« Mieux vaut voir une fois que d’entendre cent fois », dit un adage auquel a adhéré le secrétaire exécutif de l’Autorité du bassin du Niger (ABN), Oyewole Ogunmola, en se rendant récemment dans les régions de Gao et Tombouctou.
Il a ainsi pu vérifier l’acuité des phénomènes qui menacent le fleuve Niger et son bassin. L’Autorité du bassin du fleuve Niger regroupe 9 Etats : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Tchad. Ces pays ayant pris la mesure de l’ensablement du fleuve Niger ont décidé d’agir. C’est ainsi que les chefs d’Etats, réunis en décembre 2003 à Bamako, avaient affirmé leur volonté de sauver ce cours d’eau vital pour une bonne partie de l’Afrique. Cette volonté a abouti à la signature en avril 2004, de « la Déclaration de Paris ». Celle-ci édicte des principes de gestion et de bonne gouvernance pour un développement durable et partagé du bassin. Les Etats membres de l’ABN ont sollicité et obtenu l’appui du Fonds africain de développement (FAD) pour le financement d’un Programme de lutte contre l’ensablement dans le bassin du Niger. Les actions prioritaires de ce programme concernent les trois pays où le bassin est le plus menacé par l’ensablement : Mali, Niger, Burkina Faso. Dans notre pays, il s’agit d’apporter des réponses à la sauvegarde et à la protection des ressources du fleuve Niger et de son bassin notamment dans les régions de Gao et Tombouctou où la dégradation du cours d’eau est très grave. Le phénomène est même perçu en terme de survie dans ces régions. La lutte contre l’ensablement du fleuve est conçue sur une base participative par la fixation de 5 000 ha de dunes (la protection de berges), la mise en valeur de 1 500 ha de nappes sableuses pour l’agro-foresterie, la plantation de 400 ha pour la production de bois, l’aménagement de 250 ha de jardins fruitiers et maraîchers. Aujourd’hui, 5017 ha de dunes ont été fixés soit 100,25% des objectifs fixés au titre de la protection des berges. En ce qui concerne la mise en valeur de 1 500 ha de nappes sableuses, 1244 ha l’ont été. Le volet portant sur la plantation d’arbres pour la production de bois a dépassé ses objectifs avec 423 ha reboisés sur une prévision 400 ha. Sur 100 ha prévus pour les jardins maraîchers 145,75 ha ont été aménagés. Sur la liste des réalisations, l’on retiendra également l’implantation de 81 comités villageois de gestion des sites, la formation de 9221 villageois dans les différents domaines (planification participative, production de plants, fixation des dunes, gestion administrative et financière). Lors de sa visite du 8 au 11 février, le secrétaire exécutif de l’ABN qui s’est rendu sur les sites de Gourma Rharous, Gao et Ansongo a pu vérifier ces acquis. Ce contact direct avec les sites et les populations a été sans doute plus utile pour Oyewole Ogunmola que les rapports qu’il reçoit au siège de l’Autorité à Niamey. D’autres acquis sont à mettre au compte du Programme de lutte contre l’ensablement dans le bassin du Niger : l’appui aux écoles, les banques de céréales, l’achat de tracteurs. Ces actions sont réalisées grâce aux fonds générés par les comités villageois de gestion. Au terme de sa visite, Oyewole Ogunmola a rencontré Kalifa Keïta, le gouverneur de la Région de Gao. Il lui a fait part de sa satisfaction pour les résultats obtenus dans la lutte pour la sauvegarde du fleuve Niger. Il a indiqué qu’au vu des résultats, l’on peut considérer que la deuxième phase du projet est déjà en marche. La première devant s’achever en décembre prochain. Les résultats ont également impressionné l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui a décidé d’octroyer plus de 800 millions de Fcfa pour la composante malienne du programme au titre des années 2009 et 2010. Le PLCE/BN bénéficie d’un financement total de plus de 6 milliards Fcfa dont plus de 4 milliards de contribution du Fonds africain de développement.