Les décideurs, partenaires techniques et financiers et société civile ont été sensibilisés à la situation du centre de production et de commercialisation du beurre de karité de Mandiakuy
Cinq tonnes de beurre de karité de qualité améliorée d’une valeur marchande minimum de cinq millions de Fcfa sont stockées au Centre de production et de commercialisation du beurre de karité de Mandiakuy dans le cercle de Tominian. On l’a su lors de la journée portes ouvertes sur la valorisation du karité dans cette localité. Celle-ci a été organisée mardi dernier par l’Union des associations paysannes pour une agriculture durable « UAPAD » de Mandiakuy et son partenaire l’Ong Lutheran World Relief "LWR". Portes ouvertes mais aussi plaidoyer, la journée visait à sensibiliser les décideurs, les partenaires techniques et financiers et la société civile malienne sur les réalités de l’Unité de production et de commercialisation du beurre de karité. Cette unité ou centre a été réalisée dans le cadre du Projet de valorisation du karité dans la région de Ségou "Karité" que finance l’Ong Lutheran World Relief à hauteur de 101,2 millions Fcfa sur cinq ans (juillet 2007 - juin 2012) à Mandiakuy, Tominian et Diéma dans le cercle de Bla. Le projet va améliorer la sécurité alimentaire des ménages de 1 000 femmes membres de Jékafo de Diéma et de l’UAPAD de Mandiakuy en augmentant leurs revenus de 300% grâce à des activités développées autour du karité. Le chef du village, Daniel Dakouo, et l’adjoint au maire, Marius Dakouo, ont salué les acteurs du projet et souligné le caractère fédérateur du centre. La présidente de l’UAPAD, Mme Mariam Dembélé, a fait l’historique de l’unité de production avant d’en venir au bilan des activités de union. L’UAPAD est formée autour de 28 associations de femmes issues de 22 villages de la commune de Mandiakuy. Elle compte actuellement 210 femmes membres formées aux techniques de production du beurre de karité et à la gestion. Durant la première campagne, elles ont produit 5,7 tonnes de beurre de qualité à partir de 24,2 tonnes d’amandes collectées. A cela s’ajoutent 1,3 tonne de beurre ordinaire et 413 kg de dérivés de beurre amélioré. Les femmes reparties en groupes de 25 ont perçu chacune 2.000 Fcfa par semaine. A la fabrication du savon "Farakuruni" avec les sous-produits, l’eau provenant du barattage est vendue à 200 Fcfa le fût de 200 litres pour le pétrissage du banco de crépissage des maisons. La seconde campagne a collecté près de 5 tonnes d’amandes qui n’ont pas été transformées, car la production de la première campagne est restée invendue. C’est dire que la machine risque de s’arrêter ou le processus de se bloquer si rien n’est fait. La chargée des programmes de l’Ong LWR, Mme Maiga Azara Ouédraogo, a assuré l’UAPAD du soutien de son organisation pour la réussite du projet. Elle a invité à une synergie d’actions pour faire de cette unité, un centre de développement réel. Faisant la genèse de son Ong, Mme Maïga indiqué qu’elle a été créée en 1945 pour aider les victimes de la 2è Guerre mondiale avant de se convertir en Ong de développement présente dans 35 pays du monde dont le nôtre depuis 1998. Elle mène des activités dans les régions de Mopti et Ségou. L’adjoint du préfet de Tominian, Dédéou Maiga a rappelé le partenariat du gouvernement dans la réalisation d’un projet dont les objectifs s’harmonisent avec ceux du Projet de développement économique et social du président de la République. Il a donc invité chaque acteur à s’investir dans la pérennisation de ce patrimoine socio-économique et culturel. De la collecte des noix fraîches de karité à la conservation du beurre en passant par l’ébouillantage, le séchage, le décorticage, la première sélection, le lavage des amandes, la deuxième sélection, le séchage, le concassage, l’essorage, la torréfaction, la mouture, le barattage manuel, la cuisson et le filtrage, les hôtes de Mandiakuy ont mesuré les efforts de transformation et adhéré à la cause de cette unité-patrimoine.