Les acteurs du développement veulent continuer à travailler tout en préservant la sécurité du personnel et du matériel
Suite aux différents enlèvements de véhicules du Projet intégré de développement rural de la région de Kidal (PIDRK), dont le dernier s’est soldé par la mort d’un homme d’escorte, et aux contraintes générées par la psychose sécuritaire, il était devenu impératif pour les responsables de ce programme et leurs partenaires techniques et financiers de réévaluer la situation afin de proposer des conditions acceptables permettant de continuer à travailler tout en préservant la sécurité du personnel et du matériel. Eu égard à la spirale d’insécurité et de psychose générale, le gouverneur de la Région de Kidal a présidé, il y a quelques jours, l’ouverture d’une concertation des acteurs du développement en vue de définir des stratégies pour la poursuite de leurs activités. Cette concertation de deux jours est une initiative du Programme intégré de développement rural de la région de Kidal. Son objectif : analyser la situation et définir des stratégies propres à permettre au programme de poursuivre ses activités dans un climat acceptable de sécurité pour les personnes et le matériel. La concertation entend aussi obtenir l’engagement des élus et des leaders communautaires à user de tous les moyens dont ils disposent pour contribuer à la sécurité du personnel et du matériel du programme, en mission dans leur circonscription. Cette concertation régionale fait partie des recommandations de la mission de la « Revue à mi Parcours » tenue à Bamako en novembre dernier. La rencontre a regroupé les préfets, les présidents de conseil de cercle, les maires des onze communes, les représentants des forces armées et de sécurité, les leaders communautaires, les représentants des partenaires au développement, la société civile (coordination des femmes, des jeunes) et les représentants des entreprises locales. La Région de Kidal qui est la zone d’intervention du PIDRK connait depuis 2006 une instabilité récurrente de laquelle découle une insécurité pernicieuse et latente qui, sans annihiler les efforts de développement, gêne l’évolution des équipes du programme et de ses partenaires sur le terrain. « Cette situation qui appelle à une grande prudence, provoque un ralentissement des activités qui a pour conséquence le retard dans l’exécution de la plupart des investissements et par ricochet la faiblesse du taux de décaissement. Il est important de consolider la dynamique positive dans laquelle la mise en œuvre des activités s’effectue actuellement car les véritables bénéficiaires aperçoivent et accompagnent les actions du programme en tirant les avantages escomptés. De nombreux investissements achevés ou en cours, notamment les puits maraichers et pastoraux, les marchés à bétail, les parcs de vaccination, les centres de santé communautaires, les salles de classe, etc., nécessitent suivi et mise en valeur. Nous sommes tous conscients que le programme à l’instar des autres PTF évolue dans un contexte difficile, mutant dans lequel il faut adapter perpétuellement les stratégies d’intervention sur le terrain pour assurer la sécurité des hommes et du matériel », a développé Daouda Maïga, le directeur du PIDRK. Le gouverneur Koné a rappelé la conviction du gouvernement qu’une paix durable ne peut s’installer sans développement. « La recherche de solutions au niveau local nécessite l’implication de tous les acteurs, c’est pourquoi je salue le caractère participatif de ces assises. Le développement comme toute œuvre humaine est sujet à contraintes, mais ce n’est pas le moment pour nous de baisser les bras », a-t-il dit. A l’issue des deux jours de concertations, il a été décidé de commun accord avec tous les participants que les missions à l’intérieur de la région ne se feront plus à bord des véhicules de service mais avec ceux désignés par le maire de la commune qui recevra la mission. Ainsi, la sécurité des missionnaires et de leurs biens relèvera de la responsabilité de l’élu. Cette proposition sera mise en œuvre pendant une période de 3 à 6 mois puis sera évaluée. Ses modalités d’application sont uniformes pour tous les partenaires, selon le rapport général de la concertation. Le blocage vient du fait qu’à chaque fois qu’une mission est envoyée sur le terrain, elle est sujette (ou potentiellement sujette), à tout moment, en tout lieu, en toute circonstance, à une attaque par des hommes armés qui la dépouillent de tout (véhicule et équipements). Les assaillants ne sont jamais identifiés, à fortiori sanctionnés Le Programme intégré de développement rural de la Région de Kidal est un programme cofinancé par le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Banque ouest africaine de développement (BOAD), le Fonds belge de survie (FBS) et le gouvernement malien pour une durée de sept ans. Il s’inscrit dans les objectifs et orientations fixés par le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté au Mali (CSCRP). L’objectif général du programme est de contribuer à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire des habitants de la région de Kidal. Deux objectifs spécifiques lui sont fixés : augmenter et diversifier les revenus des populations de la zone à travers la sécurisation des systèmes d’élevage nomade et développer des activités agro pastorales sur une base durable et améliorer les conditions de vie des populations, en particulier des femmes, en facilitant leur accès aux services et infrastructures socioéconomiques de base.