Le président de la commission électorale nationale indépendante (CENI), Mamadou Diamoutani, a présidé jeudi, dans la salle de conférence du gouvernorat du district, une rencontre d’échanges sur la première phase du processus électoral entre son institution, la société civile et la classe politique.
Les listes électorales dont la révision spéciale s’est achevée le 31 décembre dernier, constituent un relevé exhaustif des Maliens en âge de voter. Elles sont établies à partir des données du cahier de recensement. Cette révision comporte plusieurs phases : du premier au 31 octobre s’effectue l’inscription des électeurs omis lors de la dernière phase, la prise en compte de ceux qui auront 18 ans et la radiation. La période qui va du 1er au 20 novembre est consacrée à la consignation des réclamations dans un registre. Du 21 novembre au 5 décembre, la commission administrative statue sur les réclamations et quelques jours après vient le tour du juge civil d’examiner les recours. De cette date au 31 décembre, la commission administrative arrête définitivement le tableau rectificatif. La CENI, pour sa part, s’assure que les commissions administratives en charge de la révision des listes ont été mises en place à temps et suit avec la Délégation générale aux élections toutes les phases de l’élaboration de la nouvelle liste électorale. Faisant le point de cette première phase, le président de la CENI a expliqué qu’aussitôt son institution installée, elle s’est rapidement attelée à la formation de ses 4644 délégués qui ont supervisé les travaux de révision spéciale des listes électorales effectués par les commissions administratives. La CENI qui a suivi de très près les travaux de ces commissions composées des représentants de l’administration et de la classe politique, a élaboré des fiches techniques. Constats ? La mise en place tardive de la CENI n’a pas affecté ses missions de supervision auprès des commissions administratives dont les membres avaient des problèmes de maîtrise de la loi électorale. Sur le fonctionnement des commissions administratives comme sur d’autres problèmes, toutes les questions ne peuvent cependant être adressées à la CENI. Il revient à l’administration, explique Diamoutani, de prendre en charge le fonctionnement des commissions administratives. La CENI a, pour sa part, pris des mesures parmi lesquelles figure en bonne place la mise à sa disposition des « listes électorales définitives et des tableaux rectificatifs définitifs ». Ces documents permettent à la commission de porter un regard croisé sur le processus électoral. La doléance avait été mal comprise par les administrateurs. La Commission électorale nationale indépendante a saisi à temps le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, Kafougouna Koné. Il a fallu que celui-ci envoie un message pour que les administrateurs s’exécutent. La CENI, a signalé Mamadou Diamoutani, a enregistré une dizaine de plaintes dont 2 ont fait l’objet de saisine devant les tribunaux depuis la mise en place de ses démembrements. La radiation des électeurs est une question qui préoccupe beaucoup la CENI qui estime que toutes les dispositions doivent être prises pour les protéger. « Autant nous voulons purger le fichier, autant il faudrait éviter une radiation massive des électeurs », insiste Mamadou Diamoutani. Le président de la commission qui avait signé un communiqué sur le sujet, a déploré de nouveau la campagne électorale de fait actuellement en cours et en violation flagrante de la loi électorale.