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PostHeaderIcon Kidal : IBRAHIM AG BAHANGA REND DÉFINITIVEMENT LES ARMES

Différentes versions sont avancées sur les circonstances de la mort de l’ex-rebelle

Kidal : IBRAHIM AG BAHANGA REND DÉFINITIVEMENT LES ARMES

La nouvelle a vite fait le tour du pays vendredi et même au-délà : Ibrahim Ag Bahanga est mort. L’ex-rebelle a été tué dans un accident de la route le même vendredi, quelque part dans le cercle de Tin-Essako qui fait partie des quatre cercles de la Région de Kidal. Ibrahim Ag Bahanga était membre fondateur de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (ADC), un mouvement armé qui avait attaqué deux garnisons militaires à Kidal, le 23 mai 2006. Déclenchant ainsi une nouvelle rébellion dans la Région de Kidal. Cette alliance avait été créée par Iyad ag Ghali, Hassan Ag Fagaga, Amada Ag Bibi et Ibrahim Ag Bahanga. Parmi ces quatre membres fondateurs de l’ADC, le défunt était le seul à ne pas adhérer pleinement à l’Accord d’Alger qui a permis de mettre fin aux hostilités. Iyad Ag Ghali avait été par la suite nommé pour un poste à l’ambassade du Mali en Arabie Saoudite. Hassan Ag Fagaga a rejoint les rangs de l’armée nationale avec le grade de colonel. Amada Ag Bibi, lui, s’est reconverti dans la politique en se faisant élire député à Tin-Essako en 2007. La mort d’Ibrahim Ag Bahanga a été annoncée en premier lieu par Mahamoudou Ag Ateyoub, son chauffeur personnel. Mais le jour de l’accident, c’est Ibrahim lui-même qui était au volant du véhicule Toyota Land Cruiser cabine unique avec Mahamoudou Ag Ateyoub à son côté. L’homme était réputé comme l’un des plus grands trafiquants dans le nord du pays. Son dernier passage dans la ville de Kidal avait confirmé cette mauvaise réputation. Il avait distribué à tour de bras des billets de banques à tous ceux qui l’approchaient. Après l’accident qui lui a coûté la vie, c’est son chauffeur, Mahamoudou Ag Ateyoub qui a informé Iyad Ag Ghali, l’un des anciens compagnons d’armes de Bahanga. Celui-ci a aussitôt informé à son tour les autorités. C’est alors que la nouvelle a rapidement fait le tour de la ville et de la Région de Kidal. Les autorités régionales voulurent se rendre immédiatement sur le lieu de l’accident. Mais Iyad Ag Ghali n’a pas vu cette démarche d’un bon œil. Il a préféré se rendre seul sur le lieu, la nuit tombée. Et c’est au lendemain de l’accident que l’ex-rebelle âgé de 49 ans, sera enterré à Tin-Essako, dans son cercle natal. Diverses versions ont été données sur les circonstances de sa mort. Une première version faisait état d’un règlement de compte entre lui et d’anciens alliés pour un conflit d’intérêt. Il y aurait eu un accrochage armé entre Bahanga et ces dissidents. En cherchant à se replier, Ibrahim Ag Bahanga au volant de son véhicule tout-terrain, se serait embourbé dans un oued en cru. Le véhicule se serait renversé du côté de Bahanga. L’incident s’est déroulé à Inoufoussane, une localité située à 65 km au nord-ouest du cercle de Tin-Essako. D’autres sources assurent que Bahanga s’apprêtait à rejoindre une de ses bases dans les montagnes pour rompre le jeûne quand son véhicule a percuté un gros caillou, avant de se renverser plusieurs fois. L’intéressé n’a pas survécu au choc et serait mort vers 17h 30 mn. Il a été enterré par ses proches dans son hameau natal, à Achibogo. Ibrahim Ag Bahanga, ancien caporal-chef de la Garde nationale, n’a jamais su se plier aux exigences de la vie de l’armée régulière. Et a déserté plusieurs fois les casernes pour s’engager dans une aventure meurtrière contre l’Etat malien. Les nombreuses attaques des convois de l’armée, et particulièrement celle du camp de garde de Abeibara ont été attribuées à Bahanga et ses hommes. Il était revenu en début du mois de juin de la Libye, pour entreprendre des activités politiques dans la perspective des élections générales de 2012. Il avait recruté des jeunes désœuvrés dans la Région de Kidal pour aller combattre comme mercenaires en Libye. Lorsqu’ils sont arrivés, leurs « employeurs » auraient exigé que la troupe de Bahanga soit repartie entre les positions de défense. Cela n’aurait pas été du goût de l’ancien rebelle qui voulait combattre avec ses propres éléments. Ce qui expliquerait son retour prématuré au pays. Selon plusieurs sources, Bahanga voudrait changer l’ordre politique dans la Région de Kidal en parrainant certains de ses anciens compagnons de maquis pour briguer le fauteuil de député à Kidal et Tin-Essako. Il s’activait ainsi pour soutenir la candidature de Hassan Fagaga aux élections législatives de l’année prochaine à Tin-Essako, un bastion traditionnellement acquis à Mohamed Ag Intallah. Et ce serait au cours de ses prises de contact dans cette perspective qu’il a trouvé la mort. L’après-Ibrahim Ag Bahanga se préparerait déjà. Parmi les hommes supposés prendre sa place, le nom de Tana Ag Ateyoub, le frère aîné du chauffeur du défunt, revient régulièrement. Ce dernier selon une source qui l’a côtoyé pendant un bon bout de temps dans le passé, serait encore plus radical que son mentor. « Il est en quelque sorte le bras armé de l’ancienne rébellion. C’est lui qui incitait Bahanga à camper sur sa position dans les négociations », assure l’interlocuteur. Une autre source indique que Tana Ag Ateyoub est un grand stratège. Mais il serait manipulé lui aussi par un cercle très restreint qui résiderait en dehors de la Région de Kidal.

A. DIARRA

Amap-Kidal,

avec M. N. TRAORE