C’est par la plaine de San-Ouest que le ministre de l’Agriculture, Agatam Ag Alhassane, a achevé la visite de supervision de la campagne agricole entamée quelques jours plus tôt dans la Région de Sikasso.
Cette plaine est gérée par l’Association des riziculteurs de la plaine aménagée de San-Ouest (ARPASO) créée en 1989. Le périmètre de 2108 hectares est exploité par 4590 riziculteurs dont 213 femmes (voir L’Essor du 24 août). La production de la campagne 2009/2010 s’est établie à 15 864 tonnes de riz paddy. Les prévisions de production pour la présente campagne sont estimées à 16 071 tonnes de paddy dont 12 665 tonnes pour l’hivernage et 3 406 tonnes en contre-saison. Actuellement les activités agricoles tournent autour du repiquage du riz et différents autres travaux champêtres. Dès le lever du jour, des groupes de jeunes filles et de garçons prennent le chemin des champs, à moto, en vélo, en charrette ou à dos d’âne. La délégation ministérielle accompagnée des responsables de l’Association s’est rendue dans le périmètre rizicole sur une parcelle d’expérimentation du système de riziculture intensif (SRI). Cette technique a été introduite cette année, à la demande d’ARPASO, par le projet Initiative intégrée pour la croissance économique au Mali (IICEM) financé par l’USAID. L’expérience se déroule sur environ 14 hectares dans le périmètre. La représentante de la FAO dans notre pays, Mme Mariam Mahamat Nour, a salué l’adoption de cette pratique culturale qui permet aux petites exploitations d’augmenter considérablement leur production. En effet, le SRI est très productif si le paysan respecte le paquet technologique recommandé. Après le terrain, le ministre a rencontré les responsables d’ARPASO. Il a souhaité que les jeunes prennent exemple sur leurs aînés qui dirigent l’association. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary Togola, a expliqué que les missions de supervision effectuées par le département sont destinées à apprécier le déroulement de la campagne et à faire des recommandations pour corriger les insuffisances constatées. Bakary Togola a annoncé aux paysans le démarrage prochain d’une campagne d’immatriculation des terres agricoles sur l’ensemble du territoire. Cette campagne a pour objet de sécuriser les exploitations agricoles en leur affectant un numéro d’immatriculation. L’agriculteur disposera également désormais d’une carte professionnelle qui, en plus de l’identifier, lui permettra d’accéder au crédit agricole avec une garantie raisonnable. Le président de l’APCAM a prié ses collègues d’évoluer dans leurs pratiques agricoles et d’accepter les innovations technologiques qui s’offrent. A Parana, à la sortie sud de San, les visiteurs ont inspecté les parcelles de démonstration de la direction régionale de l’Agriculture de Ségou. Ces champs d’expérimentation ont pour vocation de vulgariser à une plus grande échelle auprès des paysans les technologies mises au point par les chercheurs de l’Institut d’économie rurale (IER). Selon le directeur régional de l’Agriculture, Drissa Diawara, ces expérimentations permettent aussi aux paysans de comparer les différentes pratiques et d’améliorer la productivité. Ainsi, Adou Sanogo a accepté d’expérimenter des variétés mises au point par l’IER comme le niébé « Korobalen » en culture pure ou en association, les variétés de mil « Jigifa », de sorgho « Jakumbé » et de maïs « Sotubaka » qu’il associe avec des légumineuses (niébé, arachide, sésame ou oseille de Guinée « Dabléni »). Le niébé « Korabalen » a l’avantage de donner beaucoup de grains. Son rendement oscille autour de 700 à 800 kg par hectare. Il est également très rentable commercialement puisque vendu autour de 500 Fcfa le kilogramme pendant la période de soudure. Riche source de protéines pour la famille, « Korobalen » constitue également une source intéressante de revenus pour le paysan.