La rencontre de Sikasso a défini un projet de feuille de route et un projet d’accord de création d’un cadre de coopération en faveur du développement des régions frontalières
Le Mali partage avec le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire des frontières communes mais aussi beaucoup d’atouts et de potentialités d’ordre économique et socio culturel dont la mise en valeur pourrait contribuer à accélérer le processus d’intégration sous régionale notamment dans les domaines des ressources agropastorales, touristiques, minières, culturelles et linguistiques. C’est dans cet esprit que la première réunion tripartite regroupant les experts des trois pays, placée sous la coprésidence du chef de cabinet du ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sekouba Cissé, de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire dans notre pays, Samuel Ouattara, et son homologue burkinabè, Sanné Mohamed Topan, s’est déroulée à Sikasso du 15 au 17 janvier. La rencontre se proposait d’accélérer le processus d’intégration en créant un cadre de coopération, socle sur lequel les régions du triangle poseront des actes concourant effectivement à l’intégration, à la sécurité, à la stabilité, au développement social et économique de cette zone. A l’ouverture des travaux, le maire de Sikasso, Mamadou Tangara, a évoqué l’impatience des Sikassois vis-à-vis de l’interconnexion électrique entre le Mali et la Côte d’ivoire, une interconnexion qui imprimera une nouvelle dynamique au développement économique de sa localité. Pour le chef de la délégation ivoirienne, l’ambassadeur Sylvestre Kouassi Bilé, l’exercice de réflexion auquel les experts sont conviés, devrait conduire à adopter un protocole d’accord, à asseoir les bases institutionnelles d’un comité tripartite de pilotage, de suivi et d’évaluation des projets et programmes intégrés qui seront identifiés au cours des travaux. La rencontre répond, selon Sanné Mohamed Topan, à la volonté et aux instructions données par les chefs d’Etat de faire de cette coopération, un outil au service du développement des trois pays, particulièrement des régions frontalières autour de leurs centres de gravité que sont les villes de Sikasso, Korogho et Bobo-Dioulasso. Les travaux de cette première réunion tripartite entre le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali ont débouché sur l’adoption d’un projet de feuille de route et d’un projet d’accord portant sur la création d’un cadre de coopération en faveur du développement des régions frontalières de la « tripartite de l’amitié » qui seront soumis à l’appréciation des ministres des Affaires Etrangères des trois pays. Le projet de feuille de route sur la mise en œuvre des actions prioritaires de la rencontre tripartite porte sur des domaines de coopération comme l’administration territoriale, l’agriculture, l’élevage et les ressources naturelles, l’économie, le commerce, l’industrie, la santé, la culture, la communication, les transports, la formation, l’intégration et la sécurité. Les experts vont proposer à leur gouvernement respectif un projet d’accord instituant entre le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, un programme d’échanges multidimensionnels dénommé « tripartite de l’amitié ». Ce programme vise à promouvoir l’intégration de proximité dans la zone, permettre les échanges d’expériences entre les organisations socioprofessionnelles des trois pays aux frontières, concevoir et promouvoir des projets fédérateurs de développement économique et socioculturel bénéfiques pour les populations des régions concernées. Sekouba Cissé a remercié les participants pour la qualité des travaux. Face aux nombreuses opportunités offertes, les trois pays devront réussir cet exercice d’intégration sous-régionale tant dans le domaine socio-économique que dans celui du développement agro-sylvo-pastoral et de sécurité transfrontalière, a-t-il estimé.