PostHeaderIcon Inondation : CRUE DEVASTATRICE DU BANIFING

Les membres d’une famille sinistrée sur une monticule au milieu des eaux, refusant d’abandonner les lieux, des jeunes s’affairant à construire une diguette de fortune autour du village, des femmes se lamentant au bord de leur rizière transformée en lac, tel est le spectacle désolant qui s’est offert lundi au préfet du cercle de Sikasso, Yaya Diallo, dans la commune de Kouoro.

 Inondation : CRUE DEVASTATRICE DU BANIFING

Cette localité a été victime d’une crue dévastatrice du fleuve Banifing qui constitue une limite naturelle entre les cercles de Sikasso et de Koutiala. De mémoire d’ancien de cette commune, les eaux de ce cours d’eau, un affluent du fleuve Bani, n’avaient jamais atteint une telle hauteur depuis plus de 30 ans. Yaya Coulibaly, le représentant de la direction régionale de l’Hydraulique dans la délégation que conduisait le préfet, a confirmé les souvenirs des villageois. De 1979 à l’année dernière, a-t-il indiqué, la crue du fleuve Banifing n’avait jamais dépassé une hauteur de 7,98 m. Cette année les eaux sont montées jusqu’à 10,82 m de hauteur. Le village de Koumoulè a été totalement détruit. Les autorités communales ont transféré les habitants dans les classes d’une école des environs. Une trentaine de familles du village de Boba hameau se sont réinstallées en rase campagne dans des habitations de fortune, des hangars couverts de feuilles de plastique. D’autres villages ou hameaux fortement menacés par les eaux se préparent à déménager, annoncent les chefs de village qui ont pu rencontrer le préfet. La délégation locale conduite par le préfet et comprenant le président du conseil de cercle de Sikasso, Nazanga Dissa, et plusieurs chefs de services locaux, n’a pu atteindre tous les sites en détresse. Comme Kouoro-village à cause de la crue qui a carrément enclavé ce village. Les eaux ont débordé du lit du fleuve et se sont déversées sur une distance de 5 à 7 km submergeant tous les champs de riz et causant d’énormes dégâts sur les autres cultures comme le mil, le coton, le maïs. Au cours d’une séance de travail réunissant le préfet, les édiles et les chefs de village de la commune sinistrée, un premier bilan de cette inondation a été établi. Il n’y a heureusement pas eu de perte en vie humaine. Les dégâts matériels recensés sont déjà importants : 1028 logements détruits, 2119 personnes sinistrées. Les cultures ont été sérieusement endommagées avec la submersion totale ou partielle de 1299 hectares de coton, maïs, mil et niébé. Les femmes ont perdu la totalité de leur rizière dont la superficie était estimée à 127 hectares. Ces femmes ne savent pas comment elles vont rembourser le prêt agricole contracté auprès des institutions bancaires pour aménager ces champs de riz. Le préfet et sa délégation qui n’ont pu parvenir à tous les villages sinistrés, ont longé a RN 11 sur le Banifing pour mesurer les dégâts de part et d’autre du fleuve. L’administrateur a invité les habitants qui s’entêtent à rester dans des habitations en banco déjà trempées dans les eaux, à quitter les lieux pour leur sécurité. Aux autorités municipales de Kouoro, il a été demandé de réfléchir avec la population sur la possibilité de transférer tous les villages situés dans les bas-fonds sur des hauteurs pour échapper dorénavant à la crue. Les services techniques ont donné des conseils pratiques pour minimiser les conséquences de cette montée des eaux sur le plan de l’hygiène et des accidents.