REGIONS

PostHeaderIcon Hôpital de Sikasso : USAGERS MECONTENTS

Le nouvel établissement hospitalier inauguré en octobre 2010 est confronté à un problème de personnel et d’équipements. Des lacunes qui ont provoqué une marche de protestation

Hôpital de Sikasso : USAGERS MECONTENTS

Depuis plus de 40 ans, notre pays et la Chine entretiennent une fructueuse coopération médicale. De ce fait, tous les deux ans, la province du Zhejiang envoie une mission médicale dans les hôpitaux de Kati, Sikasso et au centre de santé de référence de Markala (ancien hôpital de Markala). Mais il a été décidé que, désormais, les médecins chinois qui arriveront dans notre pays dans le cadre de la coopération médicale travailleront tous à l’hôpital du Mali à Bamako. La dernière mission qui officiait dans les établissements sanitaires cités plus haut est rentrée au pays en juillet dernier. La nouvelle situation ainsi créée n’a pas été appréciée à Sikasso où la population réclame le retour de l’équipe médicale chinoise. Une marche a été organisée dans ce sens, mercredi dans la capitale du Kénédougou. Initiée par l’Association pour le développement de la Région de Sikasso (ADRS) dont la devise est « Bolodi Gnongon Ma Ton » (littéralement « donnons-nous la main » en langue nationale bambara), la marche de protestation a mobilisé quelques centaines de personnes. Les manifestants brandissaient des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire entre autres messages « La santé avant tout », « le nouvel hôpital ne répond pas à nos attentes par manque de matériel adéquat et l’insuffisance de spécialistes », « nous réclamons le retour de l’équipe médicale chinoise ainsi que le bitumage des voies d’accès à l’hôpital ». La marche n’ayant pas été autorisée par les autorités locales, elle a été bloquée à l’entrée du gouvernorat par les forces de l’ordre. Le gouverneur de la Région de Sikasso, Ibrahim Féfé Koné, est resté ferme sur la nécessité de respecter la légalité et n’a donc pas accepté de recevoir les marcheurs qui n’avaient pas eu d’autorisation. Le chef de l’exécutif régional a néanmoins rencontré leurs représentants conduits par le président de l’ ADRS, Yaya Ouattara. Il a expliqué à ses interlocuteurs les raisons de son refus de cautionner une marche non autorisée. Les représentants de l’association ont néanmoins pu exposer leurs doléances sur le fonctionnement de l’hôpital régional de Sikasso. Au premier rang de celles-ci : le retour de l’équipe médicale chinoise qui comprenait des spécialistes ayant contribué à sauver de nombreuses vies à Sikasso. L’association dénonce à ce propos le manque de spécialistes dans plusieurs services de l’hôpital. Yaya Ouattara cite, par exemple, l’absence totale de pédiatre dans un hôpital au statut régional. Autre grief soulevé par l’ADRS : l’état des voies d’accès au centre hospitalier. Elles sont construites en latérite et les véhicules qui y circulent soulèvent un nuage de poussière rouge qui pénètre jusque dans les salles d’opération et autres blocs. Le bitumage des voies autour l’hôpital est donc une des revendications fortes des initiateurs de la marche. Après un bref entretien avec les représentants des marcheurs, le gouverneur et des membres de son cabinet se sont rendus à l’hôpital. Ils y ont été accueillis par le directeur général de l’établissement, le Dr Mamadou Dolo, entouré de son staff. Une visite guidée dans les différents services a effectivement permis de relever des insuffisances tant au niveau des équipements que des ressources humaines. Au service de l’ophtalmologie, par exemple, plusieurs appareils sont vétustes et les nouveaux équipements dont le service a été doté ne seraient pas adaptés. Résultat : l’ophtalmologiste est obligé de référer plusieurs patients sur les hôpitaux de Bamako. A l’ORL, le matériel est neuf mais également inadapté car fonctionnant par air comprimé. Le bloc opératoire soufre du manque d’appareil d’anesthésie et du non fonctionnement de la climatisation centrale. La fibroscopie et la pédiatrie, elles, ne disposent pas de bouche d’oxygène. Il faut sans doute préciser qu’une grande partie du matériel de l’ancien hôpital a été transférés dans le nouvel pour suppléer ou combler le manque d’équipement. De toute évidence, il en faut beaucoup plus. A l’issue de sa visite, le gouverneur a pu juger qu’aucun problème fondamental ne bloque le fonctionnement de l’hôpital de Sikasso même si le matériel n’est pas au complet et que le personnel est insuffisant. Mais le matériel complémentaire a commencé à arriver. Il est entreposé dans le magasin de l’établissement. Ibrahim Féfé Koné a annoncé que le ministère de la Santé était informé de la situation et que des mesures seront bientôt prises pour corriger l’insuffisance de spécialistes. Il a précisé que la réception définitive de l’hôpital sera faite en septembre et que les dysfonctionnements relevés sur les installations seront corrigés d’ici là. L’hôpital régional de Sikasso est un complexe hospitalier ultramoderne construit sur deux 
niveaux. Sa réalisation a été entièrement financée par le budget d’Etat. Il a coûté au total 6,5 
milliards de Fcfa et est bâti sur un terrain de 8 hectares. Sa capacité d’accueil est de 130 lits. L’établissement hospitalier dispose de 
services de consultations externes, de gynécologie, de pédiatrie, de chirurgie, 
de pharmacie hospitalière, de laboratoire, d’imagerie médicale, de réanimation, 
des blocs techniques, administratifs et d’hospitalisation. Il possède également 
une unité de maintenance et une banque de sang. Le président de la République, Amadou Toumani Touré, avait posé la première pierre de l’établissement en février 2007 et l’a inauguré en octobre 2010.