Ba Doulaye Coulibaly est un paysan performant. Il habite à Sourountouna, une localité située à 30 kilomètres de San sur la route de Koutiala.
Lors de la campagne dernière, il avait produit 1,4 tonne de maïs, 5,5 tonnes de mil et pratiquement la même quantité en sorgho. Cette récolte rapportée au nombre de personnes que le paysan a en charge dans sa famille le place dans la catégorie des paysans ayant assuré leur sécurité alimentaire, selon les normes de la FAO. L’année dernière, il a ainsi produit 689 kilogrammes de céréales (maïs, mil et sorgho) par personne à sa charge alors que les normes de l’organisme onusien sont de 250 kilogrammes par personne. Il a remboursé entièrement son crédit de campagne 2009/2010 qui s’élevait 104 000 Fcfa. Ba Doulaye Coulibaly est également producteur de coton. Lors de sa récente visite de supervision de la campagne agricole, le ministre de l’Agriculture, Agatam Ag Alhassane, s’est rendu dans son champ de coton. Il l’a encouragé et lui a prodigué des conseils. Après Sourountouna, la délégation ministérielle était à Yangasso, un village situé à 50 kilomètres de San sur la route de Ségou. Là, la délégation a choisi de visiter la parcelle de sorgho de Bakary Coulibaly, d’un hectare et demi. Coulibaly a fertilisé le sol avec 40 chargements de charrette de fumure organique. Il a aussi utilisé des engrais minéraux et suivi les conseils donnés par l’encadrement technique. L’année dernière, il avait récolté 2,5 tonnes de sorgho sur la même superficie. A Bla, Yacouba Sacko a cultivé cette année deux hectares et demi de riz Nerica, 6 hectares de mil, 2 hectares de sorgho, un hectare de maïs et deux autre et demi de courge. Il avait récolté 48 sacs de paddy sur sa parcelle de riz Nerica, l’année dernière. A Barouéli, le ministre de l’Agriculture s’est rendu dans le champ d’un paysan atypique. Amadi Diallo était éleveur. Il s’est lancé dans l’agriculture sans pour autant renier son occupation première. Le nouveau paysan a expliqué sa démarche par le fait que « qu’il vaut mieux nourrir sa famille avec ce que l’on produit soi-même que d’être dépendant du marché pour son approvisionnement en céréales ». La mission a visité sa parcelle d’expérimentation de sorgho hybride (2 hectares et demi) et de maïs hybride (5 hectares). De même que ses parcelles de mil et de niébé. La mission a également visité la parcelle de 6 hectares de production de semences niébé du paysan Seydou Sidibé à Boidié et celle de coton d’un hectare de Tahirou Diarra à Wérékébougou-Tigagoni (cercle de Barouéli). Ces paysans sont encadrés par la direction régionale de l’Agriculture de Ségou. Son responsable, Drissa Diawara, a assuré que les paysans encadrés suivent bien les conseils agricoles. Les champs de certains servent à la direction régionale, à expérimenter à grande échelle, les paquets technologiques fournis par la recherche agronomique nationale. La région abrite 70 parcelles de démonstration sur les différentes céréales et légumineuses. La représentante résidente de la FAO dans notre pays, Mme Mariam Mahamat Nour, s’est réjouie de l’état des cultures dans la région. Elle a témoigné avoir rencontré des paysans motivés et engagés à relever le défi de la sécurité alimentaire. Faisant remarquer que cette campagne se situe au-dessus de la moyenne, elle a assuré de la disponibilité de l’organisation onusienne à appuyer le gouvernement pour la gestion des probables surplus de récolte. Le ministre de l’Agriculture s’est félicité de l’état végétatif des cultures, et a retenu la satisfaction des paysans pour les efforts déployés en faveur de la promotion de l’agriculture (subvention des engrais, semences et équipements agricoles, conseils de l’encadrement technique). Agatam Ag Alhassane a jugé que la campagne agricole dans les parcelles visitées augurait de bonnes récoltes. Le pays attend cette année une production de 7,4 millions de tonnes de céréales, a rappelé le ministre, en précisant que d’ores et déjà le gouvernement réfléchit à la gestion du surplus de production attendue.