Leur intransigeance pour une cause douteuse a conduit à un mouvement qui a malheureusement occasionné un drame. Et ils ne démordent pas
Depuis un certain temps, les élèves du lycée Hamadoun Dicko de Sévaré observent des grèves intempestives. Le mouvement en date du vendredi 13 janvier a malheureusement occasionné un drame. Une lycéenne du nom de Sahoudatou Hamidou Maïga, a perdu la vie. La demoiselle était âgée de 18 ans et se trouvait en classe de 11ème année (série langues et littérature). Selon les explications du proviseur Idogo Dolo et du directeur de l’académie d’enseignement de Mopti, Modibo Touré, tout serait parti de l’organisation d’une assemblée générale dans les différentes écoles à la demande de la coordination régionale de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Ces assemblées générales visaient à faire le compte rendu du dernier congrès de l’AEEM à laquelle avaient pris part à Bamako, les responsables de la coordination. C’est au lycée Hamadoun Dicko, le plus grand établissement de la Région de Mopti avec plus de 2000 élèves, que l’assemblée générale a dégénéré. Le secrétaire général du comité AEEM se serait fait déborder par une aile dure d’élèves qui voulaient créer une situation pouvant conduire à l’annulation des évaluations programmées au niveau de l’école. Ces réfractaires réclamaient la libération de deux élèves interpelés par le commissariat de police de Sévaré à la demande de la direction de l’établissement pour répondre d’actes répréhensibles qu’ils ont perpétrés. En effet, les deux scolaires en question ont à maintes reprises tenté de perturber les cours en jetant de pierres et ou des pétards allumés dans les classes. Malgré les avertissements et les sanctions infligées, ils ont, à chaque fois, récidivé. En fin de compte, la direction a été obligée à les mettre à la disposition de la police. L’aile dure des élèves a transformé l’assemblée générale en une marche avec à sa tête le secrétaire général et d’autres membres du bureau en direction de l’académie d’enseignement. Tandis que le secrétaire général et deux de ses camarades discutaient avec les responsables de l’académie, la cour a été envahie par des élèves. Des responsables du bureau perchés sur les murs haranguaient la foule. Ainsi galvanisés, les élèves jetaient des pierres en direction des locaux de l’académie. Pour mettre les travailleurs et les véhicules à l’abri, la direction a rapidement fait appel aux forces de l’ordre qui sont intervenue pour disperser les manifestants. C’est dans la débandade qui s’en est suivie que l’élève Sahoudatou H. Maïga serait tombée dans une rue adjacente à l’académie. Transportée à l’hôpital Sominé Dolo de Mopti, elle y a rendu l’âme. A l’annonce du décès de la jeune scolaire, une cellule de crise a été mise en place. Le samedi 14 janvier, le gouverneur de la Région, Seydou Toumani Camara, dans un souci d’apaisement de la situation, a rencontré le comité de crise composé des autorités scolaires, de membres du bureau de l’association des parents d’élèves, des responsables de l’AEEM et de représentants de la société civile. Le 1er vice-président de l’assemblée régionale a également pris part à la réunion. Après avoir donné la parole aux différents responsables pour donner leur version des faits, le gouverneur a présenté le certificat médico-légal fourni par l’hôpital Sominé Dolo. Le rapport médical certifie que la victime n’a subi aucun sévices. Elle aurait subi un choc vagal entrainant un arrêt cardiaque. Des parents de la fille confient du reste qu’elle était épileptique. Le dimanche 15 janvier, le ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Salikou Sanogo, s’est rendu sur place pour présenter à la famille de la défunte, les condoléances du gouvernement et de la nation. Au cours des différentes rencontres, il avait été convenu de décaler les cours au lycée, le lundi 16, pour observer le deuil et permettre aux lycéens de se rendre dans la famille de la défunte. Ce même jour pourtant, des élèves se sont livrés à des actes de violences et ont fait sortir les élèves d’autres écoles. Les autorités administratives et la cellule de crise multiplient les rencontres et utilisent tous les créneaux d’information pour sensibiliser et donner la bonne information à la population afin de barrer la route aux rumeurs. Elles ont également effectué des visites de sensibilisation dans les familles des fauteurs de troubles. La situation est revenue à la normale dans toutes les écoles excepté le lycée Hamadoun Dicko où certains élèves ne démordent pas. Ils semblent prêts à tout pour empêcher la tenue des compositions. De leur côté, les autorités scolaires assurent que toutes les dispositions seront prises pour que les évaluations se fassent normalement.