Il prétendait guérir le mal de personnes en détresse, il soutirait leur argent de la façon la plus banale
Faux marabouts et guérisseurs de tout acabit sont légion dans notre pays. Pour s’en convaincre, il suffit de suivre les radios de proximité et l’on entendra parler de ces faiseurs de miracles vanter leurs prouesses dans le règlement des problèmes qui tarabustent les populations en détresse. À les entendre, ils sont omniscients et omnipotents, capables de faire et de défaire la vie d’un homme. Ils ont les remèdes à tous les maux. Mais en réalité la plupart de ces faux marabouts sont des imposteurs, des escrocs prêts à vendre leur âme au diable. Une histoire rocambolesque d’un faux marabout s’est répandue la semaine dernière dans la capitale du Kénédougou comme une traînée de poudre. La police du commissariat de police du 1er arrondissement de Sikasso qui a mené les enquêtes pense que les populations devraient être moins crédules pour échapper à ces faiseurs de miracles. Le 27 février dernier, la directrice de l’institut de formation des maîtres (IFM) de Sikasso Mme Kani Sissoko a porté plainte à la police contre un faux marabout qui aurait séquestré une élève maîtresse du nom de Maïmouna B. Diarra de son établissement. Aussitôt le contrôleur général de police Diotigui Diabaté a diligenté une enquête conduite par le commissaire Drabo au domicile de l’auteur de ce qui était pressenti comme une séquestration, de la part d’un faux marabout se nommant Diakalia Dagnoko dans le quartier Wayerma II Sikasso. La police a rencontré une opposition farouche des disciples de l’imposteur lors de son arrestation. L’un des disciples a même voulu agresser le commissaire Drabo avec une arme blanche. Mais rapidement les limiers les ont mis hors d’état de nuire. Le faux marabout, ses deux complices et la fille séquestrée ont été conduits au commissariat de police. Selon l’inspecteur Ibrahim D. Cissé chargé de l’enquête, la victime a déclaré qu’elle souffrait de maux de tête terribles suivis de comportement inexplicable, depuis sa tendre enfance. Ses parents auraient fait le tour des guérisseurs pour trouver en vain un remède. Après le Bac, elle a opté pour l’IFM où existe un internat. Elle s’était donc confiée à sa camarade de chambre une certaine Orokia Dembélé qui se trouvait être malheureusement une des épouses de Diakalia le faux marabout, un jeune homme de 36 ans né dans la commune de Dogoni, cercle de Sikasso. Orokia a donc conduit tout naturellement sa copine de chambre chez son mari le marabout guérisseur. Une fois à destination, Diakalia a promis de chasser les djinns qui l’accablent depuis son jeune âge. Ainsi, pour se faire soigner, Maïmouna a été dépossédée de tous ses biens par le guérisseur. À court d’argent et d’objets de valeur qui pourraient intéresser le gourou, elle remettait sa bourse d’étudiant au marabout. Ainsi, elle s’appauvrissait chaque jour la directrice de l’IFM s’en aperçut. Diakalia a soutiré à l’étudiante une somme totale de 400.000 FCFA. Ayant appris l’arrestation du faux marabout, d’autres plaignants se sont présentés à la police pour narrer leurs mésaventures. Une certaine Assanatou Traoré qui cherchait à guérir son enfant atteint de cleptomanie a perdu la somme d’un million par la faute du prétendu faiseur de miracles. Le guérisseur qui lui avait promis la lune l’emmena un jour en rase campagne. Là, a expliqué Assanatou, il a commencé à égrener son chapelet. Quelques instants plus tard, des bruits bizarres se firent entendre et un gros paquet contenant 2 millions de Fcfa, tomba du ciel. Le marabout venait de ferrer sa victime. C’est alors qu’ils sont allés de sacrifices en sacrifices jusqu’à atteindre la somme d’un million sans résultat positif. Une autre dame handicapée physique a été également escroquée par notre faiseur de miracles. Il lui avait donné une canne décorée de cauris. Le bâton était censé guérir son handicap. La pauvre dame avait déboursé au total la somme de 1,5 million de francs sans aucun résultat positif. Elle finira par remettre la canne magique à l’inspecteur Cissé qui nous a déclaré que plusieurs victimes du prestidigitateur seraient dans la localité de Loulouni où a résidé le guérisseur. A notre passage, l’inspecteur bouclait l’enquête et s’apprêtait à déférer le dossier au parquet. Diakalia Dagnoko et ses deux complices répondront bientôt de leurs actes devant le tribunal de première instance de Sikasso.