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PostHeaderIcon Deux nouvelles directions régionales des industries : DES TETES DE PONT DANS LE DOMAINE DE LA TRANSFORMATION

Elles ont été inaugurées à Sikasso et Mopti

Deux nouvelles directions régionales des industries : DES TETES DE PONT DANS LE DOMAINE DE LA TRANSFORMATION

Le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, a successivement inauguré le week-end dernier, les locaux des directions régionales des industries de Sikasso et de Mopti. L’inauguration de ces directions intervient après celle de Ségou qui avait été mise en service en décembre dernier. Les bâtiments ont coûté 70 millions Fcfa à Sikasso et 59 millions à Mopti. Chaque direction comprend 7 bureaux, une salle de réunion et un logement pour le gardien. Ces réalisations mettent fin à une cohabitation parfois inconfortable entre ces directions régionales des Industrie et celles du Commerce et de la Concurrence. L’autonomisation progressive des DRI traduit la volonté du gouvernement d’impulser le processus d’industrialisation dans le pays. Et du coup d’inverser la tendance des importations élevées dans la structure économique. L’objectif, a expliqué le ministre Diallo, est d’accroître notre potentiel dans le domaine de la transformation. Toutes les régions du Mali possèdent une gamme variée de potentialités agro-sylvo-pastorales, dont la mise en valeur permettra de réduire la pauvreté. Ahmadou Abdoulaye Diallo a rappelé que Sikasso et Mopti se distinguent par leur leadership dans la production de divers produits agricoles et sylvo-pastoral. De par sa position géographique, Sikasso est la région la plus arrosée de notre pays. Ainsi, la région s’est hissée au rang de leader dans la production de coton graine, de riz fluvial, de beurre de karité et d’importantes quantités de fruits et légumes. Si grâce aux huileries et aux usines d’égrenage de la CMDT, le coton graine est transformé en coton fibre destiné à l’exportation, en huile de consommation et en aliment bétail, il en est autrement pour les autres produits qui sont exportés crus. C’est le même cas à Mopti et dans les régions du nord, qui regorgent de ressources comme la viande, le lait, le poisson, le riz, etc. Mopti compte ainsi plus d’un million de boeufs, plus d’un million de moutons et plus de 2 millions de chèvres. Faute d’industrie de transformation, ce potentiel est exporté sur pied à destination de pays voisins où après plusieurs jours de longue marche, les bêtes arrivent épuisés et squelettiques, donnant l’image d’animaux malades, obligeant les commerçants à les vendre à perte. L’aménagement d’aires industrielles permet donc d’effacer cette contrainte et de rentabiliser la marchandise. Par ailleurs, en exportant les bêtes sur pied, le Mali perd outre la valeur ajoutée qu’offre l’abattage industriel, les sous-produits, tels les cornes, les sabots, les peaux qui rapporteraient beaucoup d’argent s’ils étaient transformés sur place. C’est pour corriger cette tendance que le gouvernement a décidé d’impulser la filière industrielle en encourageant les opérateurs économiques à embrasser le secteur de la transformation pour créer de la valeur ajoutée sur place, accroître la capacité d’offre du marché local d’emploi et élargir l’assiette fiscale. Pour Ahmadou Abdoulaye Diallo, l’industrialisation est l’objectif ultime à atteindre. Car, les lois de la nature sont telles qu’on ne peut faire la même chose tout le temps. "Ceux qui font du commerce doivent nécessairement évoluer vers l’industrie, s’ils veulent rester prospères. Sinon, ils finiront dans la pauvreté", a jugé le ministre. De par le jeu de la concurrence, en effet, l’arrivée de nouveaux acteurs sur un marché quelconque finit par rétrécir ledit secteur et c’est le plus ingénieux qui finit par se maintenir. Le ministre de l’Industrie a, par ailleurs, invité les acteurs économiques à changer de stratégie et de style de management et d’avoir confiance aux cadres sortis de nos universités et grandes écoles. La création des DRI, a-t-il indiqué, participe de cette volonté. L’objectif est de mettre en œuvre la politique de décentralisation et de déconcentration des services de l’État et de contribuer au renouveau de l’action publique. Bref, les DRI ont pour mission de mettre en œuvre à l’échelle régionale, la politique de développement industriel du pays. Le recensement industriel effectué en 2006 et la phase d’identification entamée en fin 2009, pour celui de 2010, ont classé Sikasso et Mopti respectivement aux 2è et 5è places. Sikasso qui vient après Bamako, comptait au terme du recensement de 2006, 51 unités industrielles, dont 39 en activité, 3 à l’arrêt et 9 fermées. Le recensement de 2010 en phase préliminaire, a identifié 77 entreprises, dont 47 en activité, 21 à l’arrêt et 9 fermées. La majorité des unités fermées sont des huileries en raison de l’insuffisance de leur matière première, la graine coton. Mopti, qui vient en 5è position, comptait en 2006, 8 unités en activité, 1 fermée et 1 à l’arrêt. Ce même recensement soulignait l’existence de 3 entreprises pour la région de Gao, 1 pour Tombouctou et aucune pour la région de Kidal.