Ce plan de sortie de crise qui a reçu l’appréciation positive du président de la République attend d’être rendu public
A l’issue d’une première rencontre avec le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, les partis politiques avaient promis de faire des propositions pour la sortie de la crise qui prévaut dans le nord du pays (voir l’Essor du 6 février). C’est désormais chose faite. Vendredi dernier, les initiateurs du plan de sortie de crise se sont rendus à Koulouba pour remettre au président de la République, les propositions de la classe politique. Dioncounda Traoré (ADEMA-PASJ) Soumaïla Cissé (URD), Tiébilé Dramé (PARENA) (Choguel Kokalla Maïga du MPR) ont été reçus par le président Touré. Les échanges se sont déroulés à huis-clos et ont duré environ une heure et demi. Au terme de la rencontre, le porte-parole des chefs des partis politiques, Dioncounda Traoré, le président de l’ADEMA a indiqué que les propositions contenues dans le plan des partis ont été acceptées par le chef de l’Etat, assurant que ces propositions seront portées à la connaissance du public au cours d’une conférence de presse prévue incessamment. Malgré l’insistance des journalistes présents, Dioncounda Traoré n’a pas voulu dévoiler le contenu du plan en question. « Depuis quelques temps, nous travaillons à trouver des solutions à la situation qui prévaut dans le Nord. Je voudrai parler de l’ensemble des partis politiques. Nous avons élaboré un plan d’action. Nous sommes venus le présenter au chef de l’Etat. Nous nous sommes mis d’accord sur l’ensemble des points qui ont été proposés. Je pense qu’à partir de maintenant, nous allons commencer à mettre en œuvre ce plan d’action », a-t-il déclaré. Et le président de l’Assemblée nationale de poursuivre : « le moment venu, ce plan d’action vous sera communiqué puisque il est prévu une conférence de presse. Je pense qu’au cours de cette conférence, tous les détails vous seront communiqués ». Le porte-parole de la classe politique a indiqué que « la réaction du président de la République a été tout à fait positive » lorsqu’il a reçu ce plan d’action. « Ce que nous recherchons tous, est qu’on arrive à instaurer la paix et un climat propice à l’organisation d’élections crédibles et transparentes. Et également un climat propice tout simplement au développement du pays. Je pense qu’aujourd’hui, toutes les citoyennes et tous les citoyens n’ont besoin que de calme, de paix et de quiétude », a souligné Dioncounda Traoré. Peut-on craindre pour la tenue des élections en cette période de conflit ? A cette question, Dioncounda Traoré répondra que « les heures que nous traversons aujourd’hui sont suffisamment graves pour qu’on se préoccupe seulement d’élections. Si certaines situations devaient perdurer dans le pays, en ce moment il faudrait peut-être se poser la question de savoir si les élections pouvaient se tenir de façon normale. Mais je pense qu’on n’en est pas encore là ». Parlant des évènements au nord avec le déplacement des populations dans les pays voisins, le président de l’Assemblée nationale, estime qu’il faut faire la part de chose pour ne pas tomber dans la désinformation. « Il y a beaucoup d’amplification, de déformation. L’armée malienne est pratiquement l’une des mieux équipées de la sous-région. Je pense que dans la tactique guerrière, il arrive parfois qu’on prenne certains dispositions, que nous les civils, nous ne comprenons pas toujours. Mais je pense que dans les jours à venir, les résultats vont apparaître et que les gens en sauront davantage sur ce qui se passe sur le terrain », a-t-il commenté. Rappelons que face à la dégradation de la situation au Nord, quatre partis politiques ont élaboré un plan de sortie de crise. Il s’agit de l’ADEMA-PASJ, de l’URD, du PARENA et du MPR. Les premiers responsables de ces partis avaient été reçus une première fois en audience par le président de la République, samedi 4 février. Le plan de sortie de crise a été présenté le lundi suivant à la quinzaine de partis représentés à l’Assemblée nationale. Mardi, c’était le tour de l’ensemble de la classe politique de se retrouver autour du plan. La rencontre qui s’était déroulée dans la salle Aoua Kéïta de l’Assemblée nationale avait réuni les leaders de la plupart des formations politiques.