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PostHeaderIcon Situation au Nord : ANDERAMBOUKANE VISE

Malgré la pression de l’armée, les hommes armés qui se réclament du « Mouvement national de libération de l’Azawad » n’ont pas encore dit leur dernier mot.

Situation au Nord : ANDERAMBOUKANE VISE

D’agressions en provocations, ils apparaissent prêts à tout pour faire parler d’eux. Ils viennent de donner une nouvelle fois la preuve qu’ils peuvent encore frapper. Après Ménaka, Aguel’hoc et Tessalit, c’est le camp d’Anderamboukane, une localité située à environ 400 km de la ville de Gao, qui a été attaqué hier vers 6 heures du matin. L’information a d’abord été distillée par une source se réclamant du MNLA, avant d’être confirmée par des responsables de l’armée. Le camp d’Anderamboukane est le dernier poste militaire à la frontière avec le Niger. Comme à Aguel’hoc, il est implanté en plein cœur de la localité. Cette situation complique particulièrement la riposte de l’armée soucieuse d’épargner la population civile, explique une source militaire. Pourtant, des analystes avaient jugé que les dernières actions des groupes armés, comme l’attaque d’Aguel’hoc en début de semaine (voir l’Essor de mercredi), étaient un « baroud d’honneur » face aux coups de boutoir de l’armée. Après cette nouvelle agression contre la garnison d’Aguel-hoc, les forces armées et de sécurité avaient, en effet, accentué la pression. Parallèlement aux opérations de ratissage sur le terrain, des avions de combat basés à Gao sont ainsi intervenus contre les poches de résistance. Mais l’attaque d’Anderamboukane prouve bien que les agresseurs possèdent encore des moyens de nuire. Même s’ils ont subi d’importantes pertes humaines et matérielles. Ils ont notamment perdu beaucoup de véhicules. Ce qui contribue à réduire leur mobilité. Par ailleurs, les attaques et les opérations engagées par l’armée portent à s’interroger sur le sort des otages occidentaux détenus dans le Sahel. Certains connaisseurs de la région estiment ainsi que la nouvelle donne va compliquer davantage la situation de ces otages. Les mêmes « spécialistes » assurent que depuis le 17 janvier, sous la pression des forces armées et de sécurité, les bandes armées qui revendiquent ces attaques se sont ralliés au groupe terroriste Aqmi (Al Qaeda pour le Maghreb islamique) qui a infiltré la bande sahélo-saharienne et qui détient, jusqu’à preuve du contraire, les otages. Selon des sources, les otages occidentaux ont été confiés par Aqmi à des groupes armés locaux. C’est ainsi que des otages seraient désormais entre les mains du colonel déserteur de la Garde nationale, Mohamed Najim. Explication de cette stratégie selon un responsable militaire : « Ils pensent que c’est moyen de faire cesser les frappes de l’armée. En même temps, AQMI cherche à s’attirer la sympathie et la considération des groupes armés locaux avec comme objectif de constituer un front unique contre nous ». La même source révèle que certains otages sont détenus dans les chaînes montagneuses voisines de Zakak (une localité située à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec l’Algérie et où est basé un groupe d’hommes armés rentrés de Libye). « Ils étaient déplacés constamment. Au moins deux fois par semaine d’une cachette à une autre. Mais avec les frappes aériennes et les moyens que l’armée est en train de déployer sur le terrain, leurs mouvements avec les otages se compliquent. Surtout que les terroristes d’Aqmi et ceux qui se font connaître comme des combattants du Mouvement national de libération de l’Azawad, peuvent se croiser sur le même terrain. Dans leur logique, autant donc s’unir contre un ennemi commun. Je ne serais pas étonné si dans les jours à venir, les deux désormais complices font parvenir un communiqué exigeant l’arrêt des frappes aériennes des militaires, faute de quoi, ils exécuteraient les otages », explique un interlocuteur. Il faut dire que différents renseignements en provenance d’Aguel-hoc confirment l’interconnexion des groupes armés sur le même terrain - le « MNLA » et Aqmi. Un fait qui ressort notamment du récit fait les enseignants et élèves-maitres de l’IFM d’Aguel’hoc bloqué une semaine durant dans le campement nomade d’Inamzil (voir l’Essor d’hier).