Pascal Paour, un ressortissant français de 52 ans, a « échappé à un enlèvement perpétré à Tessalit la nuit du noël par des individus armés », a-t-on appris de source militaire.
Deux habitants de la localité qui ont vu plusieurs fois le Français ont également confirmé l’information. Grâce à la promptitude des services de renseignement, le rapt du Français orchestré « par des barbus », n’aura pas lieu. Il passera le reste de la nuit sous la protection de l’ETIA 1 (Échelon tactique inter armes), avant d’être escorté à Gao, dimanche. Qui est Pascal Paour ? Des habitants de Tessalit joints par téléphone ne savent pas grand-chose de lui. Certains le décrivent comme « un aventurier » et d’autres, comme « un ami du village ». Il n’est pas à « son premier passage à Tessalit », ajoute un fonctionnaire de la localité, joint lui aussi au téléphone. Pascal Paour est originaire de Caen, une ville du nord-ouest de la France. Le 23 juin 2005, après une première escale dans le désert, l’homme qui se présent comme un aventurier solitaire, a posté sur son blog les raisons de sa présence dans le désert algérien, malien et nigérien : « Mon pari : partir seul, avec une bagnole … 4CV … sur la route ». Le blog fournit quelques détails sur son parcours : « La route pour Tessalit est semée d’embûches... et n’aurait pas forcément été sûre si j’avais possédé un rutilant 4x4... mais voilà, une 4CV a tendance à faire marrer tout le monde... y compris les rebelles touaregs qui lors du bivouac (à 100kms au nord de Tessalit) que j’ai passé en leur compagnie ont été plutôt sympa (je ne me suis pas retrouvé à poil... et ils m’ont même tiré lors d’un passage délicat dans du fech-fech) ». Toujours sur le blog : « Tessalit ... un bonheur (j’y suis resté 10 jours... il est vrai qu’il m’a fallu ré-segmenter... c’est fou comme le sable a tendance à rentrer par tous les trous). La route pour Gao m’a fait prendre le choix de passer par Kidal plutôt que tout droit en passant par la Markouba. Ce choix, qui m’a rallongé de 200 km n’a pas été forcément judicieux (même si Kidal et sa prison sont à découvrir) car j’ai retrouvé sur cette piste encore plus de sable... et vraiment personne pour me tirer ou me dépanner en cas de casse) Ma meilleure moyenne sur cette piste a été de 70 km en 12 heures... ? » Si l’on se fie à ce qu’il écrit, Pascal Paour est soit étonnamment candide, soit totalement inconscient. Ce qui serait revenu au même si les services de sécurité n’avaient veillé au grain.