Les participants au forum de dialogue intercommunautaire sur la paix et la sécurité condamnent les attaques perpétrées contre les populations dans le Septentrion, déplorent les actes de vandalisme survenus à Bamako et dans d’autres localités et réaffirment leur soutien aux forces armées et de sécurité
Plusieurs communications ont marqué le forum de dialogue intercommunautaire sur la paix et la sécurité qui s’est achevé vendredi à Kayes. C’est le thème portant sur « les conflits dans l’espace transfrontalier malien : les formes et sources » qui aura suscité le plus de débats. Il a été développé par le commandant Souleymane Dembélé, chargé de communication à la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères du Mali. L’Afrique, a rappelé celui-ci, a été et continue d’être perçue comme le continent de la guerre, celui des conflits fratricides qui opposent sans cesse des « tribus » ou des « ethnies » antagonistes. Les conflits plus ou moins meurtriers qui affectent aujourd’hui encore de nombreuses régions du continent (la corne de l’Afrique, la région des Grands lacs, le Libéria, la Sierra Léone, la Casamance, le septentrion malien, le printemps arabe, etc.) confortent cette image négative. La communication s’est développée selon 4 axes : le conflit comme partie intégrante de la société, les espaces frontaliers ou transfrontaliers, les actions de consolidation des relations entre les communautés transfrontalières et le rôle des différents acteurs. En développant le premier point, Souleymane Dembélé a cité le proverbe bambara qui dit que « le conflit est à la cohabitation ce que représente la sauce dans un bon plat ». D’autres diront que « le conflit est partie intégrante de la société comme l’oxygène l’est pour l’eau ». C’est pour dire que le conflit, défini comme une opposition d’opinions, de sentiments ou d’intérêts, est inhérent à la vie. Apportant des éclairages sur le deuxième axe de son exposé, l’officier a expliqué que les frontières peuvent être considérées comme des lignes ou comme des zones de contact, de fronts ou de liens entre des Etats, mais aussi entre des communautés, des groupes sociaux. Le concept de frontière, selon le commandant Dembélé, est d’origine militaire et est souvent à l’origine de tensions ou de conflits. Ces conflits ont pour origine les limites de territoire, les questions de nationalité ou de l’accès aux ressources. Parmi les actions de consolidation des relations entre les communautés développées en troisième point, il a insisté sur la coopération transfrontalière qui se définit comme une démarche d’initiatives locales par laquelle des actions sont formulées et mises en œuvre par les acteurs locaux privés et publics de deux ou plusieurs pays vivant dans des espaces transfrontaliers. Il existe une multitude d’acteurs internationaux, nationaux et locaux qui ont un rôle à jouer dans la prévention des conflits, juge le conférencier en faisant allusion aux institutions financières internationales, la société civile, le secteur privé et surtout les médias. Cependant, prévient Souleymane Dembélé, il importe de souligner que l’élément le plus déterminant dans la prévention des conflits est la concertation. Il a conclu son exposé en jugeant qu’aucun des Etats de l’Afrique de l’ouest, pris individuellement ne pouvait assurer sa propre sécurité, tant les frontières sont immenses et poreuses. Les participants au forum, préoccupés par la situation qui prévaut dans les régions du nord du pays, ont rédigé un texte baptisé « Appel de Kayes » dans lequel ils condamnent les attaques perpétrées contre les populations dans le Septentrion, déplorent les actes de vandalisme survenus à Bamako et dans d’autres localités du pays et réaffirment leur soutien aux forces armées et de sécurité dans l’accomplissement de leur mission. L’Appel de Kayes exhorte le gouvernement à prendre les mesures appropriées pour doter les forces armées et de sécurité de moyens adéquats pour assurer la protection des populations et de leurs biens, lance un appel aux populations pour une collaboration loyale avec les forces armées et de sécurité et invite la presse en général et les radios libres en particulier, à plus de discernement et de professionnalisme dans le traitement de l’information.