Le 3ème congrès du parti a préconisé son investiture sans délai
Le 3è congrès ordinaire du Rassemblement pour le Mali s’est tenu le week-end dernier au Centre international de conférences de Bamako sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Kéïta, le président du parti. C’était en présence de délégués venus de tout le pays et de l’extérieur ainsi que des présidents de partis amis dont celui de l’ADEMA-PASJ, Dioncounda Traoré. Le congrès a élu un nouveau Bureau politique national (BPN) avec à sa tête Ibrahim Boubacar Kéïta, qui rempile ainsi pour un nouveau mandat de trois ans. Les assises ont, en outre, demandé au président réélu d’être le porte-étendard de la formation politique à la présidentielle de 2012. Le congrès a préconisé l’investiture sans délai de Ibrahim B. Keita à cet effet. Il a aussi examiné le rapport d’activités de la direction sortante et procédé au toilettage des textes fondamentaux du parti pour l’adapter à l’évolution du contexte politique national. Il a établi un diagnostic des alliances contractées avec d’autres formations politiques, tiré les enseignements de ces accords, y compris celui qui liait le parti au président de la République. Le RPM explique ainsi avoir accompagné le président Touré, à la demande de celui-ci, dans le cadre de la gestion consensuelle du pouvoir. En 2007, l’alliance avec ATT a été rompue. Le RPM est allé aux élections contre son ancien allié qui était candidat à sa propre succession. La période qui a suivi ce choix n’a pas été du tout facile pour le RPM, a estimé son président. Certains camarades et amis politiques ont choisi de migrer vers d’autres formations politiques, a-t-il poursuivi. Cette séparation a certes coûté cher au RPM, qui a vu ses rangs se dégarnir mais, les Tisserands ont tenu bon et n’entendent pas disparaître de la scène politique, a-t-il assuré. S’agissant du retour au gouvernement dirigé par Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, IBK a rappelé que le RPM avait répondu favorablement à une sollicitation plusieurs fois renouvelée du président ATT. Les Tisserands entendent ainsi contribuer à la bonne préparation des élections générales de 2012 mais avertissent que ce choix politique ne saurait être assimilé à une compromission qui enlèverait au RPM sa liberté de critique. Commentant le débat sur le fichier, Ibrahim Boubacar Kéïta a été clair. De son point de vue, l’heure n’est plus à discuter du choix du fichier, issu du RACE ou du RAVEC, mais de concevoir un fichier propre et incontestable. Et qui soit accepté de l’ensemble des partis politiques et des forces vives de la nation. Le congrès a été l’occasion de réaffirmer la ligne politique du parti et le rôle central qu’il compte imprimer à l’État, au cas où les électeurs lui accorderaient leur confiance à l’issue des prochaines consultations électorales. Sur l’école, IBK a reconnu que beaucoup avait été fait mais, pour lui, l’État a quelque peu péché sur le choix stratégique à faire entre la construction effrénée des salles de classe au détriment de la qualité et du niveau de l’enseignement dispensé. Le président du RPM, sans remettre en cause l’ouverture du système éducatif au capital privé, préconise de revoir les conditions d’ouverture des écoles par les promoteurs privés. Il faut moraliser le secteur, a-t-il ajouté, avant de rappeler que l’école doit être au cœur des priorités nationales. Pour cela, il faut une revalorisation de la profession enseignante. En échange, des sanctions fermes devront être prises contre tout manquement à la déontologie et aux droits des élèves et étudiants de la part des professeurs. Le RPM s’est prononcé sur plusieurs questions brûlantes de l’heure, comme la crise au nord ainsi que la montée en flèche de l’insécurité partout dans le pays. Il a donné son point de vue sur la fermeture de l’université, la construction des infrastructures économiques et industrielles, le développement rural, etc. Face à ces défis, le RPM juge que de bonnes choses ont été faites mais que le chemin reste encore long et périlleux. C’est pourquoi, la formation propose un réarmement moral des citoyens et une réhabilitation en profondeur de l’État.