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PostHeaderIcon Kidal : LE MARAÎCHAGE PAIE BIEN

En plus de sa valeur économique, la production maraîchère contribue à varier et enrichir l’alimentation et à créer de nombreux emplois

Kidal : LE MARAÎCHAGE PAIE BIEN

Située dans la partie Nord-Est du pays, la région de Kidal couvre une superficie de 260.000 Km² soit 21,7 % du territoire national. Elle est enclavée et caractérisée par une grande mobilité de ses habitants. Cette population estimée à 77.000 personnes, est composée essentiellement de Tamasheqs, Arabes et Sonrhaï, etc. Contrairement à ce que pensent nombre de nos compatriotes, l’agriculture se pratique bien en 8ème Région avec principalement le maraîchage, l’arboriculture fruitière et la culture du sorgho de décrue. En dehors de Tin-Essako, tous les cercles sont concernés actuellement par cette activité. Le maraîchage se pratique au bord des oueds où la nappe phréatique remonte à partir des puits à grand diamètre ou puisards traditionnels pendant huit à neuf mois de l’année, pendant l’hivernage (de juillet à octobre) et en saison froide (de novembre à mars). La production maraîchère, en plus de sa valeur économique et de son caractère d’élément de diversification des revenus, contribue à varier et enrichir l’alimentation des populations et à créer de l’emploi pour de nombreuses personnes depuis la production jusqu’à la commercialisation. L’importance de cette activité explique pourquoi le nouveau directeur régional de l’agriculture de Kidal, Mohamed Lamine Babi, s’est rendu, la semaine dernière dans les jardins maraîchers d’Intekoi, une localité située à 4 km de Kidal. C’était pour rencontrer les maraîchers et présenter à la presse l’immense travail abattu par eux dans une région dont le climat n’est pas particulièrement favorable au maraîchage. Le premier jardin visité appartient à l’Association « Tadalat » dirigé par Erga Ag Sidi Ahmed. Cette association dispose de plus d’un hectare de terre, dont seulement une infime partie est exploitée. On y cultive des oranges et des mandarines. Ces produits sont destinés uniquement aux marchés de Kidal et Tessalit. Dans ces jardins, on trouve aussi des carottes, du gombo, des oignons, du sorgho fourrager et de la luzerne (pour l’embouche des animaux durant la saison sèche), des poivrons, tomates et aubergines. La luzerne, selon les techniciens de la direction régionale de l’agriculture, est très cultivée pour sa richesse en protéines et ses qualités d’amélioration des sols. Les mêmes produits figuraient dans le second jardin maraîcher visité, appartenant celui-ci à Rhissa Ag Agzoum. C’est par le jardin d’Alfousseni Ag Dozène que la visite a pris fin. Ce dernier produit des plants depuis quelques années. Les trois sites sont confrontés au problème de disponibilité d’eau, de sécurisation des puits et de protection des aires de maraîchage contre les animaux en divagation pendant toute l’année. La tomate produite par ces maraîchers est essentiellement destinée à la vente. Cependant une bonne partie est consommée par le producteur. La filière n’est pas organisée, selon la direction régionale de l’agriculture. Le producteur transporte et vend son produit au marché directement au consommateur. L’autoconsommation n’est pas maîtrisée. Les semences de tomate proviennent des régions sud du pays et d’Algérie. Les produits sont vendus principalement dans les centres urbains de Kidal, Tessalit et Aguel-hoc. Près de la moitié de la production est écoulée à la frontière algérienne. En général, les prix varient de 500 à 1 000 Fcfa / kg de décembre à janvier. De février à fin mars, ils sont de l’ordre de 200 à 400 Fcfa/kg. Depuis le mois de juin, il n’y a plus de tomate fraîche sur le marché. Son coût de production moyen est estimé à environ 1 255 000 Fcfa par hectare pour 16 tonnes par hectare en terme de rendement. Selon les données de la direction régionale de l’agriculture, pour une campagne, le bénéfice brut pour un hectare est estimé à environ 3 millions Fcfa. Soit 750 000 pour un quart d’hectare. La production de la tomate dans la région est une activité largement rentable pour les producteurs. La pomme de terre est aussi cultivée dans la région. Ce produit assure une bonne source de revenus aux maraîchers, mais sa production reste très limitée pour différentes raisons. Cette production, entièrement consommée à l’intérieur de la région, est essentiellement l’œuvre des hommes pendant la saison sèche. La filière n’est pas structurée, le circuit allant directement du producteur aux consommateurs. Aucun intermédiaire ne figure donc dans la chaine. Evoquant les problèmes auxquels est confronté le maraîchage, le directeur régional de l’agriculture a cité, entre autres, le système d’arrosage à partir du matériel d’exhaure (motopompe) peu significatif par rapport au potentiel existant, l’insuffisance des moyens matériels (véhicules, ordinateurs) et financiers limitant les capacités d’intervention dans l’encadrement des populations.