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PostHeaderIcon Sikasso : CHAUDE JOURNEE

La ville de Sikasso n’a pas été épargnée par les manifestations des épouses et parents de militaires engagés dans les opérations au Nord. Vendredi, la ville a connu une brusque poussée de fièvre

Sikasso : CHAUDE JOURNEE

C’est au environ de 10 heures que tout a commencé. En réunion justement sur la situation au Nord, le gouverneur de la Région, Ibrahim Féfé Koné fut informé de la marche des épouses des militaires. Il se rendit aussitôt sur l’itinéraire de la marche en accueillant les marcheurs avant qu’ils n’arrivent au centre-ville. Accompagné du commandant de la région militaire, le colonel Abdoulaye Cissé et des chefs des services de sécurité, le gouverneur s’évertua à stopper la marche. En vain. Le chef de l’exécutif régional a quand même pu faire retourner au camp militaire le groupe de manifestants modérés. Mais les irréductibles ont poursuivi leur chemin en semant la désolation sur leur passage. Il n’était pas possible de circuler sur la voie goudronnée qui va du camp militaire au siège du gouvernorat. Elle était encombrée de pneus qui brûlaient çà et là dégageant une épaisse fumée noirâtre sur toute la ville. C’est en ce moment que le reste de la population ne comprenant rien à ce qui se passait s’est affolée. Certains allant jusqu’à dire que les rebelles ont assiégé la ville de Sikasso. Ce fut la grande panique dans le marché de Wayerma par exemple où tout s’est sens dessus dessous. Des parents se sont précipités dans les écoles pour enlever leurs enfants. Les manifestants avaient monté le siège pendant plusieurs heures devant le bureau du gouverneur. A la station régionale ORTM, c’est la désolation. Tout a été saccagé en dehors des émetteurs TV et des antennes paraboliques qui étaient hors de la portée des vandales. « L’on peut dire qu’il y a plus de station régionale ORTM à Sikasso », constate avec désespoir le directeur de la station Damaké Coulibaly retrouvé sur place. L’entrée du bâtiment principal était jonchée de tessons des vitres brisées. A l’intérieur, c’est aussi la désolation. Le secrétariat, la comptabilité, le bureau du directeur de la station…, tout été saccagé. L’on a découvert des postes de téléviseur et de climatiseurs éventrés, des chaises et fauteuils en fumée, les trois caméras de la station en morceaux, les ordinateurs brisés ou emportés et enfin les installations sabotées. Dans les salles de production et d’émission, les dégâts ont été relativement légers. D’autres services comme l’Energie du Mali, la direction régionale des Impôts, le palais de justice et le siège de la mairie ont été mis à sac. Le gouverneur de la Région avait pourtant initié plusieurs activités de sensibilisation depuis la veille notamment avec les chefs de services régionaux, les notabilités, et les associations et organisations. Ces activités se sont poursuivies, vendredi tard dans la soirée où les appels au calme sur les antennes des radios de proximité se sont multipliés.