Le président directeur général de l’Office du Niger, Kassoum Denon, a effectué la semaine dernière une visite de terrain dans les zones de production.
La visite, en compagnie des directeurs centraux et des délégués des six zones, traduit une volonté de rapprocher davantage l’administration et l’encadrement des producteurs, mais aussi d’établir un espace constant, voire permanent, d’écoute des partenaires paysans, de partage d’information et de solutions. Persuadé qu’avec la terre et l’eau, la ressource humaine est essentielle dans la chaîne de production agricole, le PDG de l’O.N. a choisi de rencontrer à chaque étape les acteurs techniciens de l’encadrement du monde rural en zone office. Son autre conviction est la nécessité de protéger et de sécuriser le barrage de Markala, ouvrage sans lequel il n’y a ni Office du Niger, ni politique nationale de développement rizicole dans cette zone. A tout seigneur, tout honneur, Kassoum Denon a entamé sa tournée par la visite de l’atelier de maintenance et d’entretien du barrage. Trois anciens ouvriers constituent l’âme de ce service. Ces experts sans diplôme ont exprimé les besoins à moyen et long termes en matériels et outils nécessaires pour la maintenance du barrage. Ils ont souhaité, avant leur départ très prochain à la retraite, pouvoir former une relève dynamique. Trente quatre ouvriers s’affairaient à réviser l’éclairage et les boulons du barrage au passage de la délégation. A quelques kilomètres, à l’ouest de l’ouvrage, une équipe chinoise s’active à améliorer le système de drainage de l’eau d’irrigation. C’est là une contribution partenariale du Millenium Challenge Account "MCA". Il s’agit d’éliminer le merlon central du canal adducteur qui obstrue le passage de l’eau. Sur une estimation de 2.520.000 m3 de terre qui constituaient le merlon, il reste 50 000 m3 que les spécialistes estiment pouvoir nettoyer dans 2 mois. Une autre équipe chinoise anime la ferme expérimentale agricole et matérielle de COVEC en partenariat avec l’IER et l’Office du Niger. A M’Bèwani, benjamine des zones, le PDG de l’O.N. a pu mesurer l’évolution des travaux d’aménagement du Projet "PAMOCP" financé par le 10è FED pour 2 500 hectares. La délégation a visité la tranche III du Projet d’extension du périmètre de N’Débougou (1950 ha) qui doit bénéficier à 1000 ménages de 20 villages dont quatre déplacés. Là, les travaux sont quasiment achevés (99,6%), a souligné le directeur de zone. A Koutiala-coura dans la zone de Ké-Macina, Kassoum Denon a remis aux femmes un chèque de plus de 2,5 millions de Fcfa offert par l’ambassade américaine en réponse à une requête relative à la conservation de leurs produits maraîchers. Dans ces différentes zones, la délégation a visité les parcelles de contre-saison. Elle s’est entretenue avec les producteurs et le PDG de l’ON a mis l’accent sur le choix des variétés de semences et le respect du calendrier agricole. La visite dans chaque zone a été sanctionnée par une rencontre avec l’ensemble des travailleurs de l’O.N. Elle a permis de faire le point de la campagne écoulée, des perspectives de celle en cours ou à venir ainsi que des préoccupations de ces hommes de terrain. A travers cette démarche, Kassoum Dénon aspire à disposer d’un encadrement dynamique, efficace, confiant, professionnel, en harmonie avec les exploitants, plus proche des exploitations, doté des moyens nécessaires en vue d’une amélioration significative de la production et de la productivité rizicole, voire agricole car l’O.N. c’est aussi la diversification de la production agricole pour répondre au défi de la souveraineté alimentaire. L’introduction de nouvelles technologies de repiquage, de moisson, de battage mécanique s’effectuera en phase expérimentale dès juin prochain. L’O.N. doit être un modèle de développement intégré qu’il faut réussir avec l’ensemble des acteurs, a préconisé Kassoum Dénon. Il envisage d’ailleurs d’instituer un prix d’excellence du meilleur encadrement tout comme celui de l’excellent producteur. Il en sera de même dans tous les autres secteurs. Les délégués des exploitants des zones, le président de la Chambre régionale d’agriculture, les directeurs des zones, les élus des collectivités et les administrateurs des cercles ont salué la démarche et marqué leur entière adhésion pour réussir la souveraineté alimentaire au Mali.