après chaque voyage effectué sur cet axe », se plaint-il, ajoutant que la poussière rouge qui se dégage sur cette voie, à longueur de journée, cause de nombreux accidents. A l’autre bout du site de lancement des travaux, la commerçante Nantènè Koné tient la main de sa petite fille. Cette sexagénaire vend des articles divers qu’elle achète elle-même à Bamako. Pour elle, la construction de cette route fluidifiera le trafic et soulagera les populations de Kalana et environnants. «Plus la route est carrossable, plus elle est fréquentée et moins sont élevés les frais de transport», dit-elle. C’est vrai que les compagnies de transport fréquentent de moins en moins les routes difficilement praticables. Pour preuve, seule la compagnie de transport «Sidibé Transport» est sur la ligne Bamako-Kalana. «Nous espérons assister à une ruée des compagnies sur Kalana à la faveur de cette route», espère notre interlocutrice. Porpriétaire d’une quincaillerie, Ali Sora confirme que les commerçants peinent souvent à trouver un camion pour acheminer leurs articles de Bamako à Kalana. « Ceux qui acceptent le font très souvent à un coût quelque peu excessif. Car, les véhicules mettent plus de temps entre Yanfolila-Kalana que sur l’axe Bougouni-Yanfolila. Ils tombent en panne très fréquemment », témoigne Ali Sora. Venu accueillir la délégation, Cheick Tidiani Kamaté est chef de poste secours routier de Bougouni. Assis dans le véhicule de la protection civile, il confirme que les accidents y sont très nombreux et l’accès à Kalana est aussi très difficile à cause de l’état de la route. Le bitumage de cette route soulagera, selon lui, les populations et réduira certainement les accidents et les dégâts. A condition, prévient-il, que les usagers respectent le code de la route. Dr Soumeyla Bengaly, directeur technique du Centre de santé communautaire de Kalana, assurera que l’état impraticable de la route, surtout en ce début d’hivernage, retarde les ambulances lorsqu’elles sont sollicitées pour des besoins d’évacuation.
Envoyés spéciaux
C. M. TRAORé H. KOUYATE

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