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PostHeaderIcon Forum de Kayes : ESPACE DE CONSOLIDATION DE LA PAIX ET DE LA SECURITE

Il a renforcé la compréhension commune des conflits, la conscience et la cohésion nationales

Forum de Kayes : ESPACE DE CONSOLIDATION DE LA PAIX ET DE LA SECURITE

Le représentant du président de l’Assemblée nationale, le député Hamadaou Sylla, a ouvert mercredi, à l’hôtel Kamankolé de Kayes, le forum de dialogue intercommunautaire sur les litiges fonciers et la cohésion nationale entre les communautés du Nord et du Sud. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales chargé de la Décentralisation, David Sagara, de la conseillère en consolidation de la paix du département fédéral des affaires étrangères de Suisse, Carol Mottet. étaient également présents des gouverneurs de région, le vice-président de l’Assemblée nationale du Niger et plusieurs membres du Haut conseil des collectivités. Ce forum, a rappelé Hamadaou Sylla, se tient à un moment crucial de la vie de notre pays et de l’espace sahélo-sahélien. En effet, l’année 2011 qui vient de s’achever a été marquée par un déficit pluviométrique qui a engendré de mauvaises récoltes et présage un déficit alimentaire. Si des mesures appropriées ne sont pas prises, celui-ci affectera l’ensemble des populations maliennes. Autre constat : au niveau transfrontalier, les conflits entre les communautés sont de plus en plus fréquents. De même, des éleveurs mauritaniens dans leur transhumance se retrouvent au cœur du territoire malien, avec leurs tentes et leurs animaux, entraînant souvent des conflits sanglants autour des pâturages. A la frontière guinéenne ou ivoirienne surviennent de façon cyclique des conflits autour des terres de culture. Cette situation empire avec les incursions sporadiques de bandits armés semant la terreur dans les communautés vivant aux frontières avec la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Mauritanie et le Niger. Enfin, les réfugiés mauritaniens qui se sédentarisent de plus en plus viennent renforcer la pression sur les terres cultivables. A l’interne, les communautés vivent des problèmes fonciers cruciaux. Les manifestations paraissent multiformes. Le développement du banditisme, l’insuffisance des zones de pâture avec la désertification et la désertisation des espaces de pâture traditionnels, l’exploitation minière avec le déguerpissement de populations de leurs terres de culture sont autant de problèmes auxquels il faut face. A cela, il faut ajouter la recrudescence de l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne, singulièrement dans le septentrion de notre pays qui s’exacerbe avec une rébellion armée animée même de velléités indépendantistes. Cette situation montre à suffisance la nécessité d’entreprendre des actions vigoureuses pour approcher les populations, leur permettre de se découvrir, d’échanger, de dialoguer dans la perspective de préserver et consolider les liens de bon voisinage d’une part et les relations intercommunautaires d’autre part. Le forum qui s’est achevé hier, jeudi, s’est avéré un espace de concertation et d’échange qui devrait renforcer la compréhension commune des conflits, renforcer la conscience et la cohésion nationale à travers un dialogue et un partage d’expériences sur les questions de paix et de sécurité. Il devrait renforcer les bases durables d’une véritable culture de paix et de sécurité dans le pays en général et dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et le septentrion en particulier.

Envoyé spécial

S. DOUMBIA