On le savait malade depuis longtemps, celui qui fut intronisé un certain jour de 1994, chef arma de Gao, (Gao Alkaïdo en langue songhaï), en lieu et place de son autre frère, décédé, Albachar Dallo Mahamane Sagayar, qui a régné 42 ans durant.
De son côté, Aly Ibrahim Mahamane Sagayar Hamed Chekou, même s’il n’a pas eu la longévité de son prédécesseur, a néanmoins connu une gloire et une aura Son parcours peut-être expliquerait cela. En effet le chef Arma qui vient de mourir dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 mai, affiche un parcours atypique. Aly Ibrahim Touré (Louis XVI comme aiment à l’appeler ses enfants), mort à l’âge de 79 ans, fit partie de la première vague des journalistes formés par le parti de l’indépendance, pour mener la vaste campagne d’information et de formation des masses. Il deviendra par la suite administrateur et servit à Bamba pendant au moins une décennie. A Gao où il se retrouva après Bamba, Aly Ibrahim Touré dirigera l’Office national des transports (ONT) qui deviendra par la suite direction régionale des transports. Durant sa retraite méritée et toujours dans sa « Gedèye » natale, Aly a été intronisé chef arma en 1994, au cours d’une cérémonie mémorable. Ses funérailles intervenues ce 25 mai 2010, tout un symbole, se sont déroulées en présence d’une marée humaine, de tout ce que la Cité des Askia compte d’illustres personnes, au premier rang desquelles le colonel Kalifa Keïta, gouverneur de la région de Gao. Aly Ibrahim Touré, Gao Alkaïdo repose désormais dans le carré familial au cimetière de Gadèye. Il a été accompagné à se dernière demeure par les deux drapeaux, rouge et blanc, signes du pouvoir, légués depuis un certain jour du 14 avril 1591. Dors en paix, Tonton Aly.